Je suis historien et géographe de formation. J'ai été enseignant-formateur à l’Ecole Normale Supérieure (ENS) de Dakar, puis en charge de différentes structures et directions administratives. A la retraite depuis plusieurs années, je profite de ma liberté recouvrée pour assouvir une vieille passion : écrire. Ces dernières années, j’ai publié deux romans («Mon villages au temps des blancs » en 2000 et «La Raparille» en 2010) ainsi que trois essais (« A mes chers parents gaulois » en 2007 ; "Wade Mecum ou le wadisme en 15 mots" en 2010; "Le temps des choses jamais vues : chronique des années Wade-Sarkozy", 2013). Je publie régulièrement des chroniques dans divers journaux sénégalais (en particulier « Nouvel Horizon » et "Sud Quotidien").

vendredi 29 septembre 2017

DONALD TRUMP : UN TERRORISTE ?


NB : Texte publié dans Sud-Quotidien du 28 septembre 2017

Traiter Donald Trump du terme infamant de terroriste relève-t-il d’un abus de langage ?

Pas vraiment.

En effet, comment qualifier autrement un homme qui préside aux destinées de la nation la plus puissante du monde et dispose de la seule vraie arme de destruction massive et qui, devant l’instance internationale la plus élevée, celle dont la vocation première est « de maintenir la paix et la sécurité internationale (…) et réaliser par des moyens pacifiques le règlement des différends susceptibles de mener à (a) rupture » (Article 1e de la Charte des Nations-Unies), annonce sans ambages  qu’il est prêt à « détruire entièrement » un pays dans lequel vivent 25 millions de femmes, d’hommes et d’enfants ? D’ailleurs, et ce n’est pas un hasard, Trump use des mêmes méthodes, du même langage fait de diatribes de mauvais gout, de menaces et de rodomontades, que celui qu’il traite de terroriste et de chef d’un « Etat voyou ». Le dialogue, désormais direct et intime, qu’entretiennent les deux hommes, truffé d’insultes et de références de mauvais aloi (« rocket man », « chien apeuré », « gâteux dérangé » etc.) fait davantage penser à un règlement de comptes entre chefs de gangs qu’à une interpellation entre des hommes d’Etat responsables devant leurs citoyens. Il y a dans cette joute oratoire, que plus personne ne prend à la légère, de quoi mettre en émoi le monde entier lorsqu’on sait que chacun des deux hommes a à sa portée le feu nucléaire.

Trump n’est évidemment pas un « terroriste » du même acabit que les enragés qui jettent des bombes et sèment la mort au milieu de foules pacifiques. Mais le terrorisme est une notion subjective dont il n’existe aucune définition consensuelle, et d’Israël à la Birmanie, chaque jour qui passe nous montre que l’utilisation de la violence est commune aux Etats et aux groupes non étatiques. Trump distille la terreur dans chacun de ses tweets, et le terrorisme, qui est avant tout une tactique, étant dans son acception la plus banale « une action violente qui inspire l’anxiété », force est de reconnaitre que le Trumpisme en est une forme accomplie parce qu’il soumet l’humanité entière aux élucubrations d’un homme dont la mesure n’est pas la première qualité. Quand Trump, dont le pouvoir de nuisance est énorme, improvise ou tweete, on craint toujours le pire, le monde retient son souffle et ses concitoyens ne sont pas en reste. On comprend donc la mine éplorée de ses propres collaborateurs effarés par la violence de son discours sur la tribune des Nations-Unies. On comprend les manifestations de colère de milliers de citoyens américains, l’indignation, la honte, des intellectuels, des artistes, des sportifs de haut niveau qui refusent ses invitations et clament qu’il ne parle pas en leur nom. On peut en revanche s’étonner qu’il y ait des diplomates conscients de leur mission pour accepter de représenter dans le monde un président qui s’acharne à diviser son pays, pour défendre et justifier devant l’opinion ses idées rétrogrades et primaires.

Le plus malheureux d’entre ces missi dominici est très certainement celui qui défend les intérêts de Trump à Dakar et se trouve être noir et d’origine africaine…

Comment en effet un citoyen certes américain, mais né en terre africaine, plus précisément dans le pays de Patrice Lumumba, peut en toute conscience être le porte-parole d’un chef d’Etat dont l’ignorance est si flagrante qu’il est incapable de donner avec exactitude les noms de certains Etats africains ? Un président qui prétend qu’il n’y a pas « de raccourci vers la maturité », que les Africains restent « des esclaves vivant comme des esclaves dans leurs propres pays en prétendant qu’ils sont indépendants alors qu’ils devraient être recolonisés ! ». Comment un homme qui vient de ce Congo si férocement meurtri par les outrances de la colonisation, peut ne pas se sentir gêné, pour le moins, par un président (dont le père a été membre du Ku Klux Klan) qui, après les intolérables échauffourées de Charlottesville, met dans le même panier les pacifistes américains, qui militent pour le respect de toutes les composantes nationales, et les suprémacistes et racistes blancs qui reprennent du poil de la bête cinquante ans après l’assassinat de Martin Luther King ? Comment peut-il cautionner la remise en cause de l’Obamacare dont l’objectif était de réduire les inégalités et de protéger les plus démunis quand on sait qu’aux Etats-Unis la majorité des pauvres sont des Noirs ?

