<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-4764660064276258348</id><updated>2012-01-23T02:40:48.436Z</updated><title type='text'>LE BLOG DE FADEL DIA</title><subtitle type='html'>Puisqu'une idée échangée en vaut deux, ce blog se veut un espace de partage. N'hésitez donc pas à me faire part de vos commentaires</subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://fadeldia.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4764660064276258348/posts/default?max-results=100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://fadeldia.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><author><name>FADEL DIA</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08423831495704844197</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>47</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>100</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4764660064276258348.post-813350621654070715</id><published>2012-01-02T22:07:00.002Z</published><updated>2012-01-02T22:17:27.397Z</updated><title type='text'>LE VIEILLARD ET LES CHAMBELLANS</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:arial;font-size:85%;"&gt;&lt;em&gt;NB Ce texte a été publié dans Sud Quotidien (édition du 27 décembre 2011)&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;« Abus de faiblesse»&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Le congrès d’investiture de Me Wade nous aura au moins apporté cette confirmation : il n’y a plus de ministres, de camarades ou de conseillers autour du président de la République. Il ne reste que des chambellans, des hommes et des femmes qui s’occupent à lui plaire, font assaut d’amabilités, de flatteries et quelquefois de surenchère à son endroit. Ce 23 décembre, ils ont manqué à leur devoir de patriotes si, comme le disait Mark Twain, « un patriote, c’est celui qui défend son pays toujours, son gouvernement seulement quand il a raison ». Ils ont, ce faisant, préféré leurs intérêts immédiats et la défense de leurs privilèges, sans aucune garantie car, comme le dit un proverbe, tout ce qui est pourri puera. Car enfin, pourquoi lui cachent-ils, tous, cette évidence que martèlent tous les médias du monde : Abdoulaye Wade est un vieillard, et un nonagénaire n’est tout de même pas la personne la plus indiquée pour diriger un pays dont 50% de la population ont moins de vingt ans, et où les plus de 65 ans ne représentent que 3,5 % des habitants. Si l’on se fie aux sources dignes de foi, le président Wade serait plus âgé que les présidents Bush père, Gorbatchev et Giscard d’Estaing, trois vieux bonzes oubliés qui ont quitté le pouvoir depuis 18, 20 et 30 ans, respectivement.&lt;br /&gt;La vieillesse n’est pourtant pas un péché, mais elle n’est pas non plus un débat philosophique ou juridique. La vieillesse est un problème d’artères et celles de Me Wade avouent 86 ans (hors TVA, insinue une mauvaise langue), tandis que d’autres leur en reconnaissent quatre vingt dix ! On n’y peut rien : que Me Wade puisse se tenir debout des heures durant (par quels artifices ?), qu’il puisse discourir ou voyager sans mesure, n’y change rien. Il peut retrouver la voix avec du citron et du thé, mais il a perdu à jamais la vigueur et la lucidité de ses quarante ans. Il est plus proche du centenaire que d’un fringant jeune homme, et la vieillesse est comme le diabète : c’est tout le corps (physique et mental) qui est miné ! C’est proprement stupéfiant qu’il n’y ait pas une bonne âme, y compris dans sa propre famille, qui  prenne le risque de lui dire que ce n’est pas à son âge qu’on entame une carrière de putschiste en violant la Constitution, que ce n’est pas à quatre vingt quinze ans qu’il fera ce qu’il n’a pas pu faire à soixante quatorze ! S’il était au moins à deux doigts de signer la paix en Casamance, on aurait été, peut-être, plus conciliant ; malheureusement jamais la violence n’y a été plus meurtrière. Il n’y a donc personne autour de Me Wade pour lui dire que c’est indécent qu’un Chef d’Etat qui exerce le pouvoir sans partage depuis douze ans n’ait plus pour seule arme pour le conserver que de distribuer à la volée les ressources d’un pays qui figure au 166e rang mondial (sur 182 pays classés) par son IDH. Que personne ne relève cette indignité que, dans un Etat qui se dit de droit, et dans l’enceinte même du palais de la République et face premier magistrat du pays, un homme puisse se vanter, d’avoir volé, triché et violé la loi, et ressortir libre et, mieux, récompensé de quelques millions de francs. « En 2007, s’est vanté un fidèle et ancien Wadiste, nous avons falsifié l’âge des jeunes garçons qui avaient quinze ans pour qu’ils puissent voter ! ». Voila des signes évidents de ce retard d’allumage, de cette « absence de réseau », qui sont les signes mêmes de la vieillesse. Au fond, les Sénégalais qui aiment Abdoulaye Wade, qui apprécient son esprit vif, son opportunisme politique et ses idées originales, qui sont à la fois soucieux de ses intérêts et de ceux du pays, auraient du invoquer un abus de faiblesse et porter plainte contre son entourage et contre tous ceux qui le poussent à aller à la fois au-delà de ses forces et au-delà de la loi. Ses proches, les visiteurs qui se bousculent au Palais, les foules de militants pavlovisés rassemblés sur la VDN et tous ses chambellans se doivent aujourd’hui, à défaut de lui asséner la semonce de Y’en a Marre, « Faux ! Pas Forcé ! », de lui tenir un langage de vérité et lui dire : « Il se fait tard, grand-père, ne soyez pas Banda, soyez Mandela ! ». Demain ils devront rendre compte d’avoir failli à leur devoir.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Etre Mandela ou Kamuzu Banda&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Un homme en effet a échappé à cette pression malsaine des courtisans, et c’est Nelson Mandela, qui à l’issue d’un seul mandat, et à 80 ans mais en pleine possession de ses facultés, a rendu son lourd tablier de premier Président de l’Afrique du Sud libérée, de son plein gré, pour se consacrer à sa famille. Quel souvenir nous aurait-il laissé s’il avait terminé sa vie politique en disputant le pouvoir à Jacob Zuma ou à Cyril Ramaphosa et s’il s’était compromis dans des manipulations électorales, s’il avait envoyé des gros bras vandaliser des lieux publics, reçu chez lui des faussaires, arraché les affiches de ses adversaires et payé pour se faire élire ?&lt;br /&gt;L’histoire récente de notre continent nous a montré que d’autres chefs d’Etat qui, eux aussi, avaient été adulés, ont mis en danger la stabilité de leurs pays et en péril leur héritage, parce qu’ils se sont crus indispensables et se sont perdus dans les pièges tissés par leur entourage. Sur tous les continents et à toutes les époques, la vieillesse des chefs d’Etat a été encombrée de médecins, de charlatans, de marchands d’illusions, d’épouses envahissantes, de rejetons pressés, qui tous profitent de leur faiblesse, de leur somnolence, de leurs humeurs instables, de leur mémoire flageolante. « Je ne me souviens pas avoir dit cela ! » aurait été la seule justification du président Wade après la colère provoquée par sa bourde contre l’église catholique. Les vieux chefs d’Etat deviennent irrésistiblement des « bouchons de liège ballottés par les courants » et leur âge canonique, l’atmosphère crépusculaire qui règne autour d’eux, alimentent toujours des guerres de succession et les conduisent à écarter tous leurs lieutenants, vite assimilés à des rivaux, et les conseillers qui s’octroient le droit de leur dire la vérité. Ils ont tous une obsession, leur place dans l’Histoire, ce qui les conduits à préférer les éléphants blancs à l’élimination des inégalités sociales. A des degrés divers, tous ont été victimes d’une « schizonévrose », d’un ego démesuré et croissant, et les crises et révoltes populaires n’ont eu pour effet que d’alimenter leur paranoïa. Le président Bourguiba avait poussé le sien jusqu’à organiser le déroulement de ses propres funérailles, oubliant sans doute qu’on n’est jamais présent aux siennes pour en contrôler l’exécution. Tout le monde connait le mot de Gaulle, déçu par les compromissions de Pétain qu’il avait tant admiré : « La vieillesse est un naufrage ! ». Celle des chefs d’Etat peut constituer un naufrage collectif, générer la guerre et le désordre.&lt;br /&gt;Si Me Wade est réélu en 2012, et si Dieu lui prête assez de vie pour terminer son mandat, il aura été le plus vieux à ce poste de tous les présidents africains depuis les indépendances. Sans vouloir l’inquiéter outre mesure, je lui signalerai que, selon les statistiques officielles, il sera bien seul en 2019 : il n’y aura alors au Sénégal que 524 personnes (dont moins de 200 hommes) qui auront son âge et plus !&lt;br /&gt;L’ancien président tunisien Habib Bourguiba avait été victime d’un putsch médical à 84 ans au moyen d’un certificat médical signé par sept médecins dont presqu’aucun ne l’avait examiné. Il n’avait plus que quelques instants de lucidité par jour, et le coup d’état invisible qui avait mis fin à son mandat était le fruit d’un contrat entre les services secrets étrangers et le Premier Ministre qu’il avait nommé dans l’espoir de mettre fin aux contestations. Triste fin pour celui que l’on appelait le Combattant Suprême, le fondateur de la Tunisie moderne, et qui, pour rester au pouvoir, avait du se résoudre à trafiquer les résultats des élections et donner aux gouverneurs des&lt;br /&gt;instructions pour briser toute résistance. Sans succès et cela devrait servir de leçons à ceux qui prônent les mêmes méthodes au Sénégal.  &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Félix Houphouët-Boigny avait lui aussi conduit son pays à l’indépendance et en avait fait un Etat prospère et accueillant. Mais à quatre vingt huit ans, il était toujours au pouvoir, il était Nana Houphouet, le père infaillible qui sommeillait quelquefois dans les réunions ministérielles, sans que personne n’ose secouer sa manche. Tous les bookmakers pariaient sur l’imminence de sa mort, mais cela n’empêcha pas ses héritiers putatifs de se disputer le pouvoir et de se lancer des fatwas vengeresses qui allaient plonger la Côte d’Ivoire dans vingt ans d’instabilité, de crimes et de déchirements. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Kamuzu Hastings Banda était de la même trempe que Houphouët-Boigny. Le « Lion du Nyassaland » s’était battu pour arracher son pays à la domination anglaise. Il avait connu l’exil et les cachots. Mais lui aussi n’avait pas compris que le pouvoir use plus qu’il n’instruit, que ce n’est pas en s’y incrustant qu’on est plus apte à déceler la détresse du peuple. Sa fin politique sera encore plus triste que celle de Bourguiba : lui, le héros au passé prestigieux sera battu à plate couture aux élections présidentielles qu’il avait organisées et auxquelles il se présentait contre toute logique, à 88 ans !&lt;br /&gt;Mauvais présage.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4764660064276258348-813350621654070715?l=fadeldia.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://fadeldia.blogspot.com/feeds/813350621654070715/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4764660064276258348&amp;postID=813350621654070715' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4764660064276258348/posts/default/813350621654070715'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4764660064276258348/posts/default/813350621654070715'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://fadeldia.blogspot.com/2012/01/le-vieillard-et-les-chambellans.html' title='LE VIEILLARD ET LES CHAMBELLANS'/><author><name>FADEL DIA</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08423831495704844197</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4764660064276258348.post-7308491349953769141</id><published>2011-11-24T10:11:00.002Z</published><updated>2011-11-24T10:28:46.956Z</updated><title type='text'>LES "MINORITES" ETHNIQUES SONT-ELLES ENCORE SOLUBLES DANS LE SENEGAL ?</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;font size="3" face="verdana"&gt;&lt;font size="2"&gt;&lt;em&gt;Ce texte a été publié le 14 novembre dans les quotidiens "Sud" et "l'As".&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;Comment expliquer le caractère itératif des accusations « d’ethnicisme » portées contre des hommes politiques comme Djibo Ka, hier, ou Macky Sall aujourd’hui, qui ne sont pas de la même génération, qui ont des parcours politiques opposés, qui ont des attaches familiales dans deux provinces très différentes, qui, quoiqu’en pensent certains Sénégalais, ont des cultures différentes et ne parlent pas tout à fait le même pulaar ? Comment surtout comprendre que leur mise à l’index ne soit fondée que sur le fait qu’ils ont trouvé des points de convergence politique avec des personnes parlant le pulaar, ou qu’ils se sont exprimés un jour, publiquement, dans leur langue maternelle, ou que leurs équipes comptent un ou plusieurs pulaarophones, même à des postes subalternes, ou parce que des Sénégalais avec lesquels ils peuvent communiquer sans interprète les applaudissent ? Pourquoi sont-ils obligés de se justifier, ou de trouver des raisons à cette accointance, au point d’être presque gênés de se choisir un proche collaborateur ou d’être obligés d’en sacrifier un, au seul motif qu’ils appartiennent à leur aire linguistique ? Curieusement, ces suspicions sont portées plus souvent contre les pulaarophones que contre toute autre ethnie, la seule exception notable étant celle qui fut lancée contre Robert Sagna, accusé de promouvoir un « vote ethnique diola » lors de la campagne électorale de 2007. Comme si les non-wolofs n’avaient pas de convictions : ils n’ont que des sentiments, pour ne pas dire que des émotions ! Un seul a bénéficié de l’indulgence de l’opinion, c’est-à dire surtout la presse, Landing Savané qui, nous rapporte celle-ci, se serait permis d’aller à Mbour « rencontrer la communauté mandingue », sans provoquer une crise d’urticaire chez les sentinelles de la lutte contre « l’ethnicisme ».&lt;br /&gt;Quant aux ministres wolofs, ou qui se revendiquent tels, ils peuvent s’entourer d’une équipe appartenant uniquement à leur ethnie, y compris des membres de leur propre famille, sans que personne ne s’en aperçoive, et nul ne penserait à les accuser d’être « régionalistes », ce qui est chez nous la forme politiquement correcte de l’ethnicisme. D’ailleurs, les ministres wolofs, ou wolofisés, ont cette particularité : ils ne parlent que leur langue, ils la parlent à toutes les occasions et à tous les endroits, et tous s’imaginent bien entendu qu’elle est comprise de tous, et partout, à Fongolimbi, à Diawara ou à Sassel Talbé. Même la sémantique s’en mêle, puisque les langues autres que le wolof sont appelées « lakks », et que celui qui n’a pas l’air sénégalais (ou wolof ?) est traité de « gnak » ! Personne ne s’offusque évidemment, que dans notre pays le Président de la République, les présidents, pourtant nommés et non élus, du Sénat, de l’Assemblée Nationale, du Conseil économique et social, de la Médiature, du Conseil d’Etat, et j’en passe, ou le Chef d’Etat Major des Armées, soient tous wolofs ! Qu’on ne me dise surtout pas que ce n’est que naturel puisque cette communauté est majoritaire au Sénégal : s’il en était partout ainsi, ni J.F. Kennedy, catholique dans un pays majoritairement protestant, ni Obama, noir dans un pays à 90% blanc, n’auraient jamais été élus présidents des Etats-Unis. Nous mêmes avons, dans ce domaine, effectué un singulier pas en arrière : pendant les vingt premières années de notre indépendance, notre principal titre de gloire avait été d’être un pays musulman à plus de 90% et d’avoir un catholique pour chef d’Etat !&lt;br /&gt;C’est en vertu de ces privilèges que feu Sérigne Mamoune Niasse, chef de parti, a pu quitter la majorité parlementaire pour rallier Idrissa Seck, sans que personne ne puisse en redire, alors que si d’aventure, Cheikh Tidiane Gadio ou Samba Diouldé Thiam, autres anciens affidé ou allié de Wade et chefs de partis au même titre, décidaient, l’un ou l’autre, de rejoindre Macky Sall, toute la presse, tous leurs contempteurs politiques et surtout le PDS, pousseraient des cris d’orfraie. Pour une raison toute simple, aussi bête qu’illogique : même si Gadio et surtout Thiam sont, par leurs attaches, ancrés dans le Fouta profond, même si Macky Sall a sa base politique au cœur du Sine, qu’il parle sérère et qu’il est même le seul homme politique sénégalais de cette envergure qui soit trilingue, tous ont un péché congénital : ils sont nés hal-pulaar ou plus exactement, ils sont « toucouleurs », de ce mot qu’ignorent et exècrent tous les Foutankés parce que c’est un néologisme d’origine étrangère et qu’il est, dans le fond comme dans la forme, impropre et réducteur.&lt;br /&gt;Comme dirait Brice Hortefeux, un hal pulaar, ça va, c’est quand il y en a plusieurs que cela pose problème !&lt;br /&gt;La stigmatisation de toute convergence, de tout rapprochement entre ceux qui expriment une appartenance ethnique autre que celle de la majorité, cet ethnocentrisme inavoué, participent à cette croyance, de plus en plus répandue, selon laquelle les minorités sont organisées comme des loges, des lobbies, toujours prêts à comploter. En ne défendant, pense-t-on, que des intérêts particuliers, familiaux ou régionaux, ils sapent, évidemment, la cohésion nationale. C’est ce que laisse entendre un homme connu pour sa tortuosité politique et qui est le symbole même des courtisans de luxe, espèce hélas prolifique dans le milieu maraboutique, qui clame sans se faire étriper et sans que cela soit relevé par les défenseurs de la paix sociale, que les échecs de Karim Wade s’expliqueraient par le fait qu’il est l’otage de la « maffia pulaar », comme l’avait été, selon lui, Philippe Senghor, trente ans plus tôt. Le mot important dans cette expression ce n’est évidemment pas maffia mais pulaar, mais notre politologue ne prend pas la peine de nous expliquer le sens de ce parallèle, puisque Philippe Senghor n’avait jamais exercé de fonctions gouvernementale ou politique et que Senghor avait quitté le pouvoir de lui-même et dans l’honneur. Si la maffia pulaar est à l’origine de ces comportements, c’est qu’elle n’est donc pas si mauvaise que ça !&lt;br /&gt;Dans un autre domaine, mais au nom de la même inculture, on observe que, cinquante ans après notre émancipation politique, certains journaux s’autorisent des titres du genre : « Bagarres dans le département de Kaffrine entre paysans et Peuls ». Le journal ne dit pas à quelle ethnie appartiennent ces « paysans », ce qui signifie, à priori, qu’ils ne sont pas&lt;br /&gt;peuls. Il ne précise pas, non plus, que les « Peuls » dont il s’agit sont tout bonnement des éleveurs et fait donc fi de cette réalité qui veut que les bagarres entre éleveurs et paysans remontent à la nuit des temps et que, des Hyksos aux Mongols, l’histoire fourmille de querelles entre ceux qui sont attachés à la terre et ceux qui courent derrière le bétail. Pourquoi, dès lors, ne pas parler, simplement de « bagarres entre éleveurs et paysans », comme on aurait écrit « bagarres entre pêcheurs et chalutiers », même si les premiers ne sont autres que des lébous ?&lt;br /&gt;Ces péripéties politiciennes, ces écarts de langage, auraient moins retenu mon attention si, depuis quelques années, on ne voyait pas se développer, encouragé par le style quasi-clanique du Chef de l’Etat, un comportement visant à condamner l’expression de toute exception culturelle pour ne tolérer que la culture dominante. Le président Wade parle et agit comme si nous n’avions plus qu’une langue « nationale » et comme si le français avait cessé d’être notre langue officielle et, comme dans tous les régimes autocratiques, ses serviteurs font du zèle, au point que dans notre système scolaire, on enseigne le français au moyen du wolof. Les deux langues y perdent en qualité et en précision et notre école publique va en lambeaux… Mais, désormais, il ne s’agit plus d’ignorance, il s’agit bien d’intolérance et celle-ci est un poison insidieux générateur de guerres civiles.&lt;br /&gt;Mon propos n’est pas de sonner la charge contre une composante de notre nation, mais de dénoncer ceux qui instrumentalisent nos différences et je sais que ceux-là l’interpréteront comme la manifestation même de « l’ethnicisme » rampant qu’ils dénoncent. Au Sénégal, nous avons tendance à nous proclamer différents, voire supérieurs à nos voisins, à cacher nos dissensions ethniques et religieuses, notamment, sous un monceau de « maslaa », qui n’est souvent qu’un tas d’hypocrisies. A la veille des élections présidentielles, qui sont toujours un moment d’exaspération des dérives verbales, il me semble au contraire nécessaire de dépolluer le langage politique et de faire porter le débat sur l’essentiel et non sur ce qui peut nous diviser. Il y a en effet un espace entre les minorités ostentatoires ou irrédentistes et les minorités honteuses et la pluralité peut être une source d’enrichissement. Ceux qui se vantent d’être des exégètes de l’Islam devraient se rappeler ces paroles de Dieu dans son Livre Saint : « Je vous ai créés différents pour que vous vous connaissiez ». Encore une fois, le fait que le wolof soit la langue la plus parlée au Sénégal, la plus dynamique, ne peut justifier cet ostracisme ni ce monopolisme qui sont un déni de notre diversité et qui, quelquefois, s’apparentent à un mépris culturel, quand on voit comment certains s’esclaffent devant l’accent d’un Amath Dansokho ou excluent des débats ceux qui maitrisent mal la langue de Kocc Barma. C’est oublier, décidément, que la crise casamançaise dont nous payons, tous, le prix depuis plus de trente ans, est née de l’arrogance d’hôtes, qui se croyaient tout permis, ignoraient les us et coutumes de la région qui les accueille, s’érigeaient en gothas, se comportaient comme des commandants de cercle de l’époque coloniale dans un pays qui s’était illustré comme un foyer de résistance populaire. C’est, enfin, ignorer le cheminement qui a conduit de la colonie à l’Etat du Sénégal et mal appréhender les raisons profondes qui ont fait que notre pays a jusqu’ici échappé aux querelles tribales et aux guerres ethniques qui ont ensanglanté beaucoup de pays africains. Notre chance c’est qu’il y a eu une ville, Saint-Louis, qui a servi de laboratoire à la formation, non pas (encore) d’une nation, mais d’un esprit sénégalais fait d’indulgence et de tolérance. A Saint-Louis, dès le dix huitième siècle, le relevé de la population, le premier recensement de notre histoire, nous signalait la présence dans l’île, de patronymes aussi illustratifs du Sénégal moderne que Diop (on écrivait alors Guiop), Fall, mais aussi Diouf, Gomis, Kane-Diallo etc. A Saint-Louis, entre la première campagne électorale de notre histoire (1848) et celle qui a élu, pour la première fois, un noir député du Sénégal(1914), les personnalités les plus influentes, au plan politique et administratif, avaient leurs racines dans toutes les provinces qui constitueront le territoire du Sénégal et même au-delà de ses limites. Elles avaient des attaches wolof, bien sûr, mais également mandé, pulaar, sérère, bambara… Elles s’appelaient Papa Mar Diop, Capitaine Mamadou Racine Sy, Galandou Diouf, Amadou Ndiaye Duguay Clédor (qui avait pris un pseudonyme), Birahim Camara… Il y avait parmi elles des métis, locaux (Louis Guillabert) ou issus des Iles (Rémy Nantousha), des illettrés (Thiécouta Diop) ou des diplômés de l’école française (Lamine Guèye), des chrétiens (Pierre Chimère) et des musulmans (Amadou Ndiaye Ann)… C’est ce formidable mélange de cultures et d’héritages qui a fait les Saint-Louisiens, et plus tard les Sénégalais, et c’est grâce à la cohésion de ses fils que la première capitale du Sénégal a imposé à ses occupants et maintenu vivants la langue wolof et l’Islam : il n’y a jamais eu de pidgin ou de langue créole et malgré Faidherbe, les écoles coraniques n’ont jamais fermé leurs portes.