L’ambassadeur des Etats-Unis au Sénégal devrait s’instruire sur le sens du dicton wolof « Lu upp tuuru » ou, mieux encore, relire le discours du philosophe espagnol Miguel de Unamuno qui, exaspéré par les vociférations des soldats franquistes qui criaient « Mort à l’intelligence, vive la mort !», avait, au péril de sa vie, décidé de parler pour mettre fin à un compagnonnage tacite. C’était il y a quatre vingts ans, et les mots qu’il avait prononcés sont toujours d’actualité. « L’Amérique d’abord ! » de Trump, qui en réalité signifie « l’Amérique et rien d’autre ! », ne sera pas une grande Amérique parce que, dit Unamuno « l’isolement est le pire des conseillers ». L’Amérique de Trump, qui n’aurait d’autre arme que « sa force bestiale » et qui brandit les muscles contre le monde entier, peut remporter quelques victoires mais elle ne pourra pas convaincre : il lui manquera toujours « la raison et le droit dans son combat ».


Les victoires qui n’ont été acquises que par la seule force sont des succès sans lendemain…

jeudi 21 septembre 2017

ENTENDEZ-VOUS CES CRIS AUNG SAN SUU KYI ?

NB : Texte publié dans Sud-Quotidien du 15 septembre 2017

La presse occidentale, les dirigeants et les institutions les plus éminentes d’Europe et d’Amérique du Nord avaient fait de vous une icône, le symbole de la résistance contre l’oppression, la barbarie et l’injustice. Fichtre : vous aviez tout ce qu’il fallait pour les séduire, entretenir leur imagination et enrichir leurs médias. Femme, frêle, parée de fleurs assorties à votre tunique exotique, visage de madone malgré le poids des ans, fille d’un général élevé au rang d’héros national qui contrairement à la réputation faite aux militaires s’était battu pour l’avènement de la démocratie (en réalité, il avait seulement négocié l’indépendance de son pays, à laquelle d’ailleurs il n’a pas assisté et n’a donc pas vraiment eu le temps de gouverner), formée dans les universités occidentales les plus huppées et notamment à Oxford, mariée à un anglais et mère de deux fils qui, eux ,avaient obstinément refusé de renier leur citoyenneté britannique… Il y avait là de quoi construire une légende et vous êtes devenue un mythe vivant…

Votre parcours, votre vie ont été transformés en saga, ont fait l’objet de milliers d’articles de presse, de dizaines de documentaires, de téléfilms et de films qui ont fini par faire de vous « une héroïne de notre temps » : La Lady. Vous avez reçu les récompenses les plus prestigieuses et parmi elles, le Prix Nobel de la Paix ! Grâce aux pressions exercées par les plus grandes puissances, au soutien moral, diplomatique et financier, voire au chantage, des dirigeants de la « communauté internationale » vous avez fini par accéder progressivement au pouvoir sans avoir eu besoin de recourir aux armes.

Malheureusement, et c’est une règle universelle, confrontées aux réalités du monde, aux exigences et aux égoïsmes des hommes et des femmes qui le peuplent, les idoles flétrissent et se désagrègent et, quelquefois, révèlent leurs vrais visages. Vous n’avez pas échappé à la règle.

Avant même d’exercer légalement le pouvoir, vous avez cédé aux calculs politiciens et violé un des commandements de la démocratie qui est l’égalité de tous les citoyens et le refus de toute discrimination. Votre parti a banni des investitures tous les candidats musulmans aux élections législatives, y compris les députés sortants, et c’est avec votre complicité que, pour la première fois depuis soixante-dix ans, le parlement de votre pays ne compte plus dans ses rangs un élu de la minorité musulmane. Vous avez joint votre voix à celles de ceux qui refusent de considérer celle-ci comme une composante de la nation, allant jusqu’à exclure du langage officiel l’usage du terme même de Rohingyas qui sert à la désigner, et à imposer à certains de vos interlocuteurs étrangers celui de « Bengalis » pour signifier que ses membres restent étrangers après des siècles de présence sur votre territoire. Enfin et à plusieurs reprises, vous avez utilisé des phrases malheureuses, fait preuve de « dérapages anti-islamiques » inadmissibles dans la bouche d’une personne qui exerce des responsabilités comme les vôtres. Vous avez fait profil bas après l’assassinat d’une éminente personnalité musulmane qui était l’une des rares à oser plaider publiquement contre l’intolérance religieuse et qui était pourtant un de vos avocats les plus engagés…

Mais aujourd’hui on n’en est plus aux mots. Les images diffusées à travers les médias et sur la toile sont d’une sauvagerie extrême au point que l’Occident qui vous a longtemps épargnée, ne peut plus cacher la méfiance que votre comportement inspire et condamne votre silence. Les scènes de torture exercée notamment à l’endroit des enfants et des femmes, les viols, les exécutions sommaires de grande amplitude, la répression féroce pratiquée par l’armée, les hordes qui fuient devant elle, les propos haineux que prononcent devant des foules exaltées (du genre : « vous préférez bien marier votre fille avec un porc plutôt qu’avec un musulman ? »), les moines d’une religion dont on disait qu’elle était la plus pacifique du monde, bref tous ces actes dont certains sont assimilables à des crimes contre l’Humanité et à des nettoyages ethniques, ne seraient selon vous qu’un « iceberg de désinformation ». Elles se sont donc trompées ces institutions internationales comme Amnesty International ou Human Right Watch qui longtemps vous ont portée aux nues et qui, aujourd’hui, vous accusent de manquer à vos devoirs. Ils se sont trompés les onze Prix Nobel qui en décembre dernier ont adressé une lettre ouverte aux Nations-Unies pour exiger l’arrêt du « nettoyage ethnique » pratiqué sous votre gouvernement. Il s’est trompé Desmond Tutu, homme mesuré et exigeant défenseur de la vérité, lorsqu’il vous somme de parler et dit que c’est payer trop cher votre survie politique que de garder le silence devant ces atrocités. Il se trompe le Pape lorsqu’il vous invite à faire preuve d’humanité. Il se trompe le Dalai Lama dont l’autorité morale s’exerce sur vos concitoyens, lorsqu’il s’émeut des atrocités commises par ses coreligionnaires, vous invite « à tendre la main à toutes les composantes de la société » et rappelle que « dans des situations similaires Bouddha avait aidé les musulmans » (sic). Ils se trompent, ou sont manipulés, les 500.000 signataires du manifeste qui exige votre destitution du Nobel. Pure fiction que ce documentaire glaçant que le cinéaste suisse Barbet Schroder, lui-même bouddhiste, a consacré au « Vénérable W », Ashin Wirathu, moine bouddhiste qui depuis dix ans, donc sous votre gouvernement aussi, attise l’islamophobie et dont on a dit qu’il était « le Hitler de Birmanie et que les Rohningyas étaient ses Juifs ». Enfin ils n’existent que dans notre imagination les milliers de musulmans dont les corps sont livrés aux vautours ou flottent sur les rivières et les centaines de milliers d’entre eux qui se sont réfugiés au Bangladesh voisin !

Votre réputation est perdue Mme Aung San Suu Kyi, essayez au moins de sauver votre honneur, et votre honneur Madame, ce n’est pas de vous défiler et de refuser de vous présenter à l’ONU !


dimanche 18 juin 2017

MACRON A LA SAUCE AFRICAINE

NB : Texte publié dans "Sud Quotidien" du 14 juin 2017

La victoire, ou plus précisément les victoires d’Emmanuel Macron aux élections présidentielle et législative françaises auront  au moins, pour nous Sénégalais et pour nos compatriotes vivant en France, le mérite de réduire au silence, ou, pour le moins de contraindre à l’humilité, des personnalités politiques françaises qui aspiraient à un destin national, mais qui n’avaient guère brillé par leur empathie à l’endroit des préoccupations africaines, par leur esprit de fraternité à l’égard des immigrés vivant en France ou des « Français issus de l’immigration » ou par leur tolérance en faveur de l’Islam…

La première de ces personnalités victimes du « dégagisme » provoqué par Macron, c’est Nicolas Sarkozy, l’homme du discours de Dakar, celui qui a proféré cette contrevérité selon laquelle « l’homme africain n’est pas entré dans l’Histoire », et qui sonne encore plus faux aujourd’hui au moment où les dernières découvertes archéologiques confirment que, plus que jamais, l’Afrique est le berceau de l’histoire de l’homme. Sarkozy est aussi l’homme du discours d’Agen dans lequel il désignait à la vindicte publique ces Français issus des anciennes possessions françaises et qui, selon lui, préfèrent « attiser la surenchère des mémoires pour exiger une compensation que personne ne leur doit, plutôt que de s’intégrer par l’effort et par le travail », et auxquels il rappelait « qu’ils ne sont pas obligés de rester sur le territoire national ! ».  