&lt;br /&gt;Cet héritage-là est aujourd’hui menacé. Le danger vient de ceux qui font semblant d’ignorer qu’une nation est un ensemble d’hommes et de femmes qui ont les mêmes droits et les mêmes devoirs. Ils prétendent, eux, que même si c’est le cas, certains sont plus égaux que d’autres. L’un d’eux estime que c’est le tour de son clan d’occuper les plus hautes fonctions de l’Etat, comme si la présidence de la République était une fonction tournante. Un autre, prétend que le pouvoir suprême doit désormais appartenir à un homme de sa confrérie, et certainement de son ethnie : c’est le syndrome tutsi. Un troisième affirme qu’au fond, les élections démocratiques n’ont plus de raison d’être et qu’il faut désormais s’en remettre à un guide religieux, le sien, pour désigner le titulaire du poste de chef d’Etat : c’est l’avènement de l’ayatollisation ! Ces trois éminents théoriciens ont ceci en commun : ils revendiquent tous le titre de chefs religieux et pour eux, les tribus de la périphérie n’ont plus droit au pouvoir et n’ont plus qu’un recours : se renier. Leur théorie est vulgarisée par les griots officiels, ceux qui ont le monopole des micros pendant les commémorations de notre indépendance et pour lesquels la résistance coloniale au Sénégal a commencé avec Lat-Dior et se résume à lui, le renouveau islamique se réduit à deux icônes, et il n’y a point de salut hors des deux confréries qu’elles ont fondées. Pour tous, évidemment, on ne peut pas s’appeler Sow et être ministre des Pêches, se nommer Savané ou Diaz et oser prétendre aux fonctions de Président de la République ou même de maire de Dakar…&lt;br /&gt;Au fond, c’est notre école qui n’a pas fait son travail, celui de nous enseigner à mieux nous intéresser les uns aux autres et, tout particulièrement, à faire connaitre aux Sénégalais de l’ouest, ceux de ce qu’on appelait le « triangle arachidier », qu’on croyait être le seul « pays utile », ceux qui longtemps avaient le monopole des grandes écoles, des hôpitaux et des bonnes routes, d’appréhender le reste du pays. Il y a encore parmi eux des hommes et des femmes, cultivés, mais qui ne savent pas que Podor a fait partie du « Sénégal » avant Dakar, Thiès ou Kaolack, qui pensent qu’il n’y a qu’un roi diola et qu’il réside à Oussouye, que diola et mandingue, c’est la Casamance, c’est donc du pareil au même, que soninké (eux disent Sarakolé) et bambara, c’est un peu la même chose, que les Laobés sont une ethnie, et que les peuls et les toucouleurs sont deux communautés différentes... Bien entendu, ils ignorent qu’il y a des populations autochtones de langue pulaar dans presque toutes les régions du Sénégal, qu’on peut être foutanké de souche et s’appeler Tine, qu’en fait, le Fouta c’est un territoire de 400 km de long et que sur ce long parcours, il y a des provinces qui, quelquefois, se sont fait la guerre, avec des parlers, des histoires qui sont loin d’être uniformes… On ne peut pas accuser le colonisateur d’être responsable de ces méprises.&lt;br /&gt;L’histoire du « Sénégal », quoiqu’en disent certains, n’a que cinquante ans, celle des peuples qui le composent est vieille, elle, de plusieurs siècles, et le reconnaitre c’est accepter que chacun soit fier de ses racines et les cultive, sans dénigrer ni mépriser celles des autres. Si vous&lt;br /&gt;voulez être universel, parlez de votre village, conseillait Tolstoï à un jeune écrivain, aujourd’hui on peut dire aux jeunes sénégalais : si vous êtes attachés à votre nation, ne sacrifiez pas vos racines.&lt;br /&gt;Les femmes auront définitivement gagné l’égalité le jour où une femme incompétente sera nommée à un poste majeur, avait dit, en substance, Françoise Giroud. Nous ne serons vraiment une nation que le jour où un dirigeant, un homme politique, issus des minorités, pourront se choisir des alliés, des collaborateurs sans courir le risque que ceux-ci soient jugés, non par leur compétence, mais par leur origine ethnique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;&lt;font size="3" face="verdana"&gt;&lt;/font&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4764660064276258348-7308491349953769141?l=fadeldia.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://fadeldia.blogspot.com/feeds/7308491349953769141/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4764660064276258348&amp;postID=7308491349953769141' title='5 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4764660064276258348/posts/default/7308491349953769141'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4764660064276258348/posts/default/7308491349953769141'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://fadeldia.blogspot.com/2011/11/les-minorites-ethniques-sont-elles.html' title='LES &quot;MINORITES&quot; ETHNIQUES SONT-ELLES ENCORE SOLUBLES DANS LE SENEGAL ?'/><author><name>FADEL DIA</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08423831495704844197</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>5</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4764660064276258348.post-1455953986654678666</id><published>2011-11-08T21:56:00.003Z</published><updated>2011-11-24T10:30:14.591Z</updated><title type='text'>KADHAFI : ENTRE PAILLASSON ET EDREDON !</title><content type='html'>&lt;div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Il a traficoté avec des sociétés pétrolièreset, avec la participation active de son principal collaborateur, il leur a faitattribuer des marchés sans appels d’offres. Il a créé un centre de détention qui ressemble fort à un camp de concentration dans lequel il a rassemblé des centaines de prisonniers, dont des adolescents, certains capturés dans la rue, qui sont restés incarcérés en dehors de tout cadre juridique. Il a avoué avoir personnellement donné son aval à son armée pour qu’elle recourt à la torture, et notamment à la cruelle simulation de noyade, et sous-traité ces pratiques un peu partout dans le monde. Cette expertise a été particulièrement exacerbée dans une prison où des détenus de guerre, obligés souvent de poser nus, ont été attachés à des câbles électriques par ses soldats, menacés par des chiens de garde et même désacralisés après leur mort. Contre l’avis de la communauté internationale, représentée par l’ONU, il a déclenché une guerre, sur « des prétextes bureaucratiques » qui se sont révélés être de purs mensonges. Ce conflit a tué prés de 5 000 de ses concitoyens et blessé 36 000 d’entre eux, fait plus de 100 000 victimes et 250 000 blessés au sein de la population civile du pays attaqué, provoqué l’exode de 2 millions de personnes et couté 800 milliards de dollars. Enfin, cet homme a protégé des amis suspectés de crimes ou de complicité de crime, facilité leur fuite, au mépris des intérêts de son propre pays…&lt;br /&gt;Non, il ne s’agit pas de Mouammar Kadhafi. Il s’agit bien de Georges W. Bush, président des Etats-Unis d’Amérique de 2001 à 2008. Il a reconnu la plupart de ces forfaits dans son livre mémoire « Instants Décisifs » et admis avoir commis de « grosses erreurs », et pourtant, même après la fin de son mandat, il reste toujours libre de ses mouvements et s’enrichit encore en publiant ses mémoires et en donnant des conférences à travers le monde. La Cour Pénale Internationale n’a rien entrepris pour s’emparer de sa personne et le traduire devant la justice. Il est protégé par le fait que son pays a signé la Convention de Rome, mais ne l’a pas ratifiée, et qu’il a contracté des accords bilatéraux d’immunité (ABI) qui obligent les  autres pays à rapatrier ses citoyens, civils ou militaires, susceptibles d’être traduits devant ce tribunal universel.&lt;br /&gt;Voila le premier scandale de « l’Affaire Kadhafi » : les crimes de chef d’Etat sont poursuivis, non en fonction de leur gravité, mais en fonction de la qualité de l’accusé et de la puissance de son pays d’origine.&lt;br /&gt;Mais il y a un deuxième scandale tout aussi insupportable. Kadhafi n’était certes pas un ange, mais cela ne date pas du printemps arabe. Mégalomane, autocrate, excessif en tout, il l’a toujours été et pourtant la « communauté internationale » s’en était accommodé pendant des décennies, et l’avait même souvent courtisé. Rama Yade l’avait accusé de ravaler la France au rang d’un « paillasson », par sa seule présence sur le territoire français, mais ce qu’elle ne dit pas c’est que l’ancien Guide libyen avait été longtemps pour les dirigeants français, un moelleux édredon, un providentiel duvet, à la fois fournisseur de pétrole et consommateur d’armements, qui permettait à leur économie de survivre face aux rigueurs de la concurrence internationale. La France avait été l’un des premiers pays à lui fournir des armes, quelques mois après sa prise du pouvoir, en lui vendant des Mirage Dassault qui serviront contre les troupes tchadiennes soutenues par …les forces françaises. Après les années de décence consécutives à l’attentat contre le DC 10 d’UTA, les ventes d’armements français avaient repris de plus belle et à partir de 2004, les plus hautes autorités françaises se transformeront en VRP en se succédant à Tripoli : Chirac, Sarkozy, Michèle Alliot-Marie et d’autres sommités du monde occidental. Certains pays, comme les Etats-Unis ou la Grande Bretagne, pousseront la complicité jusqu’à établir une collaboration active entre leurs services de renseignements et ceux de la Libye. Quant à la France, elle profitera de la libération des infirmières bulgares pour signer avec Kadhafi des contrats de fournitures d’armements et de matériels technologiques dont beaucoup vont servir à réprimer la population civile, puisque le seul ennemi du Guide libyen était l’ennemi intérieur. Ces marchés étaient d’autant plus intéressants qu’ils étaient à la fois juteux (jusqu’à 60% de marge bénéficiaire !) et retors, en raison de l’inexpérience du client. Ainsi, Paris tentera de refiler à Tripoli des avions « light », plutôt que de « vrais » Rafale jugés trop sophistiqués pour les pilotes libyens. Au moment où Kadhafi plantait sa tente à l’Elysée, la France jurait par ses grands dieux qu’il s’était assagi, pratiquement blanchi, les Mirage qu’elle lui avait vendus s’étaient délabrés faute de maintenance et elle s’apprêtait à signer avec lui un contrat de 2 milliards d’euros…&lt;br /&gt;Qu’on cesse donc d’invoquer des raisons humanitaires pour justifier la descente de l’OTAN sur la Libye, alors que le contexte de crise mondiale exige la restriction des dépenses de guerre dans les pays du Nord. Pourquoi ne pas avoir entrepris cette croisade il y dix ou quinze ans, au paroxysme de la folie de Kadhafi ? Pourquoi ne pas le faire aujourd’hui contre la Syrie, le Yémen, Bahreïn, voire contre la Birmanie. Il est assez paradoxal que l’Occident aille au secours de révolutionnaires armés et ignore le cri de détresse de ceux qui manifestent à bras nus. L’émir de Bahreïn a réprimé férocement des populations civiles désarmées, avec le concours des forces saoudiennes. Le président Assad ne s’est pas contenté lui de menacer de mort ses concitoyens, il est passé à l’acte et sacrifié la vie de centaines de Syriens. Face à ces drames, le Conseil de Sécurité en est resté aux&lt;br /&gt;incantations et a cédé à la menace des parrains de ces Etats, l’Arabie Saoudite et la Russie.&lt;br /&gt;Mais il y a encore un autre scandale : c’est le ssilence, la passiveté voire la lâcheté des collègues africains de Kadhafi. Beaucoup avaient bénéficié de ses largesses, il avait payé leurs arriérés de cotisations pour leur permettre de retrouver le droit de vote à l’Union Africaine, il leur avait construit des routes et des édifices. La plupart l’avaient accueilli en se pliant à ses frasques. Il avait préféré l’Afrique à la Ligue Arabe et tous avaient reconnu son engagement pour l’unité du continent, même si la conception qu’il en avait était particulière. Ils ne l’aimaient pas, ils le méprisaient quelquefois, mais ils le ménageaient et ont attendu qu’il soit ébranlé pour lui tenir le langage de la vérité, « les yeux dans les yeux ». On ne leur demandait pourtant pas de le secourir ou de perpétuer son règne : on leur demandait seulement de ne pas livrer son pays, pieds et poings liés, au zèle et à l’appétit de puissances extérieures. On ne leur demandait pas de le sauver, mais de protéger la Libye, de trouver enfin le moyen d’imposer une « doctrine Monroe » africaine, de dire aux étrangers : « Otez vos mains de nos affaires ! » selon le mot de Tiken Jah Facoly. Ils ont, au contraire, laissé voter la résolution 1973 et, à une exception près, ils ont accepté qu’elle soit trahie, violée, instrumentalisée. L’ONU avait voté la protection des civils, l’OTAN n’avait en tête que de tuer Kadhafi, quitte à détruire toutes les infrastructures qu’il avait créées, et peut-être même tant mieux puisqu’il faudra les reconstruire ! La réalité, c’est que les forces qui ont vaincu Kadhafi ont usé des mêmes artifices, servi les mêmes mensonges, abouti presqu’aux mêmes résultats en Libye aujourd’hui qu’en Irak autrefois.&lt;br /&gt;Le mensonge ? Quelques jours après le déclenchement des émeutes, la presse occidentale comptabilisait 6 000 morts, dont la moitié à Tripoli, ce qui serait un exploit puisque l’armée israélienne, mieux outillée et sans état d’âme, n’avait fait « que » 1500 tués dans le petit chaudron de Gaza. Tripoli a été libéré sans qu’on nous montre les traces de ce massacre…&lt;br /&gt;La fin de la violence ? On voulait éviter des morts mais, à la mi-septembre, le président du CNT, évaluait à 25 000 le nombre de tués, uniquement dans son camp puisqu’il parlait de « martyrs ». Les massacres commis à Syrte et dans d’autres villes libérées, à l’encontre de pro (ou supposés tels) Kadhafistes par les centaines de katibas qui échappent au contrôle du CNT, laissent indifférents les « humanistes »occidentaux.&lt;br /&gt;La justice ? Kadhafi n’est pas mort au combat : il a été torturé, exécuté sommairement peut-être, et même sa dépouille a fait l’objet d’une cérémonie macabre et irrespectueuse de la personne humaine. On n’a pas beaucoup entendu la voix de la « patrie des droits de l’homme » et l’Afrique, première concernée, n’a pas été la première à exprimer son indignation et sa désapprobation.&lt;br /&gt;La révolution ? Kadhafi n’a pas été remplacé par des démocrates de la première heure, mais par ses anciens serviteurs, puisque le président du CNT a été pendant des années son ministre de la justice et est impliqué dans la condamnation des infirmières bulgares…&lt;br /&gt;En fin de compte, « l’opération Libye » risque bien de se révéler improductive. Par la violence de son intervention, par ses manquements au mandat qui lui avait été assigné, l’OTAN a transformé une libération populaire en opération de pacification coloniale. Par ses maladresses, le CNT a érigé un tyran en martyr et rien ne permet de dire qu’il restera uni ou qu’il respectera ses engagements. Mais pour l’OTAN et, surtout, pour l’Angleterre et la France, elle aura été un défi, un investissement et un laboratoire. Lorsqu’une dispute éclate dans l’une des cases de votre concession, il est inadmissible qu’un étranger, qui jusque là vous tenait à distance, force votre porte, administre une correction à l’une des parties et vous présente la note. En s’attribuant ce rôle de justicier, les deux pays cités ont donné la preuve que l’Afrique n’était ni forte ni unie, et qu’ils pouvaient s’y permettre ce qu’ils n’accepteraient pas chez eux. Ils espèrent en revanche un retour d’expérience, qui démontrera la qualité de leur matériel de guerre et la preuve que leurs armées peuvent exister sans une forte implication du parrain américain. Enfin, le débarquement précipité de 80 chefs d’entreprises françaises, alléchés par les chantiers de la reconstruction, dans une Libye où l’on meurt et souffre encore, n’a pas seulement choqué les membres du CNT, c’est surtout le meilleur révélateur des arrière-pensées de l’Occident. Quant à l’OTAN, la guerre de Libye, est pour elle une première : après ses balbutiements en Irak et ses déboires en Afghanistan, elle tient enfin sa première victoire militaire contre un pays du Sud.&lt;br /&gt;Pour une fois, je citerai Abdoulaye Wade : c’est au moment du partage que les voleurs se déchirent, et en Libye, la querelle sera double. La première sera interne, il s’agira de savoir qui imposera son pouvoir entre les Kadhafistes repentis, qui ont beaucoup à se faire pardonner, les opposants de toujours qui ont une dent contre l’Occident, les laïcs et les partisans d’une reconnaissance de l’héritage islamique. La deuxième querelle sera tout aussi épique et consistera à définir la clé de répartition des profits de la guerre : se fera-t-elle en référence au passé ou au prorata de l’aide fournie aux rebelles ? C’est au fond la plus décisive, et c’est le vainqueur de cette bataille qui imposera sa loi aux nouvelles autorités libyennes : ou elles seront Karzai et elles survivront, ou elles resteront Kadhafi et elles périront.&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4764660064276258348-1455953986654678666?l=fadeldia.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://fadeldia.blogspot.com/feeds/1455953986654678666/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4764660064276258348&amp;postID=1455953986654678666' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4764660064276258348/posts/default/1455953986654678666'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4764660064276258348/posts/default/1455953986654678666'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://fadeldia.blogspot.com/2011/11/kadhafi-entre-paillasson-et-edredon.html' title='KADHAFI : ENTRE PAILLASSON ET EDREDON !'/><author><name>FADEL DIA</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08423831495704844197</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4764660064276258348.post-5850731980616493874</id><published>2011-09-29T11:06:00.002Z</published><updated>2011-09-29T11:11:25.879Z</updated><title type='text'>AFFAIRE DSK-NAFISSATOU DIALLO : UNE HISTOIRE DE CULTURES...</title><content type='html'>&lt;h1&gt;&lt;!--[if gte mso 9]&gt;&lt;xml&gt; 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&lt;style&gt;  /* Style Definitions */  table.MsoNormalTable  {mso-style-name:"Tableau Normal";  mso-tstyle-rowband-size:0;  mso-tstyle-colband-size:0;  mso-style-noshow:yes;  mso-style-priority:99;  mso-style-qformat:yes;  mso-style-parent:"";  mso-padding-alt:0in 5.4pt 0in 5.4pt;  mso-para-margin:0in;  mso-para-margin-bottom:.0001pt;  mso-pagination:widow-orphan;  font-size:11.0pt;  font-family:"Calibri","sans-serif";  mso-ascii-font-family:Calibri;  mso-ascii-theme-font:minor-latin;  mso-fareast-font-family:"MS Mincho";  mso-fareast-theme-font:minor-fareast;  mso-hansi-font-family:Calibri;  mso-hansi-theme-font:minor-latin;  mso-bidi-font-family:"Times New Roman";  mso-bidi-theme-font:minor-bidi;} &lt;/style&gt; &lt;![endif]--&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:12.0pt; line-height:115%;font-family:&amp;quot;Verdana&amp;quot;,&amp;quot;sans-serif&amp;quot;"&gt;Dominique Strauss Kahn n’est ni blanchi, ni innocent : il n’a pas été jugé ! La justice n’est pas passée parce que le procureur Vance, qui accumule les revers, se soucie plus de sa carrière et de ses intérêts que du sort d’une immigrée africaine dont la voix ne peut guère peser sur sa réélection. Il l’a dit : il ne veut pas de procès parce qu’il n’était pas sûr de pouvoir convaincre le jury que ce procès s’imposait. Il a préféré éviter de se ridiculiser plutôt que de rechercher la vérité. Il a eu peur de faire juger un homme, qu’il croit coupable, de crainte qu’on le proclame innocent. En somme, il a mis sa réputation au dessus de son honneur. Mais il a, au moins, reconnu une chose : DSK avait bien eu des rapports sexuels avec la femme de chambre. Il n’avait d’ailleurs pas le choix puisqu’il y avait des preuves matérielles qui les établissent clairement et qui sont attestées par des experts qualifiés et assermentés. D’ailleurs, tout au long de « &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;l’affaire&lt;/i&gt; », ni DSK ni ses avocats n’ont nié le fait, se contentant seulement de préciser que ces rapports avaient été « &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;consentants&lt;/i&gt; », suggérant même, pour atténuer sa responsabilité, que l’ancien haut fonctionnaire n’était peut-être pas tout à fait maître de sa raison au moment de l’incident.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:12.0pt; line-height:115%;font-family:&amp;quot;Verdana&amp;quot;,&amp;quot;sans-serif&amp;quot;"&gt;Le procureur apporte une précision qui n’est pas sans intérêt : les rapports sexuels, qu’il reconnait, ont été « &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;précipités&lt;/i&gt; » : des préalables à la finition, ils n’auraient duré en tout et pour tout que 7 minutes ! On s’arrêtera donc sur cette précision pour saluer la performance de l’ancien ministre français, ancien directeur du FMI et quasiment promu président de la République française…s’il n’y avait eu cet accroc. A 12h04, Dominique Strauss-Kahn sort nu de sa salle de bain pour entrer dans la suite où se trouve la femme de ménage, à 12h 11, après avoir assouvi un besoin urgent, il téléphone à sa fille pour convenir d’un rendez-vous. Dans l’intervalle, ce haut cadre bien éduqué de 62 ans, a pu lier connaissance avec une immigrée africaine venue d’un tout autre monde, deux fois plus jeune que lui et dont le français et l’anglais sont hésitants, passer d’une banale conversation courtoise à un dialogue polisson alors que son interlocutrice, sanglée dans un uniforme peu attrayant, n’est tout de même pas une bombe sexuelle particulièrement provocante, l’enflammer par le verbe au point de l’amener à succomber à son seul charme et à jeter par-dessus les moulins sa réputation, son éducation, le danger qu’elle court, et notamment le risque de perdre sa place, puis il a pu passer à l’acte, avec la violence d’un affamé, &lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt; &lt;/span&gt;faire ses bagages et s’en aller sans se retourner, ni – &lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt; &lt;/span&gt;jusqu’a preuve du contraire – sans régler la facture de cet attentat aux mœurs les plus communes. Tout ce marathon en 7 minutes, y compris la douche, puisqu’il en sortait et n’a pas jugé décent de la refaire avant d’aller à la rencontre de sa fille! C’est qu’il était pressé le Dominique, après que la bête ait parlé, après avoir obéi à sa libido, il avait à faire des choses autrement plus importantes : déjeuner justement avec sa fille, dont l’âge est plus proche de celui de Nafissatou que du sien, rejoindre quelques heures plus tard sa brave, belle et richissime épouse. Cette aventure là n’est, à ses yeux, qu’un petit incident sans importance, même si les dégâts laissés sont considérables. En effet les traces de sa pollution remplissent le champ de bataille. On a découvert des sécrétions biologiques humaines qui lui ont été attribuées dans cinq zones à l’entrée de la suite 2806, sur l’uniforme de la femme de chambre (dont trois traces sur le col !), sur la bande élastique de ses deux collants et sur sa culotte. Sans compter des traces de sang qui sont, bizarrement, celles de DSK lui-même.