Sarkozy pourra toujours poursuivre ses intrigues au sein de la classe politique française, jouer les membres de son parti les uns contre les autres, mais désormais c’est lui qui est hors de notre histoire et ce qu’il dit ou fait n’aura plus d’effet sur notre destin…

« Dégagé » aussi, François Fillon ! Lui, c’était l’homme des propositions aussi inutiles qu’inapplicables sur les immigrés, comme l’instauration de quotas d’étrangers ou la rétention administrative des demandeurs d’asile qui fuient la guerre ou la barbarie. C’est aussi l’homme qui, en France, a réintroduit la notion de « race » dans le discours politique et le premier à brandir sa foi en guise d’argument politique. C’est celui qui a affirmé que la France n’a pas inventé l’esclavage, que par la colonisation, elle visait à « partager sa culture aux peuples d’Afrique ou d’Asie », celui qui avait promis de faire réécrire l’histoire de France par des Académiciens afin de donner une bonne image de son pays. C’est l’homme enfin qui n’a cessé de stigmatiser l’Islam, assurant qu’en France, « la communauté musulmane est la seule qui pose problème » et qu’il n’y a de communautarisme que musulman !

Désormais François Fillon est sorti de notre horizon et devra user ses forces à défendre son honneur, plutôt qu’à cultiver la division et pratiquer la stigmatisation et le déni…

Manuel Valls peut encore faire illusion, mais son image est si délabrée qu’il est peu probable, et en tout cas peu souhaitable, que son destin croise encore le nôtre. C’était le socialiste qui avait critiqué la Chancelière allemande parce qu’elle avait secouru les immigrés, c’est le fils de réfugié qui demandait à l’Union Européenne d’arrêter l’accueil des réfugiés, c’est celui qui prône la démocratie en Afrique mais fréquente ses dictateurs. C’est celui qui met sur le même pied le communautarisme et le FN, dénonce le « complot musulman » et affirme sans ambages que l’Islam est pauvre socialement et intellectuellement.

Il y a enfin Marine Le Pen, et Marine Le Pen c’est Marine Le Pen ! Espérons seulement que le Tchad restera le seul pays africain à lui avoir déroulé un tapis …

De ces victoires, aussi rapides qu’éclatantes, remportées par Emmanuel Macron sur des personnalités qui tenaient encore le haut du pavé il y a quelques mois et qu’il a, pour certaines, archivées, nous pouvons tirer deux enseignements.

Le premier, c’est qu’elles représentent en fin de compte le triomphe de la démocratie. Les hommes politiques oublient trop souvent qu’en matière de guerre, le Vatican ça ne fait pas de régiments ! C’est bête à dire, mais pour être élu dans un régime démocratique, il faut des voix, et les voix ce sont celles de électeurs. A nos hommes et femmes politiques qui brassent des idées quelquefois généreuses, souvent fumeuses, irréalistes ou démagogiques, qui invoquent Dieu, les marabouts, leurs diplômes ou leurs ancêtres, il faudrait rappeler qu’il leur faut aussi convaincre des électeurs déterminés, qui ne soient ni fongibles ni aléatoires, et qui soient décidés à mettre dans les urnes un bulletin à leur nom ou au nom de leur formation. La pléthore de 47 listes déposées pour nos élections législatives est d’abord le signe d’une méconnaissance profonde des règles de la démocratie et plusieurs de leurs responsables pourraient se retrouver dans la situation de Henri Gaino, réduits à insulter les électeurs qui les ont ignorés, au lieu de ne s’en prendre qu’à eux-mêmes !

Mais on peut aussi penser que la victoire d’Emanuel Macron marque le triomphe du lobbysme politique. Comment en effet imaginer qu’un homme sorti de nulle part, dépourvu de toute expérience politique significative, puisse rafler toutes les mises, dans une nation démocratique, sans qu’il ait été le fruit d’un marketing imaginé, conduit et financé par de puissantes coteries et d’abord à leur profit ? Quel que soit le crédit que l’on peut donner à cette interprétation, ce risque là en tout cas existe bel et bien au Sénégal et menace dangereusement notre démocratie, avec l’ambition prêtée à certains de transformer les élections en nominations et de remplacer le libre choix par le mot d’ordre.

Et ça c’est autrement plus lourd de conséquences que ce qui vient de se passer en France…


lundi 3 avril 2017

LEÇON AUX DONNEURS DE LEÇONS



NB : Texte publié dans « Sud Quotidien » du 27 mars 2017

Ils nous avaient chanté les valeurs de « l’humanisme » sur tous les tons et nous avions fini par croire qu’aucune détresse humaine ne leur était indifférente…

Pourtant leur compassion ne profite pas à deux des  pays les plus meurtris de la terre, au point de mettre en péril leur existence même en tant que nations. La Somalie et le Yémen connaissent en effet, entre autres malheurs, celui de la famine. Une famine atroce qui pourrait faire des millions de morts et qui est d’abord la conséquence d’aléas climatiques face auxquels les populations locales sont impuissantes. Comme un malheur n’arrive jamais seul, cette famine s’installe dans des pays ravagés par la guerre, les querelles intestines et l’intervention de puissances étrangères. Les nations riches restent indifférentes et c’est même le moment que choisit la plus riche d’entre elles pour fermer ses portes, en ne se fondant que sur des critères religieux, aux rares, très rares, rescapés de ces pays qui, à priori, ne sont pas des terroristes, mais des hommes et des femmes désespérés, révoltés par le fanatisme et la violence, et qui tentent de fuir l’enfer qu’on leur impose !