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:12.0pt; line-height:115%;font-family:&amp;quot;Verdana&amp;quot;,&amp;quot;sans-serif&amp;quot;"&gt;Ce n’est pas un homme ce monsieur, c’est un bouc ! Tout ce qui est féminin le met en émoi, réveille des pulsions que son camarade de parti, Michel Rocard, qui le connait bien quand même, dit « &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;incontrôlables&lt;/i&gt; ». Les Africaines, c’est un peu sa spécialité, il en a fréquenté tous les genres. Il se raconte encore dans la police, à Dakar, l’aventure qu’il aurait eue avec une prostituée sénégalaise qui, petite futée, lui aurait piqué son portefeuille. L’affaire avait été étouffée : il était ministre de la République française et, en Afrique, la France doit être irréprochable. Il avait donc jugé plus sage de faire comme les Africains : il s’était offert un « &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;deuxième&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal"&gt;bureau&lt;/i&gt; », une petite négresse qui avait accepté de vivre à l’ombre et qui lui reste encore fidèle ! Elle a eu bien de la chance, Irène, cette furie venue des chaudes Caraïbes, elle est arrivée à New York après son départ, sinon qui sait ce qu’il en aurait fait !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:12.0pt; line-height:115%;font-family:&amp;quot;Verdana&amp;quot;,&amp;quot;sans-serif&amp;quot;"&gt;Qu’importe tout cela ! La seule question que s’est posée le procureur est celle-ci : DSK a-t-il commis un viol dans la suite 2806 ? Vance Jr ne dit pas qu’il n’y a pas eu viol, il se contente d’interpréter au bénéfice de l’accusé tous les signes qui auraient pu attester cet acte, y compris les « &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal"&gt;rougeurs&lt;/i&gt; » (les blessures ?) sur le corps de la plaignante et sa « &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;déchirure&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;musculaire&lt;/i&gt; », constatées par les experts. « Puisqu’on ne peut pas prouver qu’ils proviennent d’une agression, j’en conclus, dit-il, que ce n’est pas une agression… Et puisque je ne peux pas croire la plaignante, je ne demanderai pas au jury de le faire, ni même de prendre connaissances des accusations et des preuves ». Cyrus Vance Jr ne connait pas ce proverbe pulaar : « &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal"&gt;quand&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;il&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;n’y&lt;/i&gt; a &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal"&gt;pas&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;de&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;témoin&lt;/i&gt;, &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal"&gt;on&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;suivra&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;l’intelligence&lt;/i&gt; », ou, si on veut, la logique, et celle-ci oblige à reconnaître qu’une relation aussi précipitée, entre des êtres doués de raison, peut être difficilement considérée comme une relation « &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;consentante&lt;/i&gt; ».&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:12.0pt; line-height:115%;font-family:&amp;quot;Verdana&amp;quot;,&amp;quot;sans-serif&amp;quot;"&gt;Si DSK ne l’a pas violée, alors a-t-il « &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;séduit&lt;/i&gt; » la femme de chambre, comme il a l’habitude, nous dit-on, de séduire les bourgeoises et les intellectuelles ? Certainement pas ! Parce que séduire une femme suppose qu’on lui a laissé le choix, la possibilité de dire non, qu’on a usé d’arguments convaincants, et, dans le cas de Nafissatou Diallo, que DSK a pris le temps de se faire connaître, de la persuader et surtout de la rassurer. Mais lorsqu’on est le fonctionnaire le mieux payé de la capitale de la nation la plus riche du monde, qu’on peut se payer une suite à 3000 dollars la nuit et qu’on dit à une servante quasi apatride qui ne gagne pas cette somme au bout d’un mois de dur labeur : «C&lt;i style="mso-bidi-font-style: normal"&gt;ouche&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;toi&lt;/i&gt;-&lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;là&lt;/i&gt; ! », elle n’a pas d’autre choix que d’obtempérer. Il suffisait à DSK d’appeler la direction de l’hôtel et de formuler la plainte la plus minime contre la femme de chambre pour que celle-ci perde sa place. La situation de Nafissatou Diallo est exactement la même que celle de cette collaboratrice hongroise de DSK au FMI qui l’avait accusé d’avoir « &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;abusé&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;de&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;sa&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;position&lt;/i&gt; » pour profiter de ses charmes. « &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;J’étais&lt;/i&gt;, a-t-elle avoué, &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;perdante&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal"&gt;si&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;j’acceptais&lt;/i&gt;, &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;perdante&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal"&gt;si&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;je&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;refusais&lt;/i&gt; ! ». C’est dire que dans l’hypothèse qui lui est la plus favorable, DSK aura, pour le moins, exercé un viol moral sur la femme de chambre, à moins qu’il ne l’ait traitée comme une prostituée et payé ses services. Dans les deux cas, son comportement ressemble plus à celui d’un tortionnaire ou d’un esclavagiste qu’à celui d’un Don Juan au charme irrésistible. Du reste, s’il a la réputation d’être un homme à femmes, la plupart de ses conquêtes, à commencer par son ex collaboratrice hongroise, le décrivent comme un « &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;dragueur&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;brutal&lt;/i&gt;, &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal"&gt;lourd&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;et&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;macho&lt;/i&gt; ».&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:12.0pt; line-height:115%;font-family:&amp;quot;Verdana&amp;quot;,&amp;quot;sans-serif&amp;quot;"&gt;Le malheur de la plaignante c’est, nous dit-on, qu’elle a menti, de façon récurrente, répétée. Le procureur a du, pour en fournir la preuve, s’appuyer sur des éléments périphériques qui n’ont rien à voir avec l’incident : elle aurait, notamment, menti aux services d’immigration. Mais mon pauvre monsieur Vance, tous les Africains qui veulent émigrer, ou seulement se rendre en Europe et en Amérique mentent. La plupart des « &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;réfugiés&lt;/i&gt; » mauritaniens accueillis dans votre pays n’ont jamais foulé le sol de la Mauritanie. Des jeunes filles menacées d’expulsion en France se font écrire des lettres, en pure connivence, par leurs grand’mères restées en Afrique qui les menacent d’excision ou de mariage précoce. Nous trichons sur notre âge, comme trichent les jeunes gens pressés d’aller à la guerre, de peur que celle-ci ne s’achève sans qu’ils aient eu l’occasion de tirer leur premier coup de feu. Les relevés de banque, les réservations de billets d’avion que nous présentons dans vos consulats sont souvent faux, établis dans le seul souci d’obtenir un visa. Nous vous mentons parce que vous ne croyez pas à ce qui nous semble plus important que le papier : notre parole. Vos consulats auraient été mieux inspirés si, au lieu de nous faire remplir des formulaires, ils nous proposaient de leur donner notre parole d’honneur. Nous vous mentons pour protester contre cette injustice qui veut que notre porte vous soit toujours ouverte sans conditions ni restrictions et que la votre ne s’entrebâille que sous des conditions souvent humiliantes. Nous vous mentons, la conscience tranquille, parce qu’il s’agit d’un jeu dont vous fixez et changez les règles à votre guise et que vous ne nous laissez pas d’autre choix pour exprimer notre droit à circuler et notre aspiration à fuir la misère. Vous ne pouvez pas comprendre cela parce que vous ne savez pas la différence entre la langue de la bouche, celle qui s’exprime sur nos papiers, et celle du ventre, qui est moins loquace. Nous sommes plus choqués par d’autres mensonges, autrement plus meurtriers et restés pourtant impunis, comme celui de Bush Jr sur les armes de destruction massive, qui a fait des milliers de morts (dont des Américains) et démantelé l’Irak.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:12.0pt; line-height:115%;font-family:&amp;quot;Verdana&amp;quot;,&amp;quot;sans-serif&amp;quot;"&gt;Si les antécédents de la femme de chambre ont été passés au crible, ceux de DSK, homme public dont les faits et gestes foisonnent dans la presse, ont été ignorés par le procureur. Pourtant, nous l’avons dit, des témoignages abondent qui disent que DSK est, un « &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;dragueur&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal"&gt;de&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;manière&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;très&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;lourde&lt;/i&gt; », un amant violent, trop pressant, « &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal"&gt;qui&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;frôle&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;le&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;harcèlement&lt;/i&gt; », insatiable, qui n’épargne ni ses employées ni les amies de ses enfants. A cause de lui et de ses frasques, avouées, au FMI, le harcèlement est devenu un motif de licenciement au sein de l’institution. Au moment où il défraie la chronique, aux Etats-Unis, une autre femme, en France, l’accuse de viol… A moins qu’on ne considère que la femme est toujours responsable dans les affaires de sexe. Enfin, mensonges pour mensonges, qu’en est-il des mensonges, périphériques certes, mais qui, dans son cas ne sortent pas du sujet qui nous occupe, qu’il a entretenus avant l’incident de la suite 2806 ? Avait-il confessé à sa chère et très dévouée épouse &lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt; &lt;/span&gt;son « &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;deuxième&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal"&gt;bureau&lt;/i&gt; » africain, son aventure avec la meilleure amie de sa fille, et son comportement de hussard avec la mère de celle-ci ? Avait-il confié à ses collègues du FMI qu’au sein même de l’institution, il usait de son autorité pour entretenir des liens inavouables avec une collaboratrice mariée, qui en perdra sa place ? Le procureur Vance a fait une impasse sur le passé de DSK parce qu’en Occident tromper sa femme, se livrer à des ébats, dans son bureau, avec une collègue ou avec l’amie de sa femme est une affaire « &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;privée&lt;/i&gt; » qui ne prête pas à sanctions, alors qu’appeler « &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal"&gt;frère&lt;/i&gt; » un homme avec lequel on n’a ni le même père ni la même mère, comme nous avons l’habitude de le faire, est un crime abominable. Ce que l’avocat de DSK traduit par ces mots : « &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal"&gt;Si&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;on&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;fait&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;quelque&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;chose&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal"&gt;de&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;déplacé,&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;on&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;n’est&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;pas&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal"&gt;pour&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;autant&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;poursuivi&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal"&gt;en&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;justice&lt;/i&gt; ! »&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:12.0pt; line-height:115%;font-family:&amp;quot;Verdana&amp;quot;,&amp;quot;sans-serif&amp;quot;"&gt;Au fond « &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;l’affaire&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal"&gt;DSK&lt;/i&gt;- &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;Nafissatou&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;Diallo&lt;/i&gt; » est d’abord un débat culturel et la meilleure preuve est notre gêne à en parler et à user des mots crus qui l’encombrent. L’Africaine, la femme de chambre, qui se dit victime, est condamnée à se cacher de sa famille, parce qu’on a « &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;versé&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal"&gt;son&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;visage&lt;/i&gt; », quel qu’ait été par ailleurs son rôle dans cette histoire. Dans sa culture, faire la une des journaux, c’est en soi une indécence ! Peut-être ne rentrera-t-elle jamais dans son pays : elle dit avoir été violée, et pourtant, c’est elle qui a honte. Dominique Strauss-Kahn, le brillant Occidental, qui a reconnu ses galipettes, fait annoncer son retour en France par les médias, est accueilli par la presse, il est escorté de motards à son arrivée, les chaines de télévision se disputent ses interviews : c’est un héros, et beaucoup lui prêtent encore un destin national. Sa mairie, Sarcelles, se préparait même à le fêter, sans préciser laquelle de ses prouesses suscitait tant d’admiration. S’il nie avoir commis un crime, il reconnait ses « &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal"&gt;erreurs&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;de&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;jugement&lt;/i&gt; », son inconduite irrespectueuse vis à vis de sa femme et de l’institution qu’il dirigeait, leur a présenté ses excuses, deux fois en trois ans pour la même faute. Pourtant il est tout sourire et surtout fier comme Artaban.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:12.0pt; line-height:115%;font-family:&amp;quot;Verdana&amp;quot;,&amp;quot;sans-serif&amp;quot;"&gt;&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt; &lt;/span&gt;On l’oublie souvent : un homme se définit aussi par ses hontes.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:12.0pt; line-height:115%;font-family:&amp;quot;Verdana&amp;quot;,&amp;quot;sans-serif&amp;quot;"&gt;Si DSK avait été africain, si le directeur du FMI s’appelait Mamadou Ndiaye ou Kouakou Koffi et s’était vu accuser de viol et d’agression sexuelle dans un palace de Paris ou de Zurich par une femme de chambre portugaise, ce sont tous les Africains, voire tous les Noirs, qui seraient placés sur le banc d’infamie. Tout comme le crime d’un membre présumé d’AL QAÎDA est mis sur le dos de tous les musulmans. La « &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;faute&lt;/i&gt; » de DSK, toute vénielle selon ses amis, n’est qu’une imprudence &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;personnelle&lt;/i&gt;, elle n’est imputable ni à son parti, le PS, ni à son pays, la France, ni, évidemment, à l’Occident blanc ! Cela aussi est une leçon : seul le citoyen du Nord a le suprême privilège d’être lui-même, nous autres du Sud, ne sommes que des échantillons d’une série.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;&lt;span style="font-size:12.0pt; line-height:115%;font-family:&amp;quot;Verdana&amp;quot;,&amp;quot;sans-serif&amp;quot;"&gt;Pourtant, si quelqu’un méritait d’être fêté c’est bien Nafissatou Diallo. Par la France, parce que grâce à elle, la patrie de Charles De Gaulle a peut-être échappé au risque de voir ses secrets divulgués sous l’oreiller et de tomber dans une « &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;berlusconisation&lt;/i&gt; » désastreuse pour sa réputation. Par Anne Sinclair, parce que la guinéenne lui a permis, pendant quatre mois, d’être la seule à partager le lit de son mari.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;br /&gt;&lt;!--[if gte mso 9]&gt;&lt;xml&gt;  &lt;w:worddocument&gt;   &lt;w:view&gt;Normal&lt;/w:View&gt;   &lt;w:zoom&gt;0&lt;/w:Zoom&gt;   &lt;w:trackmoves/&gt;   &lt;w:trackformatting/&gt;   &lt;w:hyphenationzone&gt;21&lt;/w:HyphenationZone&gt;   &lt;w:punctuationkerning/&gt;   &lt;w:validateagainstschemas/&gt;   &lt;w:saveifxmlinvalid&gt;false&lt;/w:SaveIfXMLInvalid&gt;   &lt;w:ignoremixedcontent&gt;false&lt;/w:IgnoreMixedContent&gt;   &lt;w:alwaysshowplaceholdertext&gt;false&lt;/w:AlwaysShowPlaceholderText&gt;   &lt;w:donotpromoteqf/&gt;   &lt;w:lidthemeother&gt;FR&lt;/w:LidThemeOther&gt;   &lt;w:lidthemeasian&gt;JA&lt;/w:LidThemeAsian&gt;   &lt;w:lidthemecomplexscript&gt;X-NONE&lt;/w:LidThemeComplexScript&gt;   &lt;w:compatibility&gt;    &lt;w:breakwrappedtables/&gt;    &lt;w:snaptogridincell/&gt;    &lt;w:wraptextwithpunct/&gt;    &lt;w:useasianbreakrules/&gt; 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  &lt;w:lsdexception locked="false" priority="72" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Colorful List Accent 4"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="73" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Colorful Grid Accent 4"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="60" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Light Shading Accent 5"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="61" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Light List Accent 5"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="62" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Light Grid Accent 5"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="63" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium Shading 1 Accent 5"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="64" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium Shading 2 Accent 5"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="65" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium List 1 Accent 5"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="66" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium List 2 Accent 5"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="67" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium Grid 1 Accent 5"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="68" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium Grid 2 Accent 5"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="69" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium Grid 3 Accent 5"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="70" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Dark List Accent 5"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="71" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Colorful Shading Accent 5"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="72" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Colorful List Accent 5"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="73" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Colorful Grid Accent 5"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="60" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Light Shading Accent 6"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="61" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Light List Accent 6"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="62" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Light Grid Accent 6"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="63" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium Shading 1 Accent 6"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="64" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium Shading 2 Accent 6"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="65" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium List 1 Accent 6"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="66" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium List 2 Accent 6"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="67" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium Grid 1 Accent 6"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="68" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium Grid 2 Accent 6"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="69" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Medium Grid 3 Accent 6"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="70" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Dark List Accent 6"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="71" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Colorful Shading Accent 6"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="72" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Colorful List Accent 6"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="73" semihidden="false" unhidewhenused="false" name="Colorful Grid Accent 6"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="19" semihidden="false" unhidewhenused="false" qformat="true" name="Subtle Emphasis"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="21" semihidden="false" unhidewhenused="false" qformat="true" name="Intense Emphasis"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="31" semihidden="false" unhidewhenused="false" qformat="true" name="Subtle Reference"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="32" semihidden="false" unhidewhenused="false" qformat="true" name="Intense Reference"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="33" semihidden="false" unhidewhenused="false" qformat="true" name="Book Title"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="37" name="Bibliography"&gt;   &lt;w:lsdexception locked="false" priority="39" qformat="true" name="TOC Heading"&gt;  &lt;/w:LatentStyles&gt; &lt;/xml&gt;&lt;![endif]--&gt;&lt;!--[if gte mso 10]&gt; &lt;style&gt;  /* Style Definitions */  table.MsoNormalTable  {mso-style-name:"Tableau Normal";  mso-tstyle-rowband-size:0;  mso-tstyle-colband-size:0;  mso-style-noshow:yes;  mso-style-priority:99;  mso-style-qformat:yes;  mso-style-parent:"";  mso-padding-alt:0in 5.4pt 0in 5.4pt;  mso-para-margin-top:0in;  mso-para-margin-right:0in;  mso-para-margin-bottom:10.0pt; 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C’est du génie parce que la mort est un filon inépuisable, un évènement qui ne connait pas la crise, et que pour peu que le chargé des nécrologies au Palais reste à l’affut de ce qu’en &lt;i&gt;pulaar&lt;/i&gt; on appelle « l’inévitable paix », le Chef de l’Etat a de quoi s’occuper jusqu’aux prochaines élections. En l’espace de quelques semaines, il s’est donc plié à cet exercice productif, plus souvent qu’il ne l’a jamais fait jusqu’ici, plus fréquemment que Diouf en dix ans. Ces déplacements intempestifs et médiatisés ne sont pas l’expression d’une compassion à fleur de peau, ils constituent le lancement prématuré d’une campagne électorale. Le Président de la République ne se déplace pas pour rendre hommage à des personnalités publiques, à d’illustres serviteurs de l’Etat, il n’exerce pas sa mission de premier citoyen du pays, chargé donc de mettre en exergue les services rendus à la nation. La démarche est à la fois privée et sélective. Mais d’une certaine manière, les morts eux-mêmes ne sont pas la première préoccupation, ce sont les  vivants qui sont la cible de ce marketing, ceux qui reçoivent  les condoléances et dont on attend en retour qu’ils manifestent avec ostentation leur engagement à renvoyer l’ascenseur à leur illustre hôte, à la première occasion, et pourquoi pas justement aux présidentielles de 2012 ? Ils ne sont donc pas choisis au hasard : ils sont « communicateurs », porteurs de voix, alliés trahis ou abandonnés et qu’on compte reconquérir, des hommes et des femmes d’influence dont les voix, le &lt;i&gt;ndigel&lt;/i&gt; pour certains, peuvent peser sur la balance électorale. Le rituel de cette tournée des deuils, est immuable et éminemment politicien.  &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal"  style="text-align: justify; font-family: verdana;font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt; &lt;/span&gt;Il y a d’abord le cortège de motards, de limousines et de courtisans : ces visites-là, toutes privées qu’elles soient, ne se font pas dans la discrétion, la nuit ou en catimini, il faut au contraire montrer que c’est la République qui se déplace dans toute sa munificence. On attend évidemment des hôtes qu’ils ameutent le ban et l’arrière ban de leurs relations pour que la manifestation ne passe pas inaperçue.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: verdana;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal"  style="text-align: justify; font-family: verdana;font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Il y aussi ce qu’on appelle pudiquement au Sénégal les « enveloppes » qui sont loin d’être destinées à recevoir des timbres et qu’on enfonce précieusement dans la poche pour en vérifier le contenu à l’abri des regards. Sans garantie que le montant reçu soit le montant annoncé : depuis l’affaire Segura, on sait que les remplisseurs d’enveloppes du Palais n’ont pas la rigueur d’une caissière de la &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;City Bank&lt;/i&gt;. C’est en somme au petit bonheur (la chance)…&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: verdana;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal"  style="text-align: justify; font-family: verdana;font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt; &lt;/span&gt;Il y a enfin les discours, écrits ou pour le moins inspirés par le donateur, qui transforment vite le deuil en « &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;xawaare&lt;/i&gt; ». Mais au diable la tristesse : c’est à l’aune des éloges que l’on fait à l’illustre hôte que sera calculée la récompense, et les médias d’Etat, caisse de résonnance du pouvoir, porteront leurs mots dans tous les foyers. L’expérience a montré qu’un éloge bien envoyé peut valoir à son auteur un poste ministériel ! On peut donc dire, en reprenant les termes d’une publicité bien connue, que les logorrhées qui accompagnent ces cérémonies ne coûtent pas cher, sinon l’honneur, qui n’est plus dans notre pays qu’une denrée bien démonétisée, et qu’elles peuvent rapporter gros.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: verdana;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal"  style="text-align: justify; font-family: verdana;font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Hélas, il n’y a pas que le M23 qui complote contre le pouvoir : en déversant ses vannes sur Dakar, le Ciel lui-même a saboté ce qui devait être la mère de ces « condoléances-movies » et rassembler, nous avait-on promis, un million de personnes, ou mieux encore, un million de voix.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: verdana;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal"  style="text-align: justify; font-family: verdana;font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Mais les condoléances ne sont, peut-être, qu’une étape. Si d’aventure ces escapades mortifères s’avéraient insuffisantes pour combler le gap de voix qui s’élargit tous les jours avec la défection des souteneurs et des alliés, peut-être que les stratèges du Palais en viendront un jour à élargir l’assiette des visites présidentielles : le Chef de l’Etat pourrait ainsi se rendre aux baptêmes et aux mariages, avec cet avantage que nul ne serait tenu d’afficher une mine éplorée et qu’on peut convoquer le &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;sabar&lt;/i&gt; sans mauvaise conscience. D’ores et déjà, il multiplie les cibles en conviant à son bureau des personnalités issues de tous les milieux et de tous les bords. Dans les six mois qui nous séparent des élections, il ne serait pas étonnant que le Palais soit si encombré de visiteurs alléchés que cela nécessite la mise en place d’une brigade spéciale de gendarmerie. Le président ne vient-il pas de couvrir de présents un lutteur, non pas un champion blanchi sous le harnais et qui se prépare à une retraite désargentée, mais un jeune espoir qui a la vie devant lui et dont il a brisé les ailes en compromettant sa réputation. L’intéressé a du reste compris sa bourde en revenant sur ses premières déclarations. Sur la même lancée, le Président a accueilli à sa table royale deux cents imams, dont aucun n’est dans le besoin, et dont chacun serait ressorti du Palais les poches lestées de 250 000 F minimum selon la presse. A titre de comparaison, le coût global de cette agape représenterait trois mois de fonctionnement de l’hôpital de Ziguinchor dont le budget n’a pas augmenté depuis dix ans. Le film de ce festin, au soir d’une journée censée être un moment de privation et de sacrifice, diffusé en même temps que les images montrant le désarroi, la grande détresse, des milliers de sinistrés des banlieues et des régions, est d’une cruelle indécence.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: verdana;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal"  style="text-align: justify; font-family: verdana;font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Il y a au moins un record que notre pays n’est pas prêt de perdre : c’est celui du montant qu’un Président élu démocratiquement peut consacrer à des libéralités dont aucune ne répond à une urgence…&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: verdana;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal"  style="text-align: justify; font-family: verdana;font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Et pourtant, on a bien tort de faire porter la responsabilité de ces dérives au seul Chef de l’Etat. Le vrai problème, c’est qu’aujourd’hui, au Sénégal, on ne se bat plus pour la justice, on se bat pour des privilèges, et que Wade est convaincu que tous les Sénégalais sont à vendre. C’est le propre des fins de règne : il faut prendre sa part avant le déluge, s’octroyer une assurance tous risques contre des changements que l’on sait inéluctables. Le Chef de l’Etat n’a plus les moyens de dire non et tous ceux qui, bousculant toute hiérarchie, se précipitent dans son bureau ou dans sa salle des banquets, jouent sur cette corde. La gangrène a gagné tous les corps de métiers et tous les pans de la société, y compris les plus improbables. Lorsqu’une congrégation qui a l’ambition de constituer un 4e pouvoir et qui, dans sa majorité, ne ménage guère le chef de l’exécutif, soutire néanmoins à celui-ci des dérogations qu’il ne peut accorder à d’autres corps de métiers, elle participe à installer l’injustice et à décrédibiliser l’effort et la rigueur. Pire, peut-être, elle devient redevable de celui dont elle est censée contrôler l’action et n’a plus que le choix entre l’ingratitude et une indulgence coupable.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: verdana;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal"  style="text-align: justify; font-family: verdana;font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;C’est pour cela que l’enjeu des élections présidentielles de février 2012 ne doit pas se réduire à remplacer un homme par un autre, quelles que soient les qualités de ce dernier. Elles doivent ouvrir la voie à un réarmement moral des gouvernants comme des citoyens de ce pays. C’est pour cela que nous rêvons d’une &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;Société pour la Propreté du Sénégal,&lt;/i&gt; non pour ramasser des ordures, mais qui aurait l’ambition de nous débarrasser de toutes les pollutions qui rendent irrespirable l’atmosphère politique et sociale du Sénégal…et de la mauvaise conscience innocente qui menace de nous étouffer.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4764660064276258348-121326715283622829?l=fadeldia.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://fadeldia.blogspot.com/feeds/121326715283622829/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4764660064276258348&amp;postID=121326715283622829' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4764660064276258348/posts/default/121326715283622829'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4764660064276258348/posts/default/121326715283622829'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://fadeldia.blogspot.com/2011/09/de-lusage-electoraliste-des.html' title='DE L&apos;USAGE ELECTORALISTE DES CONDOLEANCES...'/><author><name>FADEL DIA</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08423831495704844197</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4764660064276258348.post-4081222175157467288</id><published>2011-08-15T11:34:00.006Z</published><updated>2011-08-15T12:33:08.102Z</updated><title type='text'>L’Afrique face à ceux qui veulent « avoir raison par extermination de l’adversaire »</title><content type='html'>           &lt;style&gt; &lt;!--  /* Font Definitions */ @font-face 	{font-family:Verdana; 	panose-1:2 11 6 4 3 5 4 4 2 4; 	mso-font-charset:0; 	mso-generic-font-family:auto; 	mso-font-pitch:variable; 	mso-font-signature:3 0 0 0 1 0;} @font-face 	{font-family:Calibri; 	panose-1:2 15 5 2 2 2 4 3 2 4; 	mso-font-charset:0; 	mso-generic-font-family:auto; 	mso-font-pitch:variable; 	mso-font-signature:3 0 0 0 1 0;} @font-face 	{font-family:Cambria; 	panose-1:2 4 5 3 5 4 6 3 2 4; 	mso-font-charset:0; 	mso-generic-font-family:auto; 	mso-font-pitch:variable; 	mso-font-signature:3 0 0 0 1 0;} @font-face 	{font-family:"Lucida Grande"; 	mso-font-charset:0; 	mso-generic-font-family:auto; 	mso-font-pitch:variable; 	mso-font-signature:3 0 0 0 1 0;}  /* Style Definitions */ p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal 	{mso-style-parent:""; 	margin-top:0cm; 	margin-right:0cm; 	margin-bottom:10.0pt; 	margin-left:0cm; 	line-height:115%; 	mso-pagination:widow-orphan; 	font-size:11.0pt; 	font-family:"Times New Roman"; 	mso-ascii-font-family:Calibri; 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font-family: times new roman;font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;NB Le texte qui suit est une communication qui a été présentée lors d'un symposium organisé à Saint-Louis par la maison d'édition "&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Le Nègre International&lt;/span&gt;" (juin 2011). &lt;span style="line-height:115%; font-family:Calibri;mso-fareast-font-family:Calibri;mso-bidi-Times New Roman&amp;quot;; mso-ansi-language:FR;mso-fareast-language:EN-US" lang="FR"&gt;La  citation dans le titre et celles entre guillemets tout au long du texte sont empruntées à Paul Valéry (&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Œuvres I&lt;/span&gt;, La Pléiade).&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;style&gt; &lt;!--  /* Font Definitions */ @font-face 	{font-family:Calibri; 	panose-1:2 15 5 2 2 2 4 3 2 4; 	mso-font-charset:0; 	mso-generic-font-family:auto; 	mso-font-pitch:variable; 	mso-font-signature:3 0 0 0 1 0;}  /* Style Definitions */ p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal 	{mso-style-parent:""; 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&lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;internationale&lt;/i&gt;, une Afrique dont la voix n’est ni audible ni écoutée. Libye, Côte d’Ivoire, entre autres, ce sont autant de signes que notre continent n’est sorti de la dépendance coloniale que pour tomber dans une autre, encore plus traumatisante, celle de la pensée unique et du politiquement correct imposés par l’Occident. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal"  style=" text-align: justify;font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style=" line-height: 115%;" lang="FR"&gt;Je me contenterai de rappeler quelques faits significatifs.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal"  style=" text-align: justify;font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style=" line-height: 115%;" lang="FR"&gt;À Benghazi, des populations exaspérées par un régime autocratique et liberticide, se sont révoltées et ont exigé le départ de celui qui, depuis des décennies, les soumet à sa volonté… Au même moment, et pour les mêmes raisons, à Manama, d’autres populations ont exprimé les mêmes revendications à l’encontre d’une autre dictature toute aussi ancienne, avec cette différence qu’elles ont marché les mains nues, alors qu’à Benghazi, les rebelles s’emparaient des armes et pillaient les dépôts de munitions. Face à ces deux revendications justifiées, la &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;communauté&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal"&gt;internationale&lt;/i&gt; a-t-elle tenu le même langage et exprimé les mêmes exigences ? Que non ! A Benghazi, elle a soutenu les rebelles, leur a apporté son soutien financier, mis ses moyens militaires à leur disposition, constitué une coalition de justiciers et exigé le départ du dictateur, n’hésitant même pas à éliminer physiquement des membres de sa famille, y compris des enfants, elle qui, ailleurs, pourfend les punitions collectives et les massacres de populations civiles. A Manama, elle a, tout au contraire, porté secours au dictateur, conforté son armée pour mieux écraser les manifestants, y compris dans le sang. L’Afrique n’a pas relevé ce deux poids deux mesures, ni exigé des comptes à ceux qui se sont érigés en gendarmes du monde. Il a fallu la voix de l’évêque de Tripoli pour déplorer qu’en Libye, l’OTAN fasse ce qu’elle reproche à Kadhafi, tuer des innocents, et l’Alliance atlantique, acculée, a fini par reconnaître qu’elle y a commis des &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;bavures&lt;/i&gt;, ce qui est le nom qu’on donne aux crimes &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;de&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;guerre&lt;/i&gt; lorsqu’ils sont le fait des grandes puissances !&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal"  style=" text-align: justify;font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style=" line-height: 115%;" lang="FR"&gt;Autre région, autre paradoxe. En Côte d’Ivoire, pendant quatre mois, deux hommes ont pris leur peuple en otage, se sont battus à coups de diatribes puis à coups de canon et défendu des positions diamétralement opposées. Pendant ces quatre mois, c’est un fonctionnaire des Nations-Unies résidant à Abidjan, relevant lui-même d’un autre haut fonctionnaire onusien basé à Dakar, qui, seul, a exercé des fonctions comparables à celles qui avaient été confiées au Général Mac Arthur au Japon au lendemain de la deuxième guerre mondiale, comptant les coups, assumant à la fois&lt;span style="mso-spacerun: yes"&gt;  &lt;/span&gt;le rôle d’arbitre et de procureur, décidant qui il fallait aider, qui il fallait sanctionner...L’Afrique n’a pas relevé cet excès de pouvoir ni tenté d’imposer sa voix dans un débat qui la concernait en premier lieu. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal"  style=" text-align: justify;font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style=" line-height: 115%;" lang="FR"&gt;Loin de moi l’idée de défendre les deux forcenés, les deux illuminés que sont Kadhafi et Gbagbo. Ce que je regrette c’est que, dans les deux cas, l’Afrique soit restée désespérément inaudible et muette. Ce que je déplore c’est ce manque de logique et cette usurpation de pouvoir de la part de pays si prompts à nous faire la leçon. Ce que j’observe, c’est que, dans ces deux cas, « &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;l’important (&lt;/i&gt;n’est&lt;i style="mso-bidi-font-style: normal"&gt; plus) à&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;notre&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;discrétion&lt;/i&gt; », alors que c’est notre propre existence qui est en jeu.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal"  style=" text-align: justify;font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style=" line-height: 115%;" lang="FR"&gt;J’observe que nous vivons un évènement historique qui consacre la fin des blocs et l’avènement d’une union sacro-sainte des privilégiés : une minorité d’hommes et d’États, puissants économiquement mais qui ne représentent qu’une très faible portion de l’Humanité, ont reconquis et monopolisent le privilège d’être les seuls gardiens de la légalité et de la morale. Parmi ces pays vertueux, on peut compter celui qui a mené contre l’Irak une guerre illégale condamnée par le monde entier, qui porte sur la conscience les bombes au napalm sur le Viêt-Nam, les humiliations d’Abu Graïa et de Guantanamo, qui a délocalisé les tortures qu’il infligeait à ses prisonniers... Jamais, depuis longtemps, la politique extérieure et le sort de l’Humanité n’ont été comme aujourd’hui le jeu de cette minorité qui, en réalité, n’agit qu’en fonction de ses propres intérêts et de ses ambitions. Elle a la devise de General Motors : ce qui est bon pour elle est bon pour le monde, sa vérité est la vérité universelle. Le vote de la Résolution 1973 du Conseil de Sécurité autorisant l’usage de la force contre Kadhafi illustre parfaitement cette situation. Les deux pays les plus peuplés d’Asie, donc du monde (Chine et Inde), les deux pays les plus peuplés d’Europe (Russie et Allemagne), le pays le plus peuplé d’Amérique Latine (le Brésil), cinq nations qui représentent plus de la moitié de l’Humanité, ne l’ont pas votée, la quasi-totalité des États africains ne l’approuvent pas, et pourtant les médias du monde entier, y compris les nôtres, ont écrit ou publié, sans restrictions ni nuances, qu’elle était l’émanation de toute la &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;communauté&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;internationale.&lt;/i&gt; Le Nord ne nous impose pas seulement ses idées, il nous impose aussi ses mots pour les dire. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal"  style=" text-align: justify;font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style=" line-height: 115%;" lang="FR"&gt;Les pays du Sud et l’Afrique en particulier assistent ainsi, impuissants et parfois complaisants, à l’abandon progressif de leur personnalité, de leur spécificité, de leur autorité, pour épouser celles du Nord. Nous, peuples du Sud, sommes tous sous la tentation de basculer dans la culture, les lois, les exigences des nations dominantes sans opposer aucune résistance et quelquefois, c’est nous-mêmes qui allons au devant de leurs désirs. L’Union Africaine n’a rien fait pour faire prévaloir sa propre interprétation des évènements qui ont secoué la Libye et certains chefs d’États, dont le président Wade, se sont alignés sur les positions de leurs collègues du Nord, comme pour les légitimer. L’Afrique avait été snobée par la réunion convoquée à Paris à l’initiative de la France pour lancer une &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;croisade&lt;/i&gt; contre Kadhafi, alors qu’elle tenait au même moment un sommet à Nouakchott pour tenter une solution plus politique que militaire. Aucune indignation n’est venue d’Addis-Abeba pour protester contre cette capture de la crise libyenne, ou contre l’interprétation abusive des décisions arrêtées par le Conseil de Sécurité. Aucun des organismes régionaux concernés par ces crises (UMA, CEDEAO) ne s’est impliqué pour limiter l’emprise de la France ou de l’ONU en Côte d’Ivoire et en Libye, autrement que par de vaines palabres, alors que, pour ce qui concerne la crise ivoirienne notamment, la suite des évènements allait révéler qu’il suffisait d’une demi-douzaine d’hélicoptères pour en venir à bout. Comment dès lors s’étonner que Hillary Clinton tienne à Addis-Abeba même un discours qui rappelle celui que la France tenait dans ce qu’elle appelait les &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;pays&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;du&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;champ&lt;/i&gt;, insultant pour notre dignité et lourd de menaces.