Ils nous avaient répété, face aux dérives de nos gouvernants, que les prisons sont faites pour les coupables et que la liberté de circulation était un principe fondamental des relations internationales…

Mais ils construisent plus de murs que de ponts et en attendant que sorte de terre la Grande Muraille des Amériques, on  construit en Hongrie des murs d’acier sur le flanc sud du pays, du côté des miséreux, pour le fermer  aux réfugiés. Mieux encore, le Parlement a décrété (par 136 voix contre 6 !) que tout immigré sera considéré coupable et automatiquement placé en détention dans des « zones de transit » qui sont en fait des camps fermés que le droit européen interdit formellement. Les dirigeants hongrois ont la mémoire courte : il y a soixante ans, 200.000 de leurs concitoyens, fuyant une révolution écrasée dans le sang, étaient accueillis dans les pays voisins, dont certains n’avaient pas encore pansé les plaies de la guerre, et répartis au moyen d’une politique de quotas que Budapest refuse d’appliquer aujourd’hui…

La Hongrie reste un membre, ménagé, de l’Union Européenne !

On croyait qu’après les drames qu’ils avaient vécus au siècle dernier, ils ne laisseraient plus jamais prospérer chez eux la haine raciale et la discrimination religieuse…
Pourtant  aux Pays-Bas, un homme politique, chef d’un parti qui a pignon sur rue, a fait de la discrimination et de l’incitation à la haine les fondements de son programme. Si Geert Wilders milite pour la sortie de son pays de l’Union Européenne et l’annexion de la Flandre, c’est d’abord à l’Islam, dans sa globalité et non aux seuls musulmans radicaux, qu’il consacre ses diatribes. Il peut ainsi en toute impunité désigner les électeurs musulmans sous le terme de « bovins islamiques » et promettre de débarrasser son pays des Marocains, qu’il traite de « racailles »…

Geert Wilders reste député des Pays-Bas et peut même épancher sa rancœur devant la Chambre des Lords !

Ils avaient inscrit la fraternité sur leur devise, rappelé qu’il ne suffisait pas que les hommes soient libres et égaux, et qu’il fallait aussi qu’ils soient fraternels, même si la fraternité ne pouvait pas être réglementée par la loi…

Pourtant, c’est dans leur pays qu’un agriculteur a été condamné (avec sursis, mais condamné tout de même) pour avoir aidé et hébergé des migrants en détresse, qu’un enseignant a été traduit devant la justice pour avoir transporté des réfugiés malades… Le crime de ces deux Français porte un nom dont les deux termes paraissent antinomiques puisqu’il s’agit  de « délit de solidarité ». Sur la base de telles accusations, des millions d’Africains se retrouveraient en prison !

Mais on peut s’attendre au pire puisque la cheffe du premier parti de France a aussi promis « d’éradiquer l’immigration bactérienne » car, selon elle, les migrants véhiculent des « maladies contagieuses non européennes »….

Ils nous avaient martelé que, chez eux, les hommes politiques fondent leur action sur des principes, qu’ils méprisent l’argent et que pour eux, les deniers de l’Etat étaient sacrés, au point qu’un humoriste africain a bâti sa carrière en stigmatisant nos hommes politiques réputés tous véreux…

Pourtant les Français découvrent avec stupéfaction que leur Assemblée Nationale était aussi une assemblée de familles au sein de laquelle un quart des députés, gauche et droite confondues, rétribuent leurs enfants, y compris des mineurs, ou leurs conjoints sur le budget public, déterminent la nature et la durée de leurs contrats et fixent leurs salaires ! Ces élus du peuple n’excluent même pas que cet « argent-boomerang » leur soit partiellement ristourné ou qu’il leur serve en quelque sorte de complément de salaire.

François Fillon reste candidat à la présidence de la République, mais maculé de doutes. C’est vrai que tout homme reste innocent tant qu’il n’a pas été condamné, mais n’est-ce pas l’école de son pays qui nous avait  enseigné que la femme de César ne doit point être soupçonnée ?

Ils avaient  glosé  sur le retournement de veste de nos politiciens, ils n’arrêtent pas de rire à s’en tenir les côtes à l’évocation de la « transhumance » et du « wox-woxet » (dits et dédits) à la sauce sénégalaise. Eux aussi ont la mémoire courte, mais sans remonter à Talleyrand et à sa conception de l’opportunisme en politique qu’il résumait par la formule « je me suis mis à la disposition des événements », on peut faire l’amer constat que la classe politique française a tué dans l’œuf le principe même des primaires, et peut-être plus que cela, et que ses chefs ont abandonné le candidat du parti qui les avait portés au pouvoir pour s’aligner derrière la bannière d’un homme qui certes a le vent en poupe, mais qui revendique haut et fort son mépris pour ce même parti !