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal"  style=" text-align: justify;font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style=" line-height: 115%;" lang="FR"&gt;L’Occident continue donc à décider de notre sort à coups de résolutions et quelquefois par la force militaire, alors même qu’il sait par expérience que la guerre n’a jamais été le meilleur moyen pour résoudre une crise. Il se donne par ailleurs le beau rôle et tente de nous faire croire que cet activisme n’est inspiré que par des considérations d’ordre éthique et humanitaire, et tout particulièrement par le souci de sauver des vies humaines. Pourtant au moment même où Kadhafi menaçait de mort ses concitoyens (accusation démentie par des experts indépendants), des bombes israéliennes s’abattaient sur des civils palestiniens innocents et aucune voix ne s’est élevée au Nord pour préconiser l’établissement d’une &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;no&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;fly&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;zone&lt;/i&gt; au dessus de Gaza. Pourtant si le guide libyen s’était contenté de proférer des menaces, le président syrien, lui, est passé aux actes en massacrant les manifestants, et continue à bénéficier de l’indulgence de l’Occident : le tort de l’Afrique serait-il de ne pas s’être donné un parrain, comme la Syrie, la Corée du Nord ou Israël ? C’est au nom de la même logique et des mêmes partis pris qu’on veut juger Habré sans inquiéter Deby, qu’on avait emprisonné Bemba en laissant Patassé libre, que le procureur de la Cour Pénale Internationale se lance au trousses de Gbagbo, mais ignore les responsabilités de Bush dans les tortures à Guantanamo ou en Irak ! Cette incohérence n’a qu’une explication : ce ne sont pas les principes, mais les intérêts qui gouvernent l’interventionnisme occidental. La France qui s’est érigée en leader de la coalition anti Kadhafi, alors que la Libye n’a jamais appartenu à sa zone d’influence, avait eu moins de pudeur, dans les années 70, lorsqu’elle armait ce pays au-delà de ses besoins, et il y a deux ans encore, elle manifestait moins de scrupules lorsque Sarkozy accueillait son chef en grandes pompes, malgré les réticences de sa ministre chargée de droits de l’homme, tentait de lui refiler des avions qui ne trouvaient aucun preneur et n’hésitait pas à proposer des centrales nucléaires à l’imprévisible guide libyen. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal"  style=" text-align: justify;font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style=" line-height: 115%;" lang="FR"&gt;Les évènements survenus en Côte d’Ivoire, en Tunisie et en Libye devraient donc servir à tordre le cou à un certain nombre d’idées reçues et de vérités jamais démontrées que nous recevons comme paroles d’évangile et répétons à qui mieux-mieux. Tous ces pays qui se disputent le privilège d’être les patries des droits de l’homme et citaient en exemple la révolte populaire en Tunisie, s’accorderont à refuser aux immigrés tunisiens des droits aussi élémentaires que celui de la libre circulation ou celui d’aller à la recherche de travail. Il a suffi du débarquement de 20.000 d’entre eux pour mettre en émoi 500 millions d’Européens face à ce qu’ils ont qualifié d’exode &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal"&gt;biblique &lt;/i&gt;! L’Occident nous leurre en se réclamant d’un &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;droit&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal"&gt;d’ingérence&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;humanitaire&lt;/i&gt;, dont il est le seul usager, qui se passe de l’aval du pays bénéficiaire et ne figure dans aucune convention internationale. Ce prétendu droit n’est souvent qu’une déclaration de guerre déguisée, dirigée exclusivement contre les faibles. Sinon comment expliquer qu’il profite au peuple libyen et non à ceux de Gaza ou de la Tchétchénie ? Comme le souligne un observateur averti, les seuls droits qui ont fait l’objet de débats ou figurent dans des protocoles et qu’on invoque pourtant rarement sont d’une part le &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal"&gt;droit&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;d’assistance&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;humaine&lt;/i&gt;, qui implique l’accord du pays concerné, et d’autre part la responsabilité &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;protégée&lt;/i&gt;, notion généreuse inventée par le Canada, qui est un principe et non une obligation et qui dépasse la simple intervention puisqu’elle inclut la prévention et la réparation. La réalité donc, c’est que la plupart des interventions militaires opérées en Afrique par les pays du Nord sont prioritairement destinées à protéger leurs intérêts et cela est valable pour la Côte d’Ivoire comme pour la Libye. Le zèle que manifeste la France dans la croisade contre Kadhafi ne s’explique-t-il pas par l’espoir que les frappes de ses avions feront la publicité des &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;Rafale&lt;/i&gt; de Dassault grâce à un très opportuniste retour &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal"&gt;d’expérience&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;au&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;combat&lt;/i&gt; ? Les résolutions de l’ONU viennent opportunément couvrir ces forfaits et les actions menées actuellement en Libye, tout le monde le reconnait aujourd’hui, n’ont rien à voir avec le contenu de la Résolution 1973.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal"  style=" text-align: justify;font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style=" line-height: 115%;" lang="FR"&gt;La vérité, c’est que l’Afrique, malgré son milliard d’habitants, a perdu « &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;la&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;force&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;d’être&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal"&gt;libre&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;et&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;la&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;volonté&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;d’être&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal"&gt;égale&lt;/i&gt; » avec ses partenaires du Nord, comme elle en avait pris l’engagement il y a quelques décennies. Nous sommes au paroxysme de l’occidentalo-centrisme, à l’ère où une poignée de pays qui se sont autoproclamés &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;communauté&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;internationale&lt;/i&gt;, manipulent le monde en se servant d’une force obscure et insidieuse qui constitue une véritable police de l’esprit, se moquent de la raison et de la logique dont ils revendiquent la paternité. Par notre silence, notre inaction nous donnons raison à ceux qui, comme V.S. Naipaul, affirmaient que nous sommes les premiers responsables de notre sort et qu’en quelque sorte nous nous &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;autodétruisons&lt;/i&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal"  style=" text-align: justify;font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style=" line-height: 115%;" lang="FR"&gt;Voila pourquoi nous devons, comme nous y appelle Stéphane Hessel, proclamer que la première urgence pour nous, ressortissants des pays opprimés, est le respect de notre dignité. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal"  style=" text-align: justify;font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style=" line-height: 115%;" lang="FR"&gt;Je m’indigne donc que nous lâchions trop vite et trop souvent nos repères et notre héritage au profit des signes mouvants que le Nord nous tend et dont la brillance nous fascine.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal"  style=" text-align: justify;font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style=" line-height: 115%;" lang="FR"&gt;Je m’indigne des « &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;convictions&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;naïvement&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal"&gt;et&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;secrètement&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;meurtrières&lt;/i&gt; »&lt;span style="mso-spacerun: yes"&gt;  &lt;/span&gt;de l’Occident américano-européen qui ne croit qu’à ses propres vérités, s’approprie des valeurs souvent universelles, croit avoir raison en étouffant les voix des autres, dicte ses lois au monde et exerce son propre pouvoir de discernement qui échappe à tous les contrôles.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal"  style=" text-align: justify;font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style=" line-height: 115%;" lang="FR"&gt;Je m’indigne, par exemple, lorsque les pays du Nord posent comme conditions pour nous accepter, nous traiter en hôtes, amis, frères ou concitoyens, que nous sacrifions au préalable nos cultures d’origine, notre foi, et jusqu’à nos noms et nos façons de nous vêtir. Certes le phénomène n’est pas nouveau, c’était même un des fondements des rapports entre colonisés et colonisateurs, mais je pensais qu’il relevait d’un autre temps, celui de l’injustice et du mépris culturel, et que le temps que nous vivons reconnaissait le droit à la différence. Il ne s’agit pas d’imposer aux autochtones les lois ou les croyances des immigrés, il s’agit simplement de donner à ceux-ci un peu plus de temps, car l’assimilation doit être un processus et non un préalable En France, observe Alain Touraine,&lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt; « la distance ne cesse de s’accroitre entre « vivons ensemble » et « vivons avec nos différences », (alors) qu’on doit, et on peut, combiner les deux, c’est-à-dire renouveler la figure moderne de la démocratie… Il faut seulement à&lt;/i&gt; la &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;fois&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;reconnaitre&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal"&gt;le&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;pluralisme&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;et&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;maintenir&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;des&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal"&gt;règles&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;de&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;droit&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal"&gt;universalistes&lt;/i&gt; ». L’identité est au-delà de la nationalité, et un jour ou l’autre, les enfants ou les petits enfants de tous ceux qui auront préféré renier leurs racines éprouveront comme un manque ou se sentiront mutilés.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal"  style=" text-align: justify;font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style=" line-height: 115%;" lang="FR"&gt;Je m’indigne lorsqu’une femme, un homme, renient celui ou celle qu’ils appelaient ami, amie, leur refusent, à eux ou à leur famille toute hospitalité, font saisir leurs biens, les vilipendent à toutes les occasions, sans que cet ami ou cette amie aient eu un geste, un comportement différents de ceux qu’ils avaient auparavant, lorsqu’ils étaient l’objet de toutes les sollicitudes, au seul motif qu’en cessant d’être puissants, ils sont devenus des parias ! C’est pourtant ce que le monde occidental dans son ensemble, la France, le Royaume Uni et les Etats-Unis en particulier, ont fait à l’endroit de Ben Ali, de Moubarak, et, avant eux, de Mobutu ou du Chah d’Iran. Toutes ces personnalités étaient certes peu recommandables, mais elles ne le sont pas devenues du jour au lendemain, elles ont bâti leur exécrable réputation au fil de longues années, et ceux qui les ont reniés brutalement étaient les mieux placés pour le savoir parce qu’ils ont été souvent leurs protecteurs, leurs complices, voire leurs receleurs. Voila comment se construisent les amitiés compromettantes, celles contre lesquelles le sage peulh nous avait mis en garde : elles sont, disait-il, comme un doigt gangrené, si vous le coupez tout de suite, cela peut faire mal, mais vous en êtes débarrassé, si vous le laissez pourrir sa puanteur vous tuera ! Mais, en Occident, lorsqu’il s’agit du Sud, on confond toujours l’État et le peuple : Ben Ali n’était que le symbole du premier, et c’est pour exiger sa prééminence et l’espace de liberté qu’il lui refusait avec la complicité de ses protecteurs, que le peuple tunisien a mis fin à sa dictature.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal"  style=" text-align: justify;font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style=" line-height: 115%;" lang="FR"&gt;Je suis indigné et puisqu’on en est là, autant vider la boite de Pandore, épancher toute ma frustration contre tous ceux qui veulent « &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal"&gt;avoir&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;raison&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;par&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;extermination&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;de&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal"&gt;l’adversaire&lt;/i&gt; ».&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal"  style=" text-align: justify;font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style=" line-height: 115%;" lang="FR"&gt;Je m’indigne lorsque tous ces gestionnaires de notre conscience font porter la faute d’un homme ou d’un groupe d’hommes à l’ensemble de la collectivité à laquelle ils appartiennent, à leurs famille, communauté ou peuple, alors même qu’aucune preuve ne justifie cette complicité supposée, et que quelquefois même les famille, collectivité ou peuple stipendiés avaient exprimé leurs réserves ou leur rejet des prises de position et des actes des parents qu’on leur prête. C’est ce que fait tous les jours la &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;communauté&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;internationale&lt;/i&gt; lorsque, par exemple, chaque crime commis par des terroristes pour lesquels elle a inventé le néologisme &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;d’islamistes&lt;/i&gt;, conduit à une stigmatisation de l’ensemble du monde musulman. Elle fait semblant d’ignorer que l’Islam, comme toutes les religions, est traversé d’antagonismes, et préfère ranger dans le même panier des organisations très diverses, dans le fond comme dans la forme. Elle refuse de reconnaitre que les groupuscules qui recourent à la violence et qu’elle désigne sous le vocable de &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;fondamentalistes, &lt;/i&gt;ne revendiquent que quelques milliers, quelques dizaines de milliers tout au plus, de personnes, alors qu’il y a près d’un milliard de musulmans dans le monde, que tous les mouvements dits &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;islamistes&lt;/i&gt; ne sont pas&lt;span style="mso-spacerun: yes"&gt;  &lt;/span&gt;violents, et que certains reconnaissent la nécessité d’une gestion démocratique du pouvoir (&lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;Frères Musulmans&lt;/i&gt; en Egypte, Ennada en Tunisie, AKP en Turquie dont le nom officiel est « Parti pour la Justice et le Développement », mais que les Occidentaux s’obstinent à appeler &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;islamique). &lt;/i&gt;Elle ne tient pas compte de ce fait historique que depuis trente ans, les terres d’Islam sont le siège de presque toutes les guerres qui se font dans le monde, et ne se pose pas la question de savoir si l’usage de la force étrangère dans ces pays n’a pas créé des frustrations dont certaines s’expriment par des violences qui sont plus politiques que religieuses. Elle oublie qu’en 2011, l’Islam a 1432 ans et que quand le Christianisme avait un âge comparable, les papes s’appelaient Borgia et n’étaient pas des modèles de vertu, et que l’Inquisition, tribunal catholique d’exception, pendait ou brûlait les &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal"&gt;hérétiques&lt;/i&gt; par milliers. Elle refuse d’accepter que les musulmans partagent certes les cinq piliers fondamentaux, mais appartiennent à des rites, des écoles juridiques parfois très différents et pas forcément solidaires, que l’Islam d’aujourd’hui n’est pas celui d’il y a un siècle, et que c’est insulter l’avenir que d’ignorer ce principe selon lequel ce qui dure, c’est ce qui peut changer. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal"  style=" text-align: justify;font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style=" line-height: 115%;" lang="FR"&gt;Mais la confusion la plus subtile est d’ordre sémantique et révèle que l’européocentrisme est aussi une question de langage. L’Islam ne connait pas la notion d’orthodoxie mais seulement celle de majorité et paradoxalement, dans la terminologie occidentale, le néologisme &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;islamiste&lt;/i&gt;, désigne non pas la majorité des musulmans, c’est-à-dire ceux qui sont respectueux des préceptes de l’Islam, mais ceux qui les violent par l’usage d’une violence aveugle dont les victimes sont d’autres musulmans, puisque depuis dix ans, sur les 136 attentats qui leur sont attribués à travers le monde, 124 ont eu lieu en terres d’Islam. A ma connaissance il n’y a ni de &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;christianistes&lt;/i&gt; ni de &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;juifistes ou israélistes,&lt;/i&gt; alors qu’il existe des combattants armés ou des organisations terroristes qui fondent leurs revendications sur le Christianisme ou sur la religion juive. L’Occident est la seule à considérer les terroristes d’Afghanistan ou d’ailleurs comme les symboles de l’Islam, alors qu’aucune autorité politique ou religieuse musulmane reconnue n’a exprimé un soutien aux mouvements dits &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal"&gt;islamistes&lt;/i&gt; ou reconnu la légitimité de leur combat. Ni La Mecque ni Médine ni Al Azar, ni aucune confrérie d’Afrique Noire, ne se sont senties parties prenantes de leurs actes ou de leurs revendications. Cette position n’est pas de circonstance : l’Umma, qui cultive la solidarité et la protection mutuelle entre musulmans, ne peut que stigmatiser des mouvements dont, nous l’avons vu, les principales victimes sont les musulmans, alors que l’Islam condamne sans ambigüité tous les actes humains qui ne font que du mal, et proclame que tuer un innocent, c’est assassiner l’Humanité. Quand on sait par ailleurs que c’est l’unanimité, la généralité ou, pour le moins, l’opinion de la majorité de la Communauté, qui fait loi en Islam, on ne peut que s’étonner que ce soit une petite minorité désavouée par plus de 99% des fidèles qui se voit attribuer l’appartenance musulmane et monopolise l’appellation &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;islamiste&lt;/i&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal"  style=" text-align: justify;font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style=" line-height: 115%;" lang="FR"&gt;Le terrorisme, a dit un sage, c’est de vouloir imposer une connerie par la violence. Il serait donc plus juste, et surtout plus productif, si les insensés qui de par le monde, en Afghanistan ou en Irak notamment, sèment la mort et la désolation au sein de populations innocentes et dans leurs propres familles, étaient simplement désignés sous le vocable de &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal"&gt;cons&lt;/i&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal"  style=" text-align: justify;font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style=" line-height: 115%;" lang="FR"&gt;Je m’indigne lorsqu’un grand pays use de sa force, et non de la vérité ou de la justice, pour s’opposer tout seul, à la volonté des deux cents autres nations qui composent l’ONU, et qu’il refuse la condamnation des actes de violence ou le viol des lois internationales commis par lui ou par le pays qu’il prend sous son aile protectrice. C’est ce que font tous les jours les Etats-Unis et Israël, le premier en usant de son droit de veto, le second en défiant le reste du monde.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal"  style=" text-align: justify;font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style=" line-height: 115%;" lang="FR"&gt;Je m’indigne lorsqu’une nation qui revendique le titre de garant des libertés universelles, et aurait donc du donner l’exemple, refuse sa participation ou son agrément à des pactes ou des organismes voulus par le reste du monde, mais cherche néanmoins à imposer sa volonté dans le fonctionnement de ceux-ci. Les Etats-Unis boycottent les organisations les plus avancées en matière de défense des droits de l’homme, de l’environnement, du désarmement, mais s’acharnent à vouloir fixer les contours de leurs délibérations.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal"  style=" text-align: justify;font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style=" line-height: 115%;" lang="FR"&gt;Je m’indigne lorsque la communauté occidentale juge que le Sud Soudan a droit à l’indépendance, au prétexte qu’il est à majorité chrétienne contrairement au Nord&lt;span style="mso-spacerun: yes"&gt;  &lt;/span&gt;musulman, mais n’élève pas la voix en revanche lorsque la Fédération de Russie se donne le droit de refuser l’indépendance à&lt;span style="mso-spacerun: yes"&gt;  &lt;/span&gt;la Tchétchénie ou au Daguestan, qui ne sont ni slaves ni orthodoxes, et n’avaient été intégrés à l’URSS que par la force des armes.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal"  style=" text-align: justify;font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style=" line-height: 115%;" lang="FR"&gt;Je m’indigne lorsqu’on trouve tout naturel que le Front National, ouvertement raciste et xénophobe, soit reconnu en France comme un interlocuteur politique acceptable, siégeant dans les assemblées représentatives et dans les débats publics, et qu’on veuille imposer à l’Egypte ou à la Tunisie de bannir de la scène politique et médiatique des partis dits &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal"&gt;islamiques&lt;/i&gt; qui ne sont ni racistes ni xénophobes ni terroristes.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal"  style=" text-align: justify;font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style=" line-height: 115%;" lang="FR"&gt;Je m’indigne lorsque Nicolas Sarkozy cherche à nous convaincre que pour parler de liberté et de démocratie à la Chine, il faut le faire avec tact et en aparté, dans le secret des boudoirs et non sur la place publique, alors que pour l’Iran et les pays du Sud, il faut le crier devant les médias, user de menaces et de mesures de rétorsion. Ou lorsqu’il prend le risque de mettre en mal les relations diplomatiques entre la France et le Mexique pour défendre une femme accusée de crimes de droit commun (prise d’otages, trafic de drogue), mais ne lève pas le petit doigt pour prendre en charge le sort d’un Français détenu en Israël suite à des accusations de délits politiques que tout le monde trouve infondées. Il est vrai que, contrairement à Florence Cassez, ce Français-là, Salah Hamouri, ancien étudiant à l’université de Bethlehem, est un franco-arabe et ceci peut expliquer cela.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal"  style=" text-align: justify;font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style=" line-height: 115%;" lang="FR"&gt;Je m’indigne lorsque le même Sarkozy vient chez nous, au Sénégal, nous insulter, nous donner des leçons de démocratie et de bonne gouvernance et qu’il conteste avec véhémence au président Wade le droit de dicter à la France sa politique étrangère. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal"  style=" text-align: justify;font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style=" line-height: 115%;" lang="FR"&gt;Je m’indigne lorsque la communauté internationale, qui s’élève avec juste raison contre l’expulsion plus ou moins forcée&lt;span style="mso-spacerun: yes"&gt;  &lt;/span&gt;des Chrétiens d’Irak, se tait lorsque Israël pousse à l’exode et à la fuite plus d’un million d’Arabes, chrétiens ou musulmans, qui ne sont ni des immigrés ni des terroristes, mais des autochtones qui devraient avoir les mêmes droits à leur terre natale que les Chrétiens de Mésopotamie.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal"  style=" text-align: justify;font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style=" line-height: 115%;" lang="FR"&gt;Je m’indigne, et, vous l’avez compris, c’est sans doute la mère de mes indignations, du sort qui est fait au peuple palestinien et aux Arabes israéliens considérés comme des citoyens de seconde zone dans un État qui se veut ethnique et qui sont sommés de renier leur identité. Je m’indigne de l’incapacité de l’Afrique à s’aligner, pour le moins, sur les positions de l’Amérique du Sud qui a reconnu l’État palestinien. Pourtant nous Africains, sommes bien placés pour imaginer ce que serait le désarroi des habitants de Cotonou ou de Luanda si, un jour, des noirs venus du Brésil ou d’Haïti estimaient que le Bénin ou l’Angola étaient la terre de leurs ancêtres et se donnaient le droit, non de cohabiter avec eux, mais de les bouter hors de leurs pays de naissance. Je suis désespéré de voir tout un peuple relégué derrière des murs, et de savoir que les bâtisseurs de ces mûrs sont les descendants des martyrs du ghetto de Varsovie, du sort de populations de Gaza ou de Cisjordanie qui vivent dans une prison à ciel ouvert,&lt;span style="mso-spacerun: yes"&gt;  &lt;/span&gt;n’ont&lt;span style="mso-spacerun: yes"&gt;  &lt;/span&gt;quelquefois accès ni à leurs cimetières ni à leurs lieux de prières, dont les terres arables sont raclées de leurs pellicules fertiles, les oliveraies centenaires arrachées au bulldozer, les habitations dynamitées ou délabrées, parce que l’importation de ciment est considérée comme un acte de guerre et donc prohibée, dont les productions agricoles sont pourries par les check-points, dont les enfants sont bercés par les tirs de missiles, dont les hommes et les femmes sont soumis à des sanctions collectives, punis pour les actes commis par&lt;span style="mso-spacerun: yes"&gt;  &lt;/span&gt;leurs enfants, même quand ceux-ci sont des hommes et des femmes majeurs, donc seuls responsables de leurs actes.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal"  style=" text-align: justify;font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style=" line-height: 115%;" lang="FR"&gt;La Palestine, c’est le plus grand scandale et la plus grande injustice que la &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;communauté&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal"&gt;internationale&lt;/i&gt; nous impose aujourd’hui.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal"  style=" text-align: justify;font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style=" line-height: 115%;" lang="FR"&gt;Mon indignation n’est certes qu’une goutte d’eau dans la mer, mais ce sont quand même les gouttes d’eau qui font la mer !&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;   &lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4764660064276258348-4081222175157467288?l=fadeldia.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://fadeldia.blogspot.com/feeds/4081222175157467288/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4764660064276258348&amp;postID=4081222175157467288' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4764660064276258348/posts/default/4081222175157467288'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4764660064276258348/posts/default/4081222175157467288'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://fadeldia.blogspot.com/2011/08/lafrique-face-ceux-qui-veulent-avoir.html' title='L’Afrique face à ceux qui veulent « avoir raison par extermination de l’adversaire »'/><author><name>FADEL DIA</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08423831495704844197</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4764660064276258348.post-1441879927883626540</id><published>2011-08-15T11:28:00.003Z</published><updated>2011-08-15T11:34:16.819Z</updated><title type='text'>INSTRUMENTALISATION !</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;NB Le texte qui suit a été publié en juillet par "Le Nouvel Horizon"&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;C’est peut-être le signe d’une crise de confiance, mais il y a de plus en plus de Sénégalais, d’hommes politiques notamment, qui hésitent à assumer leurs responsabilités, ont recours à des personnalités de plus grande envergure, à des concepts ou à des emblèmes, pour justifier leurs comportements, expliquer leurs choix, fonder leurs arguments. Autrefois, on se prévalait de l’éducation reçue à la maison, dispensée par les parents, aujourd’hui on juge cette référence sans gloire, on se réfugie auprès d’icônes mieux cotées, plus prestigieuses. Des hommes et des femmes tirent donc profit de la réputation des autres, ou du prestige de certains symboles, les « utilisent à leur profit » : c’est précisément la définition même de ce que l’on appelle communément « l’instrumentalisation ». Le vivier dans lequel ils puisent leur inspiration est divers et varié, fait de notions vagues et idéalisées et aussi d’images bien concrètes. Combien parmi nos compatriotes, et pas seulement les politiques, aiment par exemple, en appeler au peuple pour renforcer ou justifier leurs actes ou leurs ambitions, transformer leur goût du pouvoir en sacrifice ? Tel ce sportif au talent incontestable, mais aussi à l’humeur incontrôlable, qui annonce sur une radio internationale, qu’au fond, il n’avait aucune envie de jouer dans l’équipe nationale, mais que son peuple l’y appelait avec insistance ! Le peuple est bonne fille et les politiques, même les plus sages, usent et abusent de sa disponibilité. Tous nous répètent qu’ils attendent son appel et quand celui-ci tarde trop ou qu’il nous est inaudible, c’est encore eux qui nous rassurent. « Il » les a appelés, il insiste, ils sont bien obligés d’écouter sa voix et de solliciter ce poste, cet honneur auxquels nous les croyions mal préparés. Car le peuple ne vous appelle pas pour être gardien d’immeuble, mais pour être président de la République ! Et quand ils sont au pouvoir et que nous avons l’impression que rien ne marche, qu’ils ne tiennent pas leurs promesses, ces heureux élus nous assurent que ce n’est pas l’avis du peuple qui chaque jour leur manifeste son soutien. Quand ils tombent, d’autres politiciens cherchent à nous convaincre que c’est encore la volonté du peuple… Je suis donc sorti dans la rue pour le rencontrer, il doit bien exister, être visible, lui qui est si exubérant. J’ai rencontré des hommes et des femmes, leurs avis étaient différents et toujours personnels, aucun ne m’a dit qu’il était ce peuple qui était l’objet de ma quête. Le peuple ne serait-il qu’illusion ? En tout cas, à force de servir, le concept se dégrade et s’épuise, il prend une mauvaise image : il paraît trop fruste, trop désordonné et incontrôlable. Alors on lui préférera la notion de société civile qui est sa version soft, plus moderne, cultivée, intelligente. Quelquefois des hommes qui ont échoué à convaincre le peuple, ou qui se croient incompris, se recyclent en représentants de la société civile. Mais si le concept change, l’objectif reste le même… &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Le terreau sur lequel prospère l’instrumentalisation reste néanmoins la religion, et plus précisément les guides religieux, comme l’illustre l’accaparement mémoriel dont a fait preuve le président du groupe parlementaire libéral à l’Assemblée Nationale. Le forfait a eu lieu devant les caméras avec juste ce qu’il faut d’émotion et de gravité, avec pour victime, si l’on peut dire, une figure qui, de par son exceptionnelle stature, devrait être tenue loin, très loin, des expédients politiques…&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Petit retour en arrière.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Après la publication du communiqué portant proposition de loi pour l’instauration d’un ticket présidentiel, les membres du Gouvernement et les plus hauts responsables de la majorité présidentielle étaient unanimes – à l’exception de quelques égarés bien connus – à saluer cette inouïe et solitaire initiative du président Wade. Le Chef de l’Etat ne s’était pas contenté d’assommer l’opposition, selon son mot, il avait, disaient-ils, approfondi notre démocratie, il avait tordu le coup à cette exécrable légende selon laquelle il songerait à installer son fils au pouvoir. Il avait parfait la réforme initiée en 2009 portant création d’un poste de vice président nommé par ses soins, votée en procédure d’urgence et restée ensuite lettre morte, en donnant désormais une légitimité populaire à cette fonction. Aucun de ces laudateurs patentés n’avait alors relevé ce qui était le péché originel de ce projet de loi : la désinvolture et la précipitation qui ont présidé à sa rédaction, son caractère inopportun et provoquant à quelques mois des élections présidentielles, alors que la loi fondamentale que Wade avait fait approuver par la quasi-totalité des Sénégalais avait déjà été enlaidie et violée par plusieurs réformes. Aucun non plus n’avait souligné que ce texte portait en germe un double reniement. Le premier, c’est qu’il y était très clairement rappelé qu’ « une élection présidentielle en ticket exclut EN PRINCIPE un 2e tour » : peut-on prêcher la démocratie à Benghazi et instituer au Sénégal un régime dont le président serait élu par 25% des suffrages exprimés, c’est-à-dire par moins de 600 OOO citoyens sur 12 millions d’habitants ? Le deuxième reniement, qui est aussi une trahison, est de se glorifier d’avoir instauré la parité hommes-femmes dans tous les postes électifs et de proclamer que « le ticket présidentiel n’est pas soumis à la contrainte paritaire »... Il est vrai que peu de parlementaires avaient pris la peine de lire le texte, parmi ceux qui savent lire : de toutes façons, Wade, on ne le lit pas, on ne l’écoute pas : on l’applaudit !&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;C’est donc ce texte iconoclaste qui est envoyé en procédure d’urgence devant l’Assemblée Nationale, examiné, moins de 3 jours ouvrables après son adoption en conseil des ministres, par la commission des lois et voté par celle-ci avec « une très large majorité » selon le président même de cette instance. Des députés dignes de foi, y compris des élus du PDS, confirment que cette approbation a été faite sans grand état d’âme et que les amendements les plus significatifs n’ont guère été salués pour leur pertinence.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Comment dès lors comprendre que l’Assemblée Nationale, convoquée pour voter et non pour débattre de la légitimité de ce projet de loi, se mue en une camarilla frondeuse, exprime une rébellion si peu conforme à sa nature ? Le matin, la mégère commise habituellement à cette tâche, insultait un député coupable de mollesse, en début d’après-midi le vent avait tourné et les députés défiaient leur guide éclairé ! A ceux qui seraient tentés de croire que ce renversement s’expliquerait par une meilleure appréciation des enjeux, le président Doudou Wade, porte-parole de cette sécession, explique que pour ce qui le concerne, la raison est ailleurs, et elle s’appelle la grâce. A l’heure où le soleil était au zénith et sans doute illuminé par l’éclat des bombes lacrymogènes, et exalté par les vociférations de la foule massée sous ses fenêtres, il a eu, comme Bernadette Soubirous, une révélation. Il n’a pas vu la Vierge Marie, mais il a vu feu Sérigne Abdoul Aziz Sy qui lui montrait la voie à suivre, il a entendu sa voix qui lui intimait l’ordre de dire non.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Cette justification est abusive, servie par peur d’assumer ses propres responsabilités et la réalité est bien plus prosaïque et presque indécente. La vérité, c’est que M. Doudou Wade a surtout entendu les enregistrements diffusés en boucle sur les radios et transmettant une allocution vieille de plus de quinze ans par laquelle le regretté marabout rappelait les élus à leurs responsabilités et il avait décidé d’en faire usage. La réalité, et un député du PDS l’a confirmé à la tribune, c’est que lui et ses collègues ont eu la peur de leur vie, celle de se retrouver dans la rue et dans les quartiers, face à une foule exaspérée, à des jeunes gens qui n’ont rien à perdre parce qu’ils n’ont rien reçu, ni les emplois qu’on leur avait promis il y a plus de dix ans, ni même l’espoir d’une vie meilleure. Les députés avaient donc compris que la provocation n’était pas la réponse appropriée au désarroi. Ce n’était pas une peur imaginaire comme l’ont démontré les incendies et les pillages opérés à Dakar, dans sa banlieue et même au-delà, dans la nuit du lundi 27 juin. Reconnaitre cette vérité là aurait suffi : l’honneur d’un député, c’est d’être le porte-parole de ses électeurs et de traduire leurs préoccupations.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Mais le président du groupe parlementaire de la majorité n’a pas seulement trahi la vérité, il a fait une interprétation sélective et orientée de la pensée d’une figure qui est notre patrimoine commun. Abdoul Aziz Sy n’est pas l’homme d’un seul discours et l’on s’étonne que le député ait mis plus de dix ans pour s’inspirer de son enseignement et de sa parole. Pourquoi n’en a-t-il pas tenu compte lorsqu’il votait la loi Ezan qui blanchissait des crimes qui n’avaient été ni expiés ni pardonnés ? Pourquoi n’a-t-il pas élevé la voix lorsque l’Assemblée Nationale, au sein de laquelle il est toujours le dernier à s’exprimer, supprimait le quart bloquant, prolongeait son propre mandat au-delà de son échéance légale, pour la première fois depuis l’indépendance, ramenait le mandat présidentiel de 5 à 7 ans, violant ainsi tous les engagements du Chef de l’Etat ? Pourquoi l’honorable député, qui non seulement vote le budget mais est aussi chargé de vérifier sa bonne exécution, ne s’est pas ému des détournements, des prévarications, des violences exercées sur des citoyens et restées impunies, des tripatouillages fonciers, des libéralités excessives et discriminatoires accordées aux dépens du patrimoine commun, actes dont sont accusés le Président de la République, son fils et son entourage ? Pourtant le modèle dont il dit s’inspirer aujourd’hui, connu pour avoir mis en harmonie sa foi et ses actes, pour son mépris de l’argent et des honneurs factices, était aussi attaché au respect de la parole donnée et du bien public, à la justice, à la préservation de la vie et des droits de tout être humain. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Assez donc de cette exploitation d’images et de souvenirs offerts comme des signes de ralliement trop faciles. C’est déjà choquant que chaque gargote qui s’ouvre, chaque quincaillerie, portent le nom d’une éminence religieuse et que ce seul baptême autorise leurs propriétaires à transgresser les règles établies. Que beaucoup croient que porter un nom illustre, descendre d’un saint méritent qu’on leur accorde le bon dieu sans confession. « Il n’y a pas de fils d’os, dit un proverbe pulaar, il n’y a que des fils de capsules de cotonnier » : certains sont sains, d’autres sont pourris. Mais l’irruption du religieux, voire du confrérisme, dans l’enceinte de l’Assemblée Nationale est encore plus insupportable. Parce que la salle du parlement ressemble plus à un lieu de spectacle, à une scène théâtrale, qu’à un lieu de prière, que tous les coups y sont permis, et que la personnalité mise en cause ne peut être réduite à un argument électoral. Parce que si chaque député y brandit l’image du guide qui est l’objet de ses préférences, nous cesserions d’être une nation. Monsieur le député, laissez donc le religieux aux croyants, la foi dans les cœurs, portez plutôt vos efforts à défendre les pouvoirs de votre assemblée, qui sont grands, à faire en sorte qu’elle ne soit plus méprisée par l’autre pouvoir qui vous invite à voter une loi à la préparation de laquelle vous n’avez pas été associés, qui livre les teneurs de ses concessions à la presse étrangère avant même que vous n’en soyez informés. Le mandat d’un député, M. Neveu, ce n’est pas de mettre en application les idées de son guide, c’est de défendre les intérêts de ceux et celles qu’il représente, surtout si ces intérêts sont aussi ceux de la nation. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4764660064276258348-1441879927883626540?l=fadeldia.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://fadeldia.blogspot.com/feeds/1441879927883626540/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4764660064276258348&amp;postID=1441879927883626540' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4764660064276258348/posts/default/1441879927883626540'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4764660064276258348/posts/default/1441879927883626540'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://fadeldia.blogspot.com/2011/08/instrumentalisation.html' title='INSTRUMENTALISATION !'/><author><name>FADEL DIA</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08423831495704844197</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4764660064276258348.post-6392406166807538106</id><published>2011-06-26T14:42:00.000Z</published><updated>2011-06-26T14:43:57.109Z</updated><title type='text'>PASSIF ÉTHIQUE</title><content type='html'>&lt;style&gt; &lt;!--  /* Font Definitions */ @font-face  {font-family:Calibri;  panose-1:2 15 5 2 2 2 4 3 2 4;  mso-font-charset:0;  mso-generic-font-family:auto;  mso-font-pitch:variable;  mso-font-signature:3 0 0 0 1 0;} @font-face  {font-family:Cambria;  panose-1:2 4 5 3 5 4 6 3 2 4;  mso-font-charset:0;  mso-generic-font-family:auto;  mso-font-pitch:variable;  mso-font-signature:3 0 0 0 1 0;} @font-face  {font-family:"Lucida Grande";  mso-font-charset:0;  mso-generic-font-family:auto;  mso-font-pitch:variable;  mso-font-signature:3 0 0 0 1 0;}  /* Style Definitions */ p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal  {mso-style-parent:"";  margin-top:0cm;  margin-right:0cm;  margin-bottom:10.0pt;  margin-left:0cm;  line-height:115%;  mso-pagination:widow-orphan;  font-size:11.0pt;  font-family:"Times New Roman";  mso-ascii-font-family:Calibri;  mso-fareast-font-family:Calibri;  mso-hansi-font-family:Calibri;  mso-bidi-font-family:"Times New Roman";  mso-ansi-language:FR;  mso-fareast-language:EN-US;} p.MsoTitle, li.MsoTitle, div.MsoTitle  {mso-style-link:"Titre Car"; 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&lt;/style&gt;     &lt;p style="text-align: justify; font-family: verdana;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="font-size: 14.0pt;line-height:115%" lang="FR"&gt;Les Mauritaniens ont inventé l’expression &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;passif&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal"&gt;humanitaire&lt;/i&gt; pour exprimer la nécessité pour leur pays de faire le bilan des exactions commises à l’endroit des populations négro-africaines à la fin des années 80 et au début des années 90. Pour eux, la réconciliation nationale, la définition des objectifs prioritaires de développement ne pouvaient être mises en chantier qu’après une introspection nationale établissant le solde de ce passé et après que justice soit rendue aux victimes de ce qu’on appelait pudiquement les « &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;évènements&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;de&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;Mauritanie&lt;/i&gt; ».&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: verdana;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify; font-family: verdana;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="font-size: 14.0pt;line-height:115%" lang="FR"&gt;Le silence assourdissant du Chef de l’Etat sénégalais ,cité dans des affaires qui mettent à mal sa conception même de l’autorité morale de référence qu’il représente, les explications aussi vaseuses qu’insultantes de ses proches, montrent que, pour ce qui concerne notre pays, c’est probablement à une douloureuse analyse de notre &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal"&gt;passif&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;éthique&lt;/i&gt; que nous devrons nous livrer après l’Alternance. Je sais bien que la vertu n’est pas la qualité principale des politiques qui la prennent pour une « &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;délicatesse&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal"&gt;surannée&lt;/i&gt; », mais tout de même, une nation ce n’est pas une multinationale au sein de laquelle tous les coups sont permis. Depuis plus de dix ans, nos gouvernants ont fait un usage excessif de l’arnaque et de l’esbroufe et bafoué des valeurs qui fondaient notre culture collective. Si, à proprement parler, ils n’ont pas sacrifié des vies, ils nous ont administré, à tous, une volée de bois vert morale en violant sans retenue des principes aussi fondamentaux que le respect du patrimoine national, du bien d’autrui et de la parole donnée. Notre pays compte encore plus de rêves que de réalisations, il est peuplé majoritairement de jeunes en quête d’idéal qui ont besoin d’un minimum d’exigences et auxquels il convient de rappeler que «  &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;tout&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;pouvoir&lt;/i&gt; a &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;une&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal"&gt;valeur&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;essentiellement&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;spirituelle&lt;/i&gt; ». Après l’Alternance, il nous faudra, nécessairement, faire le compte de notre &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal"&gt;passif&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;éthique&lt;/i&gt;, faire l’audit de la gestion de la chose publique, rompre avec l’achat des consciences, extirper et sanctionner l’enrichissement sans cause, bref revenir à l’État modeste et vertueux dont on nous annonçait l’aube en 2000.