Pourtant, nous ne nous réjouissons pas que tous ceux là qui ne cessent de nous donner des leçons soient pris en flagrant délit de trahison des principes qui depuis toujours ont constitué l’arme de destruction massive de toutes nos tentatives de relever la tête. Mais au moins, leurs faiblesses toutes humaines, leurs outrances verbales, leur peur de l’autre, leurs revirements et leurs contradictions, nous rassurent. Nous savons désormais qu’ils ne sont ni de purs esprits, ni de petits anges. Nous savons surtout que notre objectif ne doit pas être de les imiter, de les prendre en modèles, mais de chercher notre propre voie  et compter sur nos propres forces !


BOUNA, ZIED, ADAMA … LA DIASPORA TRAHIE PAR SES PATRIES !



NB : Texte publié dans Sud-Quotidien du 28 février 2017

Bouna Traoré, Zied Benna, Adama Traoré avaient respectivement 14,17 et 24 ans et appartenaient à ce qu’on appelle communément en France, au moins dans les médias, des « Français issus de l’immigration », expression  quelque peu discriminatoire puisqu’elle ne s’applique qu’aux Français nés, ou dont les parents, voire les grands parents, sont nés en Afrique sub-saharienne ou au Maghreb. Jamais en effet il ne viendrait l’idée à un organe de presse français de désigner sous ce terme Manuel Carlos Valls Galfetti, ancien Premier Ministre né à Barcelone et naturalisé français à vingt ans, ou Ana Maria Hidalgo, née à San Fernando, en Espagne toujours, et qui a conservé sa nationalité espagnole, ou encore Claude Bartolone, président de l’Assemblée nationale française, né à Tunis, sous la colonisation, d’un père italien et d’une mère maltaise… Il leur a suffi, à ces trois personnalités et à bien d’autres, d’opérer une légère et indolore chirurgie sur leurs patronymes et le tour était joué. Pour le malheur de Bouna et Adama, Traoré est moins soluble en terre française et peut difficilement passer pour un nom gaulois ! La  réalité, c’est qu’en France, l’origine africaine ou maghrébine est une tâche plus indélébile que l’encre dont on se sert en Afrique pour les élections, et ni les ruades ni le zèle patriotique de Rama Yade, qui se dit « française née à l’étranger » (merci pour nous !) ou de Rachida Dati, qui clame partout qu’elle est « française de France », n’y changeront  grand chose !

Bouna, Zied et Adama resteront donc à jamais des « Français issus de l’immigration »… Si au moins ce rappel intempestif pouvait servir à quelque chose, si au moins il pouvait en contrepartie assurer aux trois jeunes gens un élan de solidarité de la part de leurs terres d’origine, amener celles-ci à prendre le relais de leur défense quand leur patrie de papier est défaillante ! Malheureusement, ce ne fut pas le cas pour eux, et lorsque Bouna, Zeid et Adama ont perdu tragiquement la vie, les premières n’ont été d’aucun secours. Elles ont au contraire fait le mort, elles ont fait profil bas, elles ont, dans le meilleur des cas, observé une discrète compassion, si  discrète qu’elle est passée inaperçue et que n’eût été l’enterrement d’Adama au Mali, personne n’aurait connu le nom d’un des pays d’origine de leurs familles. Aucun de ces pays n’a entrepris une action significative pour exiger que lumière soit faite sur leur mort ou pour que justice leur soit rendue. Aucun n’a honoré publiquement leurs dépouilles ni célébré leur mémoire en invoquant le fait qu’aucun d’entre eux n’était ni un délinquant ni un criminel. Le désespoir et les frustrations de leurs familles respectives, laissées à l’abandon, restent incommensurables parce que la justice n’est pas passée, et quand elle est passée elle n’a pas bien fait son travail. Les circonstances de leur mort restent pour le moins troubles et inexpliquées et tout porte à croire qu’ils  ont été victimes de bavures des forces de l’ordre.

Le contraste est frappant entre le comportement des gouvernements africains, si passifs face aux malheurs d’une diaspora qu’ils sucent avec délectation, et celui des pays du Nord qui mobilisent toute leur diplomatie et usent de moyens de pression, voire de chantage, lorsque leurs ressortissants, y compris les binationaux, sont, en terre étrangère, victimes d’incidents de ce genre ou d’actes de terrorisme, voire suspectés de crimes ou de délinquance. « J’irai les chercher, quoi qu’ils aient fait ! », avait dit Nicolas Sarkozy lorsque des Français suspectés de trafic d’enfants avaient été interpellés au Tchad, soulignant au passage son mépris à l’endroit des populations et des gouvernements africains. La France a eu le même comportement, au risque de provoquer une crise diplomatique, lorsqu’une de ses ressortissantes a été condamnée au Mexique pour enlèvement, séquestration, délinquance organisée et possession d’armes à feu et de munitions ! Elle a ouvert des enquêtes préliminaires pour apporter une assistance judiciaire à ses citoyens expatriés ou à leurs familles, dans des cas d’enlèvements, d’assassinats, de bavures supposées des forces de l’ordre ou d’attentats terroristes en Côte d’Ivoire, au Burkina Faso, au Mali ou en Algérie… Les Etats-Unis vont encore plus loin pour assurer la protection et la défense de leurs citoyens expatriés, au point de s’opposer souvent à ce qu’ils soient jugés par les tribunaux de leurs pays d’accueil, même dans des cas de crime avéré, et de faciliter ou organiser leur fuite pour échapper à la justice… Mais c’est Israël qui a porté la défense de ses enfants de naissance ou ceux qu’il revendique comme tels, puisque cela inclut tous ceux qui ont une attache quelconque, y compris confessionnelle, avec ce pays, à un niveau qui n’est atteint nulle part et qui devrait inspirer les gouvernements africains. Il suffit de rappeler ses prises de position à l’occasion d’attentats ou simplement d’actes antisémites commis en France contre des citoyens français de confession juive, dont certains n’avaient même jamais vécu en Israël : protestations véhémentes, stigmatisation de la politique du gouvernement français, tir groupé contre les musulmans, appel à quitter le territoire français. C’est comme si les gouvernements africains interpellaient celui des Etats-Unis et lui demandaient des comptes à l’occasion des violences subies par les Africains-Américains. Mais la politique israélienne est payante puisque le gouvernement français fait non seulement acte de repentance, mais se fait toujours représenter à l’enterrement en Israël des victimes des incidents, alors qu’à l’enterrement de Adama Traoré au Mali, il était aux abonnés absents !
A la mort de Bouna Traoré et de Zied Benna, l’ancien ministre Christian Estrosi n’avait eu que des mots méprisants pour les jeunes gens, les traitant  de « délinquants en excès de vitesse », alors qu’ils étaient à pied et que le policier qui les poursuivait, et qui les avait vu se réfugier dans un poste EDF, s’était contenté d’observer qu’il ne « donnait pas cher leur peau ». Après dix ans de procès (« dépaysé » à Rennes !), la justice avait presque conclu que « rien ne s’était passé » et écarté tout versement de dommages et intérêts aux familles des victimes …

Après sa nomination comme Premier Ministre, l’un des premiers gestes de Bernard Cazeneuve a été de rendre une visite de courtoisie aux gendarmes impliqués dans la mort de Adama Traoré, ceux-là même qui l’avaient maîtrisé au moyen d’un « placage ventral », pratique interdite dans de nombreux pays, et qui, de l’avis des sapeurs pompiers, avaient  eu le tort de ne pas l’avoir placé en « position latérale de sécurité ».

Ni cette indifférence, ni cette brutalité, ni ces lenteurs, ni ce déni de justice n’ont ému les pays africains d’où étaient partis les parents de Bouna et de Adama, au point de les amener à exercer une pression ferme et visible sur le pays qui les accueille et qui refuse de leur concéder la plénitude de leurs droits. Nos gouvernants sont toujours en quête des voix et des subsides de leurs diasporas, sans trop s’inquiéter de savoir si elles portent un ou plusieurs passeports, mais quand nos concitoyens ou leurs proches se noient en Méditerranée, quand ils sont pris dans des rafles ou occis par des maffias, quand ils sont victimes de bavures ou  étouffés dans les postes de police, ils préfèrent invoquer le respect de la non ingérence dans les affaires d’un pays étranger !  

Voila pourquoi, face à la défection des pays d’origine de leurs parents, la rue a pris en France la défense de Bouna, Zied, Adama et aujourd’hui celle de Théo !

mardi 24 janvier 2017

LES ETATS-UNIS, UNE RÉPUBLIQUE BANANIÈRE ?

NB : Texte publié dans "Sud Quotidien" du 16 janvier 2017

Comment cela s’appelle un pays qui confie son sort, et indirectement celui du monde, à un homme, multimilliardaire, dont l’équipe gouvernementale, recrutée sur le seul critère de son aisance matérielle, dispose d’une  fortune qui dépasse les revenus cumulés du tiers de sa population (ce qui représente tout de même plus de 120 millions de personnes !), ou  l’équivalent du PIB de 100 pays du monde, un président qui avoue sans honte qu’il  s’est enrichi par des procédés certes légaux mais moralement condamnables parce qu’ils reposent sur l’exploitation des failles de la loi, sur l’art de frauder sans se faire prendre ?

Comment cela s’appelle un pays dont le président, propriétaire d’un groupe aux vastes ramifications internationales, négocie encore des contrats à quelques jours de son investiture officielle, annonce qu’il conservera de fait ses actifs dans ses sociétés, ce que n’avait fait aucun de ses prédécesseurs depuis près d’un demi siècle, refuse donc obstinément de se défaire de ses responsabilités de chef d’entreprises au sein desquelles il exerçait plus de 500 fonctions de premier plan ?

Comment cela s’appelle un pays dont le président, au mépris de toute éthique, confie à des membres de sa famille, tous novices en politique, les fonctions parmi les plus importantes dans la gestion de l’Etat, sur la seule base des liens qu’il entretient avec eux et non en se fondant sur leurs compétences, sans même exiger d’eux qu’à leur tour ils se préservent de tout conflit d’intérêts entre leurs propres affaires et celles de la communauté nationale ?

Comment cela s’appelle un pays dont le président ne reconnait pas la continuité de l’Etat républicain et la nature sacrée de la chose jugée, qui se propose de remettre en cause les engagements les plus solennels souscrits par le gouvernement, les acquis les plus significatifs de son prédécesseur et qui touchent au bien être de ses concitoyens, à la préservation de la qualité de la vie dans le monde, au maintien de la bonne entente entre les nations ?

Comment cela s’appelle un pays dont le président se propose d’exercer son autorité, alternativement, entre sa résidence officielle et son domicile privé, mettant à rude épreuve les agents destinés à assurer sa sécurité, qui dénie néanmoins toute crédibilité aux informations fournies par ses propres services de renseignements, les plus performants du monde, et préfère s’en remettre à ses états d’âme, qui exprime le plus profond mépris à l’endroit des plus défavorisés de ses concitoyens, des handicapés, des minorités ethniques et religieuses et des ressortissants des pays étrangers ?

Comment cela s’appelle un pays dont le président a vu son élection  désavouée par la majorité de ses concitoyens, qui s’était fait remarquer par un opportunisme politique qui l’avait conduit à changer de parti une bonne demi douzaine de fois, qui avoue d’ailleurs qu’il n’a aucune conviction en politique, même sur les sujets les plus graves, et que sa seule ambition est de faire de l’argent et encore de l’argent et de contribuer à accroître le patrimoine des nantis, y compris le sien et celui de ses proches, quitte à enrichir les plus riches et à appauvrir les plus pauvres ?

Comment cela s’appelle un pays où tous les pouvoirs, exécutif et législatif notamment, et même judiciaire, sont aux mains de la même faction dont les représentants sont pour la plupart des milliardaires, ou en tout cas  parmi les mieux nantis de la nation, mais aussi parmi les plus incultes, politiquement et socialement parlant, si l’on considère leur indifférence ou leur méconnaissance de l’état de détresse de certains de leurs concitoyens ou de la désespérance d’une partie des peuples du monde ? Ce mode de gouvernement censitaire explique notamment que chaque membre de cette oligarchie d’argent, imbu de sa richesse, s’exprime sans mesure ni discipline, et qu’à peine nommée l’équipe appelée à diriger le pays, mais qui n’est pas encore aux commandes, se fait remarquer par la cacophonie  installée en son sein et qui donne l’impression qu’elle est un bateau ivre !

Comment cela s’appelle un pays dont le président, appelé à jouer le premier rôle dans la gestion du monde, a pour préoccupation, au cours de sa première prestation publique, non de livrer à l’opinion sa vision des grands défis qu’il aura à affronter, mais à répondre aux questions touchant à ses mœurs, aux turpitudes sexuelles dont on l’accuse et qui peuvent mettre en danger sa liberté d’action si elles s’avéraient exactes ?

Le pays décrit ici n’est pourtant pas une « république bananière », parce que les Etats-Unis ne sont pas la terre d’élection de ce fruit, parce que, surtout, ils ont bien d’autres ressources et sont capables d’étonner le monde, comme ce fut le cas avec l’élection de Barack Obama comme premier président noir d’une nation qui, quarante ans auparavant, contestait aux Noirs les plus élémentaires des droits civiques. C’est bien pour cela, parce que la femme de César ne doit pas être soupçonnée, que nous sommes déçus et inquiets pour l’avenir. Les Etats-Unis ne sont assurément pas cette caricature de gouvernement rongé par la dictature et la corruption qui avait inspiré l’expression à l’écrivain O. Henry au début du XXe siècle, mais ce qui se profile à l’horizon avec l’arrivée au pouvoir de l’arrogante et imprévisible « Trump team », composée très majoritairement d’hommes, de blancs et de riches, de militaires bellicistes et d’hommes d’affaires lobbyistes et comploteurs, rescapés des plus grands scandales financiers des dernières années, avec un chef qui déjà foule aux pieds ses promesses de campagne, c’est en toute beauté, le symptôme du délabrement spirituel et moral qui plane sur une nation gouvernée par l’argent et par le spectacle…