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: verdana;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify; font-family: verdana;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="font-size: 14.0pt;line-height:115%" lang="FR"&gt;Peut-être est-ce le destin des pays placés sous le règne de patriarches de se « &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;trabelsiser&lt;/i&gt; », d’être livrés à la coupe réglée des gouvernants, qui sans retenue, s’accaparent de ce qu’ils étaient censés garder ou faire fructifier. La devise des Ben Ali c’était : « &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;Ce&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;qui&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;est&lt;/i&gt; à &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;vous&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal"&gt;est&lt;/i&gt; à &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;nous&lt;/i&gt; ! » et notre pays semble s’être résolument engagé vers les mêmes dérives patrimoniales. Ainsi selon un journal généralement bien informé et au vu des documents portés à la connaissance du public et qui n’ont pas fait l’objet d’un démenti officiel, le président de la République aurait fait l’acquisition d’un immeuble dont la valeur est estimée à près de 1,2 milliard F CFA et qu’il aurait payé en espèces sonnantes et trébuchantes. Cette transaction pose, comme toujours avec Wade, un problème de décence et d’opportunité. Est-ce qu’un vieil homme de 85 ans (quelque soit par ailleurs le temps qui lui reste à vivre), qui n’a plus de « &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;soucis&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal"&gt;d’argent&lt;/i&gt; » depuis qu’il est Président de la République, comme il l’a affirmé lui-même, qui au début de son mandat reconnaissait posséder 13 terrains et immeubles (dont 11&lt;span style="mso-spacerun: yes"&gt;  &lt;/span&gt;à Dakar), a encore besoin de se muer en latifundiste urbain et en spéculateur foncier ? Passe encore qu’il agrandisse démesurément sa maison du Point E, qui n’abritera plus que deux personnes, mais quelles nécessités pourraient aujourd’hui le pousser à s’accaparer de terrains qui dépassent ses besoins et son confort ? Pour avoir succombé, au même âge, à la même gloutonnerie immobilière le père de Michèle Alliot-Marie a ruiné la carrière politique de sa fille…&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: verdana;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify; font-family: verdana;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="font-size: 14.0pt;line-height:115%" lang="FR"&gt;Mettons donc cela, par charité, sur le compte de l’âge, il restera toujours la question de fond : d’où vient l’argent ? C’est alors qu’on découvre les ravages que peut provoquer le zèle de serviteurs qui oublient qu’ils ne sont pas tenus à tout justifier : ils ne sont pas la parole, mais seulement les porte-parole du Chef. La réponse fournie par l’un d’entre eux est aussi bête qu’elle est simple : cet argent viendrait, évidemment, des émoluments perçus par le Chef de l’Etat, en dix ou onze ans d’exercice du pouvoir ! Si l’on fait le calcul, cela reviendrait à dire non seulement que le Président de la République aurait un  salaire mensuel d’au moins dix millions de francs, mais qu’en outre il n’en aurait pas prélevé un sou, en plus de dix ans, ni pour s’acheter un habit, ni pour faire un don à un proche, ni pour s’acquitter de ses impôts ou &lt;span style="mso-spacerun: yes"&gt; &lt;/span&gt;de la zakat, ce qui est le moins pour un homme qui prétend avoir assez &lt;span style="mso-spacerun: yes"&gt; &lt;/span&gt;de savoir islamique pour convertir sa belle fille. Le règlement de la transaction ayant été fait en espèces, cela signifierait aussi que le Président de la République aurait été payé en bon de caisse, comme un vulgaire retraité de l’IPRES, et qu’il thésauriserait son salaire à la manière des vieux Sérères qui placent leurs fortunes sous l’oreiller !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: verdana;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify; font-family: verdana;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="font-size: 14.0pt;line-height:115%" lang="FR"&gt;Devant l’incrédulité de l’opinion, un autre serviteur, encore plus zélé, encore mieux renseigné, franchira le cap du ridicule pour toucher à l’indécence. Usant d’un habile distinguo, il jugera plus indiqué, ou moins scandaleux, d’affirmer que cette manne d’argent viendrait plutôt des fonds politiques dont dispose le Chef de l’Etat. Cette réponse, cynique et légère, fournie par un homme qui est censé être au fait des rouages de l’Etat, est à la fois la preuve de la médiocrité des compétences qui entourent Me Wade et le signe d’une impardonnable confusion des genres. Elle ne règle rien sur le fond puisque les fonds politiques sont, eux aussi, alimentés par le budget de l’Etat, elle est attentatoire aux règles de bonne gouvernance puisque cette rubrique doit servir à la défense des intérêts supérieurs de la nation et de la sécurité publique et non les intérêts particuliers du dépositaire. Dans le cas contraire, il s’agirait bien d’un détournement d’objectif, comparable au geste d’une ministre qui achète des cuillers à plusieurs milliers de francs l’unité pour s’enrichir ou enrichir des intermédiaires. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: verdana;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify; font-family: verdana;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="font-size: 14.0pt;line-height:115%" lang="FR"&gt;C’est l’inanité même de ces réponses qui en fait imaginer une autre, monstrueuse celle-là, que certains pourtant ont osé évoquer sans être menacés d’être traduits devant la justice. En insinuant un blanchiment d’argent, à ce niveau de responsabilité, ces accusateurs pourraient transformer la maladresse en forfaiture et à un délit politique susceptible d’être poursuivi par la justice. Le dispositif que le gouvernement cherche à mettre en place pour atténuer la lutte contre ce fléau que constitue le blanchiment d’argent constitue évidemment un argument supplémentaire pour accréditer cette interprétation.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: verdana;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify; font-family: verdana;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="font-size: 14.0pt;line-height:115%" lang="FR"&gt;Comme si cette affaire ne suffisait pas à nous instruire sur l’usage qu’on fait en haut lieu de notre patrimoine, une autre éclate qui nous transporte dans les mêmes dérégulations. Elle commence par le viol d’une loi sacro-sainte : le droit de réserve que doivent observer les hommes de gouvernement. Sous l’Alternance, on n’use ni de fuites calculées ni de seconds couteaux, ce sont les Premiers Ministres eux-mêmes qui sont les premiers à déroger à cette règle et à déshabiller le Roi. C’est donc le Premier Ministre en exercice qui se lance dans cet exercice dangereux et affirme que le président Wade aurait offert, chaque mois, et tout au long de leur collaboration, trente millions de francs à l’un de ses alliés politiques, chef de parti et ministre dans ses gouvernements pendant sept ans, apparemment sans même exiger qu’il en informe sa formation. L’accusé aurait reconnu les faits, mais se défend piteusement en contestant le montant reçu et l’exclusivité dont il aurait bénéficié. Mais le vrai scandale est ailleurs, car dans toute histoire de corruption ou de subornation, il y a un corrompu et un corrupteur et dans celle-ci, il y a le droit et l’opportunité. Le Président de la République prend, une fois encore, des libertés avec les fonds politiques, par le caractère discriminatoire de cette dotation et par son montant excessif, puisque les fonds mensuels versés à ce ministre représentent le budget annuel d’un lycée de 2 500 élèves et que sa cagnotte annuelle dépasse les moyens d’un hôpital régional ! Pour un homme qui prétendait privilégier l’éducation et le social, c’est pour le moins contradictoire, et pour les banlieusards de Guédiawaye inondés toute l’année, c’est une injustice flagrante.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: verdana;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify; font-family: verdana;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="font-size: 14.0pt;line-height:115%" lang="FR"&gt;Même si ces scandales nous choquent, ils ne nous surprennent guère. Depuis dix ans, les libéralités présidentielles se sont banalisées, et, comme le montrent les rapports des institutions publiques de surveillance, corruption et gaspillage sont devenus les deux mamelles de notre gouvernance. C’est monstrueux à dire, mais on en est au point où, aujourd’hui, beaucoup de nos concitoyens souhaitent la perte d’un proche si ce décès peut provoquer une visite du Président de la République à leur domicile et susciter cette généreuse distribution « &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;d’enveloppes&lt;/i&gt; » qui est la marque de fabrique des descentes présidentielles. Les obsèques sont devenues au Sénégal des marchés de ralliement au PDS et de mendicité camouflée.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: verdana;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify; font-family: verdana;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="font-size: 14.0pt;line-height:115%" lang="FR"&gt;Mais notre passif éthique n’est pas fait que de biens fongibles. D’autres richesses ont subi des dégradations qui sont peut-être définitives et, comme la mauvaise monnaie chasse la bonne, notre société ne sera plus fondée, si l’on n’y prend garde, que sur l’arrivisme et l’opportunisme. Je ne prendrai pour exemple que la propension de nos hommes politiques à renier leurs engagements et à manquer à leur parole au point que nous ne prêtons plus aucun crédit à leurs serments et à leurs promesses. Nous appartenons à des sociétés fondées sur le verbe et un proverbe pulaar dit que la langue est la civière de son maître, ce que renchérit P. Valéry en affirmant que « &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal"&gt;croire à la parole humaine est aussi indispensable que de se fier à la fermeté du sol &lt;/i&gt;». Après l’Alternance, nous ne devrons plus accepter que la tortuosité soit le fondement de notre vie politique et que pour quelques honneurs ou privilèges, on puisse aussi facilement et sans conséquences se débarrasser de ses convictions comme d’une simple casaque pour épouser celles de celui qui gouverne. En dix ans, le ruisseau de la transhumance est devenu une rivière dont les flots ont emporté tous ceux qui avaient juré de ne jamais laisser la place à celui qu’ils appelaient naguère Njomboor ou Fantomas. &lt;span style="mso-spacerun: yes"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: verdana;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify; font-family: verdana;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="font-size: 14.0pt;line-height:115%" lang="FR"&gt;Nous devrons refuser un mode de gouvernement fondé sur la fuite en avant, au point que désormais les grèves n’ont plus pour fondements des revendications sociales mais le non respect des engagements déjà pris par les ministres. Le Président de la République lui-même s’en est ému et a sommé ses collaborateurs de ne plus faire de promesses qu’ils sont incapables de tenir. Le hic, c’est qu’il est le premier à succomber à cette tentation : sa brouille avec Aminata Tall ne provient-elle pas, pour l’essentiel, du fait qu’il l’avait encensée publiquement à Diourbel et promis de transformer sa cité et qu’il n’est pas allé au-delà des incantations ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: verdana;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify; font-family: verdana;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="font-size: 14.0pt;line-height:115%" lang="FR"&gt;Nous devrons condamner l’instrumentalisation et les coups d’éclat qui n’ont pour résultat que de faire de nous les supplétifs des puissances du Nord. Nous ne pouvons pas être fiers que notre président ait été le premier chef d’État à se rendre à Benghazi parce que cette visite est, au mieux, un buzz, au pire un cavalier seul offensant pour la solidarité africaine et que la confession de Wade est trop tardive pour être jugée crédible. Le Chef de l’Etat a été, en réalité, un président &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;embedded&lt;/i&gt;, déposé à Benghazi sous escorte française pour porter la parole de ceux qui « &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;veulent&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;avoir&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal"&gt;raison&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;par&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;extermination&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal"&gt;de&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;l’adversaire&lt;/i&gt; ». Lorsqu’il dit parler à Kadhafi « &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;dans&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;les&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal"&gt;yeux&lt;/i&gt; », et le somme de partir, il oublie qu’il se trouve en réalité à 2000 km du Guide libyen et que lorsqu’ils étaient vraiment face à face, il le traitait en ami et vantait sa vision de l’unité africaine. Il court le monde en compagnie de son fils, trop précieux pour être laissé hors de sa vue, mais n’a pas eu un mot de compassion pour Kadhafi dont un fils et des petits enfants, innocents de tout crime, ont été écrasés par les bombes de l’Otan. Il traite Kadhafi de dictateur, alors que lui-même est appelé « &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;la&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;seule&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;constante&lt;/i&gt; » au Sénégal et s’il a été témoin de ses exactions, s’il n’a jamais reçu un sou de sa part, comment peut-il justifier ses visites intempestives auprès d’un homme dont le seul attrait était la générosité ? Enfin, sur le fond on peut noter deux faits significatifs. Le premier, c’est que des experts indépendants qui, contrairement à Wade, ont séjourné à Tripoli et à Benghazi, contestent fortement la réalité du crime invoqué pour justifier l’intervention occidentale et estiment que ce conflit est plus médiatique que politique. La guerre de Libye, c’est le remake soft des « &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;armes&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;de&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal"&gt;destruction&lt;/i&gt; &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;massive&lt;/i&gt; », en version anglo-française mise en musique par Al Jazeera. Le deuxième fait troublant, c’est qu’il est tout de même désastreux pour notre réputation que celui qui se faisait passer pour le champion de l’unité africaine et qui plaidait pour que la voix de l’Afrique soit forte, se mue en séditieux, dénigre ses pairs, vante son ego aux dépens de la solidarité continentale, s’offre en agneau de sacrifice à un gouvernement dont on ne connait que la façade et que 50 états africains sur 53 n’ont ni reconnu ni adoubé. Un président respectueux de nos intérêts et de nos valeurs, ce n’est pas celui qui se présenterait en VRP de Hillary Clinton, c’est celui qui lui dirait, selon le mot de Tiken Jah Facoly : « &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;Otez donc vos mains de notre continent !&lt;/i&gt; » &lt;span style="mso-spacerun: yes"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: verdana;"&gt;  &lt;span style="font-size: 14pt; line-height: 115%;" lang="FR"&gt;En 2012, nous n’aurons pas seulement à élire un président, mais aussi à choisir une éthique politique, nous aurons à décider si ce sont ces valeurs là que nous voulons transmettre à notre jeunesse pour le &lt;span style="mso-spacerun: yes"&gt; &lt;/span&gt;siècle qui commence et que nous souhaiterions être le nôtre.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4764660064276258348-6392406166807538106?l=fadeldia.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://fadeldia.blogspot.com/feeds/6392406166807538106/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4764660064276258348&amp;postID=6392406166807538106' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4764660064276258348/posts/default/6392406166807538106'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4764660064276258348/posts/default/6392406166807538106'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://fadeldia.blogspot.com/2011/06/passif-ethique.html' title='PASSIF ÉTHIQUE'/><author><name>FADEL DIA</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08423831495704844197</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4764660064276258348.post-3179066401199216730</id><published>2011-05-15T15:38:00.001Z</published><updated>2011-05-15T15:39:57.182Z</updated><title type='text'>"LAYE ET IDY" : une telenovela senegalaise...</title><content type='html'>&lt;style&gt; &lt;!--  /* Font Definitions */ @font-face  {font-family:"Courier New";  panose-1:2 7 3 9 2 2 5 2 4 4;  mso-font-charset:0;  mso-generic-font-family:auto;  mso-font-pitch:variable;  mso-font-signature:3 0 0 0 1 0;} @font-face  {font-family:Wingdings;  panose-1:5 2 1 2 1 8 4 8 7 8;  mso-font-charset:2;  mso-generic-font-family:auto;  mso-font-pitch:variable;  mso-font-signature:0 0 65536 0 -2147483648 0;} @font-face  {font-family:Verdana;  panose-1:2 11 6 4 3 5 4 4 2 4;  mso-font-charset:0;  mso-generic-font-family:auto;  mso-font-pitch:variable;  mso-font-signature:3 0 0 0 1 0;} @font-face  {font-family:Calibri;  panose-1:2 15 5 2 2 2 4 3 2 4;  mso-font-charset:0;  mso-generic-font-family:auto;  mso-font-pitch:variable;  mso-font-signature:3 0 0 0 1 0;} @font-face  {font-family:Cambria;  panose-1:2 4 5 3 5 4 6 3 2 4;  mso-font-charset:0;  mso-generic-font-family:auto;  mso-font-pitch:variable;  mso-font-signature:3 0 0 0 1 0;}  /* Style Definitions */ p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal  {mso-style-parent:""; 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Comment deux êtres peuvent-ils vivre côte à côte pendant si longtemps, partager le même combat, et ne pas s’apercevoir qu’au fond d’eux-mêmes, ils recherchent la même chose, au même moment, et que cette chose, le pouvoir, ne se partage pas ! Avec tout de même une différence qui n’est pas négligeable en raison, notamment, de sa résonnance : Royal et Hollande règlent leurs comptes dans l’intimité, s’épargnent les mots blessants, alors que Wade et Idy ne se privent pas de s’interpeller, de se lancer des diatribes, quelquefois des injures, qui laissent des traces. La querelle Wade-Idy, c’est aussi une bataille de mots, de petites phrases et d’anathèmes.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; font-family: verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; line-height: 115%;" lang="FR"&gt;Le premier éclat audible et public de leurs relations a eu lieu le 4 mars 2004 à Matam, devant une foule bruyante, plus attentive aux sons des mots qu’à leur sens. Comme dans toute bonne série, le feuilleton s’ouvre par des mots dont le sens caché n’apparaitra qu’au fil des jours. Ce jour là, Wade avait fait cette proclamation solennelle : « Idy est mon fils, jamais je ne me séparerai de lui ! ». Beaucoup n’avaient pas compris que c’était une exécution et que sept semaines plus tard il allait limoger Idrissa Seck. En politique, comme souvent dans la vie, on ne fait l’éloge de ceux qui vous ont aidé à accéder au pouvoir que lorsqu’ils sont morts ou agonisants. Rappelez-vous ces paroles, presque identiques, prononcées par Abdou Diouf : « Jean Collin m’a tout appris, jamais je ne me séparerai de lui ! ». Quelques mois plus tard, il renvoyait son homme à tout faire qui ne s’en est jamais relevé. Le coup était si fort que Collin, dont on disait qu’il avait de l’énergie à revendre, a rendu l’âme des suites de ses blessures, dans la solitude et le chagrin.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; font-family: verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; line-height: 115%;" lang="FR"&gt;Idrissa Seck, lui, a survécu au coup porté par Wade. Peut-être parce que, contrairement à Collin, il n’avait pas gardé son venin pour lui-même, il l’avait craché, comme il sait si bien le faire. C’est une thérapie universelle : pour triompher de la maladie, il faut lui résister. Les Premiers Ministres déchus s’en vont discrètement, Idrissa Seck lui, après son renvoi, tient une conférence de presse dans l’enceinte même de ses bureaux, devant la presse, devant surtout de hauts dignitaires du régime non encore avertis qu’il avait une maladie contagieuse, qui auront beaucoup de mal à justifier devant Wade leur présence en ces lieux et en ce jour. En bon disciple qui connait les rites et les codes, Seck usera ce jour là de formules ambivalentes : il fait croire à l’opinion que cette séparation lui permettra de mieux servir le Président et d’effacer toute menace de dualité au sommet de l’Etat car, de son propre aveu, il était « presque président ». C’est pourtant la guerre qui est déclarée, mais la guerre, dit un proverbe diola, ne se fait pas qu’au couteau. Idrissa Seck fait comprendre que pour lui, l’essentiel c’est que son « avenir politique reste intact » et que son objectif n’est plus désormais de sauver le soldat Wade mais de lui succéder.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; font-family: verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; line-height: 115%;" lang="FR"&gt;Après le prologue de Matam, le limogeage, le 21 avril 2004, consacrait donc la première rupture, et depuis lors se sont écoulés sept ans de pièges tendus, de câlins et de coups de griffes : c’est toute la rouerie des cours royales qui se joue devant les Sénégalais et nous ne fournirons que quelques épisodes de ce soap opéra à la sénégalaise que l’on pourrait intituler : « Pouvoir, trahison et mythologie ». Contrairement aux usages, c’est Télémaque qui fait la leçon à Mentor, c’est Idy qui mène le bal comme s’il détenait quelque talisman qui le protégeait, c’est lui qui use des mots les plus cruels contre un vieux tribun qui avait pourtant la réputation d’avoir le verbe facile. Dans ses diatribes les plus percutantes, Wade n’a souvent fait que rendre à Idy la monnaie de sa pièce et chaque intervention de ce dernier traçait de lui un portrait peu élogieux. Au fond, depuis sept ans, l’homme qui a le plus terni le crédit de Wade ne vient pas de l’opposition, mais du giron même du Président, c’est Idy lui-même. Il est toujours plus facile pour quelqu’un qui n’a rien fait de critiquer celui qui est à l’œuvre que l’inverse. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; font-family: verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; line-height: 115%;" lang="FR"&gt;Plus que la mise en scène, ce sont les dialogues qui font d’abord l’originalité de notre feuilleton et ils reflètent la personnalité des deux protagonistes. Les premiers mots de Idrissa Seck sont terribles parce qu’ils démolissent un mythe. Aux Sénégalais qui imaginaient un Wade au-dessus des contingences du monde, sacrifiant les plus belles années de sa vie pour servir de punching-ball à Senghor puis à Diouf, un Wade idéaliste et désintéréssé, Idrissa Seck a tenu un autre langage et révélé un homme d’une toute autre nature. Lorsque le nouveau président a pris possession du palais de la République, ses premiers mots auraient été d’ordre ménager, si l’on en croit celui qui était alors son plus proche collaborateur. « Nos ennuis d’argent sont finis ! », lui aurait-il confié ! C’était la première fois au Sénégal qu’une personnalité du rang d’Idrissa Seck révélait à l’opinion les coulisses du pouvoir et, selon la rumeur, ce n’était là qu’un florilège d’une pile de dossiers toujours brandis au-dessus de la tête du Président de la République comme une épée de Damoclès.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; font-family: verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; line-height: 115%;" lang="FR"&gt;Un an plus tard, les attaques à fleurets mouchetés ne sont plus de mode et la série vire au sordide : on y parle de prison, de magouilles financières, de faux et d’usage de faux, on passe de « Dallas » à « Prison Break ». De nouveaux personnages font leur apparition, une notaire, un avocat, et l’on s’égare dangereusement dans des lieux peu recommandables. C’est l’occasion pour I. Seck de faire sa grande tirade sur l’extinction du soleil, tandis que Wade bafouille et s’emmêle dans les chiffres contradictoires de ses services. Quand il accuse Seck d’avoir détourné 20 milliards, celui-ci le traite par des mots que Karim a encore dans la gorge. « Ancien spermatozoïde et futur cadavre », c’est une vérité scientifique, puisque c’est le sort de tout le monde, mais, traduite dans nos langues, c’est une injure qu’on ne lance jamais à celui qu’on a appelé père.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; font-family: verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; line-height: 115%;" lang="FR"&gt;L’artifice principal qui permet de faire rebondir l’intérêt de cette série, c’est que rien n’y est plus provisoire que ce qui est appelé définitif. Lorsque Wade fait exclure « définitivement » I. Seck en avril 2011, il oublie peut-être que la même sanction, dans les mêmes termes, avait déjà été prononcée en août 2005. Lorsque Farba Senghor annonce, aujourd’hui, que la page I. Seck est tournée, il ne fait que répéter ce que Wade avait solennellement proclamé en 2007 : « Entre I. Seck et moi, c’est fini ! Nous ne nous retrouverons que devant Dieu ». La religion sera souvent appelée en renfort, mais aucun des deux protagonistes n’attendra ce rendez-vous puisqu’ils se retrouveront en janvier 2009, non pas au ciel, mais dans le secret du Palais présidentiel pour fustiger, à l’unisson, les « comploteurs » qui avaient cherché à les séparer. Mais Seck ne se contentera pas de cette paix des braves. Au sortir du Palais, il entrainera les médias d’Etat et quelques caciques du PDS jusqu’à la maison du parti pour tenir une conférence de presse, encore une, livrer, seul, sa version, applaudi par ses aficionados. Il ne ménagera ni celui qui lui avait accordé le pardon, ni les barons commis à la médiation et présents sur les lieux. Tout le Sénégal suivra à la télévision une scène subliminale : I. Seck qui exige qu’on lui change sa chaise, puis un fauteuil qui vole au-dessus des têtes, porté jusqu’à lui par les mains des dignitaires du régime. Il se rassoie, enfin, confortablement : c’était le fauteuil du Président !&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; font-family: verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; line-height: 115%;" lang="FR"&gt;Retournement de situation : ce premier retour au sein du PDS est en lui-même le reniement des engagements que Seck avait pris deux ou trois ans auparavant. En décembre 2006, dans un message adressé aux Sénégalais (à quel titre, mais cela c’est un autre débat !), il avait dit être « libéré de tout engagement moral » à l’endroit de Wade. Leurs divergences, avait-il précisé, étaient trop grandes et elles étaient de fond. Elles étaient d’ordre stratégique puisqu’il désapprouvait les « éléphants blancs » du Président (ses grands chantiers) et que ses priorités à lui étaient l’amélioration des conditions de vie des Sénégalais. Elles étaient surtout d’ordre politique et ethique. Pourquoi dès lors l’ancien Premier Ministre continue-t-il, aujourd’hui encore, à frapper aux portes d’un parti dont il ne partage ni la même vision du changement, ce qui est le fondement même du PDS, ni la même perception de l’Etat, ni le mode de gestion de la démocratie ou de la famille dans la gouvernance publique ? Peut-il encore continuer à revendiquer le titre d’actionnaire principal d’une entreprise qui n’a gardé que sa raison sociale, mais a changé d’objet, de vocation et même de fonds de commerce ?&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; font-family: verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; line-height: 115%;" lang="FR"&gt;On se lasserait un peu des redites, des retournements et des répétitions de ce feuilleton et c’est, comme je l’ai dit plus haut, les dialogues qui le sauvent. Non pas qu’ils volent très haut, mais parce qu’ils révèlent un anthropomorphisme teinté de réminiscences religieuses qui lui donnent un label bien de chez nous. Au plus fort de leur querelle, Wade avait traité I. Seck de « serpent venimeux » et annoncé qu’il ferait tout pour s’opposer à son accession au pouvoir. Plus récemment, en avril 2011, devant une assistance de militants, il l’a comparé à Iblis qui, pour les musulmans, symbolise le mal et la tentation. Iblis, c’est Satan, l’ange trop orgueilleux, qui avait refusé de se prosterner devant Adam parce que, disait-il, celui-ci n’était fait que de poussière alors que lui était fait de feu. Wade ne nous dit pas si c’est lui Adam et si la faute principale de Seck c’était son refus de se soumettre. C’est en tout cas une autre occasion pour lui de puiser son inspiration dans la théologie musulmane, même s’il ne prend tout de même pas le risque de l’illustrer par une citation tirée du Coran comme aime à le faire son ancien bras droit. Mais en matière d’insulte, I. Seck reste le plus fort. Parlant de Wade, c’est à Léviathan qu’il avait fait allusion, faisant d’une pierre deux coups. Le Léviathan est en effet un monstre, à la fois serpent de mer, dragon et crocodile, ce qui répond à la première accusation de Wade. C’est aussi un des démons de l’enfer et même si cette fois c’est la Bible qui sert de référence, les appréhensions des deux protagonistes se rejoignent. Au fond, au PDS, si l’on se réfère aux propos de ses éminences grises, le débat se résume à ceci : qui triomphera entre Iblis et Léviathan. C’est ce qu’on appelle devoir choisir entre la peste et le choléra …&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; font-family: verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; line-height: 115%;" lang="FR"&gt;Farba Senghor se trompe lorsqu’il prétend que le feuilleton Idrissa Seck est terminé. Ce qui est achevé, c’est la saison 7, la saison 8 commence ! Elle sera terrible parce qu’on est très près du dénouement.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4764660064276258348-3179066401199216730?l=fadeldia.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://fadeldia.blogspot.com/feeds/3179066401199216730/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4764660064276258348&amp;postID=3179066401199216730' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4764660064276258348/posts/default/3179066401199216730'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4764660064276258348/posts/default/3179066401199216730'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://fadeldia.blogspot.com/2011/05/laye-et-idy-une-telenovela-senegalaise.html' title='&quot;LAYE ET IDY&quot; : une telenovela senegalaise...'/><author><name>FADEL DIA</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08423831495704844197</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4764660064276258348.post-1982679404642258527</id><published>2011-03-24T22:07:00.000Z</published><updated>2011-03-24T22:08:18.436Z</updated><title type='text'>CONNECTIVITÉ</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;           &lt;style&gt;@font-face {   font-family: "Calibri"; }@font-face {   font-family: "Cambria"; }p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal { margin: 0cm 0cm 10pt; line-height: 115%; font-size: 11pt; font-family: "Times New Roman"; }p.MsoTitle, li.MsoTitle, div.MsoTitle { border: medium none ; margin: 0cm 0cm 15pt; padding: 0cm; font-size: 26pt; font-family: "Times New Roman"; color: rgb(23, 54, 93); letter-spacing: 0.25pt; }p.MsoTitleCxSpFirst, li.MsoTitleCxSpFirst, div.MsoTitleCxSpFirst { border: medium none ; margin: 0cm 0cm 0.0001pt; padding: 0cm; font-size: 26pt; font-family: "Times New Roman"; color: rgb(23, 54, 93); letter-spacing: 0.25pt; }p.MsoTitleCxSpMiddle, li.MsoTitleCxSpMiddle, div.MsoTitleCxSpMiddle { border: medium none ; margin: 0cm 0cm 0.0001pt; padding: 0cm; font-size: 26pt; font-family: "Times New Roman"; color: rgb(23, 54, 93); letter-spacing: 0.25pt; }p.MsoTitleCxSpLast, li.MsoTitleCxSpLast, div.MsoTitleCxSpLast { border: medium none ; margin: 0cm 0cm 15pt; padding: 0cm; font-size: 26pt; font-family: "Times New Roman"; color: rgb(23, 54, 93); letter-spacing: 0.25pt; }span.TitreCar { font-family: Cambria; color: rgb(23, 54, 93); letter-spacing: 0.25pt; }div.Section1 { page: Section1; }&lt;/style&gt;     &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="font-family: verdana; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span lang="FR"&gt;Depuis quelques mois, le gouvernement du Sénégal compte un nouveau département ministériel né de l’imagination fertile du président Wade : le ministère de la Connectivité. Son titulaire s’est même vu affubler du titre de ministre d’Etat, mais cela ne signifie guère grand-chose tant cet attribut, autrefois sélectif, foisonne depuis des années dans les gouvernements successifs de l’Alternance. Il s’est donc démonétisé du fait de la facilité avec laquelle il est accordé, au point qu’être ministre « &lt;i style=""&gt;ordinaire&lt;/i&gt; » est devenu l’exception ! Quant au contenu même du portefeuille, ni le Premier Ministre, ni le titulaire n’ont eu la courtoisie de nous éclairer, comme si les citoyens de ce pays n’avaient pas le droit de connaitre les termes de référence de la mission confiée à un homme qui émarge (grassement) sur le budget public. Résultat : les personnes qui au Sénégal savent ce que recouvre ce nouveau et énigmatique ministère, y compris probablement au sein du conseil des ministres, se comptent sur les doigts de la main. Mais cela ne nous change pas tellement, car dans le passé, nous avions connu d’autres ministères au contenu aussi approximatif qui ont disparu sans laisser ni traces ni héritage. Qu’il me suffise de rappeler les ministères de la Pédagogie, de la Bonne Gouvernance ou de la Compétitivité qui ont du user des méninges et surtout consommer des crédits en pure perte…&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="font-family: verdana; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span lang="FR"&gt;Alors c’est quoi même la « &lt;i style=""&gt;Connectivité&lt;/i&gt; » ? A défaut d’explications fournies par l’inventeur, tournons–nous tout naturellement vers le dictionnaire de la langue française. Pour constater que le mot est inconnu des outils classiques, ce qui n’est guère surprenant car on ne voit pas notre président « &lt;i style=""&gt;très&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;spécial&lt;/i&gt; », selon le mot de l’ancien directeur de la Banque Mondiale, se contenter de puiser son inspiration dans un banal Petit Larousse.&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;Il nous faut donc remonter à l’étymologie, entrer dans le langage ésotérique de la technologie et faire appel à l’électronique. Ils nous apprennent que la connectivité est «&lt;i style=""&gt; la capacité d’un système à se connecter à d’autres systèmes&lt;/i&gt; », par proximité par le réseau ou par contact direct... S’il en est ainsi, si la Connectivité est le fait d’établir une connexion, de mettre en contact des objets ou des êtres qui ne communiquent pas ou que les aléas de la vie ont séparés, alors la mission principale de M. Alassane Dialy Ndiaye devrait être, de toute urgence, de sacrifier ses objectifs technologiques pour établir la connectivité de deux systèmes qui s’écartent dangereusement l’un de l’autre : le président de la République et les réalités sénégalaises. De ramener Wade sur terre, tant il multiplie les déclarations qui donnent à penser qu’il est, pour le moins, disjoncté de la réalité, mal informé, ou qu’il est insensible à la « &lt;i style=""&gt;désespérance&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;du&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;peuple&lt;/i&gt; », pour reprendre le mot de Sarkozy après la révolution de jasmin. Wade n’a plus l’âge de conduire ces happenings électoraux baptisés « &lt;i style=""&gt;marches&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;bleues&lt;/i&gt; » qui le promenaient à travers le Sénégal profond et lui permettaient de sentir battre le cœur de ses concitoyens. Il les a remplacés par des visites protocolaires chez les chefs religieux ou plus souvent par des descentes dans les obsèques transformées en campagnes de recrutement et de démonstrations affectives. Malheureusement, pour ces dernières au moins, il prêche devant des auditoires plus sensibles à l’argent ou aux postes qu’à la vérité. Pour le reste, il préfère les virées hors du pays aux visites de proximité qui avaient fait sa réputation. Il est devenu inaccessible, sauf à sa cour, au point que pour la première fois au Sénégal, des citoyens s’immolent aux portes du Président de la République, faute d’avoir obtenu le sésame qui permet d’accéder à son bureau. Mais surtout, Wade n’est plus entouré que d’hommes et de femmes qui opinent à ses moindres signes et savent que leur survie dépend de sa bonne humeur. Les foules se déplacent toujours à chacune de ses sorties, mais, le sait-il, ce ne sont plus les foules généreuses et spontanées qui l’avaient porté au pouvoir et refusé l’argent de Diouf, elles sont désormais payées, et de plus en plus cher, et rien ne prouve que dans le secret de l’isoloir, elles ne feront pas parler leur cœur.&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="font-family: verdana; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span lang="FR"&gt;Le drame des hommes de pouvoir, c’est en effet leur solitude qui les déconnecte de la réalité, et plus leur pouvoir est absolu, plus grande est leur solitude. Wade n’est pas seulement un autocrate, la « &lt;i style=""&gt;seule&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;constante&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;du&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;pays&lt;/i&gt; » disent ses adorateurs, c’est aussi un vieil homme, entouré d’hommes et de femmes dont aucun n’est de sa génération, et c’est cela qui rend tragique sa solitude. Ce n’est pas une solitude « &lt;i style=""&gt;physique&lt;/i&gt; » : jamais il n’a été aussi entouré, au risque d’être étouffé, et souvent par des hommes qui n’avaient guère contribué à son avènement à la présidence. Sa solitude, c’est celle d’un homme auquel chacun veut plaire tout en sachant qu’il n’a plus sa vigilance d’antan, et dont chaque collaborateur s’oblige à taire toutes les informations susceptibles de le déranger.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="font-family: verdana; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span lang="FR"&gt;C’est un phénomène aussi vieux que le monde que ceux qui gouvernent ne voient jamais les clignotants qui annoncent la désaffection du peuple qui les acclamait. On peut en donner de multiples et édifiants exemples. Le 14 juillet 1789, le petit peuple de Paris, un petit millier de menuisiers, de teinturiers, de cordonniers, de marchands de vin… entraînant avec eux quelques soldats rebelles, tous subalternes, marchent sur la Bastille. Entreprise insensée : la forteresse-prison faisait peur par son arsenal militaire impressionnant qui lui avait permis de repousser, depuis près de quatre siècles des assauts bien plus violents. Cette foule bon enfant n’était pourtant qu’à la recherche de poudre, mais Il suffira de quelques maladresses des autorités chargées de la défense de la forteresse pour que l’émeute tourne à la révolte : la prise de la Bastille est en réalité une reddition. A Versailles, le roi Louis XVI, qui s’était couché en inscrivant un laconique « &lt;i style=""&gt;Rien&lt;/i&gt; » sur son journal, ne réalise ni n’a été instruit de la nouveauté de l’évènement, ni même qu’à cet instant la seule requête du peuple consistait à lui demander de renouer les contacts avec ses sujets. Pourtant un observateur indépendant, l’ambassadeur de Grande Bretagne câblait deux jours plus tard à son gouvernement que désormais, on pouvait « regarder &lt;i style=""&gt;la&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;France&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;comme&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;un&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;pays&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;libre&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;et&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;le&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;Roi&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;comme&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;un&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;monarque&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;dont&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;le&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;pouvoir&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;est&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;limité&lt;/i&gt;. » Seul Louis XVI n’avait pas compris qu’on était passé de la révolte à la Révolution !&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="font-family: verdana; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span lang="FR"&gt;Plus proche de nous, dans le temps et dans l’espace, est cette image de Mobutu, pitoyable, déjà ravagé par la maladie et soutenu par Mandela et qui pourtant menace de ses foudres Laurent Kabila. Son pays est occupé, son armée est en déroute, son peuple et ses anciens protecteurs sont prêts à le lâcher et il exigeait des excuses de celui qui avait déjà le pouvoir. Tout le monde savait que c’était fini pour lui, sauf lui-même ! Quand cela vous arrive, vos meilleurs amis ne voient plus en vous qu’un pestiféré et Mobutu, tout comme le Shah d’Iran avant lui et Ben Ali après lui, dut mendier désespérément un havre d’exil.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="font-family: verdana; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span lang="FR"&gt;Mais, bien sûr, l’exemple le plus récent de l’aveuglement des dirigeants politiques nous est fourni par le printemps arabe et l’écroulement, en quelques heures et en direct, des dictatures de Ben Ali et de Moubarak. A quelques heures de leur chute, ces deux hommes qui pourtant contrôlaient tous les rouages de leurs pays depuis respectivement vingt trois et trente ans, étaient encore convaincus que leur peuple était derrière eux et qu’ils pouvaient imposer des concessions aux foules qui se dressaient contre eux. Aujourd’hui, Ben Ali est recherché par la police du Premier Ministre qui avait été le sien pendant dix ans, et Moubarak s’emporte contre sa femme et son fils qui lui avaient caché la vérité alors qu’il s’était accommodé de leurs mensonges pendant des décennies !&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="font-family: verdana; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span lang="FR"&gt;Le président Wade ne semble pas plus au fait de la détresse et des grondements de colère qui se lèvent dans les foyers sénégalais que ses illustres et ci-devant collègues. Lorsque, à Ouagadougou, il assure à la presse que la situation énergétique du Sénégal s’est nettement améliorée depuis qu’il a nommé son fils (pour ses seules compétences, précise-t-il) à la tête du département, on peut se poser cette question : d’où tient-il ses informations ? De son fils ? L’exemple de Gamal Moubarak démontre que ce n’est pas forcément la bonne solution. Les tient-il de sa cour ou de ses services de renseignements ? Ils ne sont pas plus fiables, car tous savent que dénigrer le fils-héritier, c’est reprocher au père d’avoir fait un mauvais choix. Est-il allé visiter les quartiers de Dakar et de sa banlieue plongés dans le noir et l’insécurité ? A-t-il taillé bavette avec les petits artisans désœuvrés et&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;impuissants devant leurs outils de travail ou avec les ménagères qui vident dans les poubelles leurs provisions pourries ? A-t-il entendu le désarroi des chefs d’entreprises et des hôteliers menacés de faillite ? Ses ministres, ses collaborateurs lui ont-ils présenté le dossier non expurgé de la Senelec ? S’il en avait été ainsi, il aurait compris que la situation se détériore et se complique, et que la société nationale est dans une impasse. Son fils a tenté de mettre en cause l’opposition, ce qui est de bonne guerre, mais aussi ses prédécesseurs (Samuel Sarr, Macky Sall), les travailleurs de la société et ses fournisseurs (ITOC) sans convaincre. Pour faire sérieux, il a engagé des dépenses inouïes pour conduire un audit qui n’a fait que confirmer le diagnostic interne et gratuit, et, comme au bon vieux temps, il a sollicité l’assistance d’EDF (plus de 800 000 F par jour et par expert, selon une source bien introduite!), alors que la Senelec regorge de cadres, ce qui n’a fait que … creuser le trou des déficits de la Senelec ! &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="font-family: verdana; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span lang="FR"&gt;Lorsque Wade promet aux Sénégalais la construction d’une usine de montage d’avions (imminente puisqu’il envisage de se rendre à Touba dans un de ses appareils !) alors que son ministre de fils reconnait qu’il lui faut encore quatre ou cinq ans pour mettre fin aux délestages, on peut encore s’inquiéter de la qualité des informations dont il dispose, de sa maîtrise des enjeux et des priorités du Sénégal. Mais ce n’est pas nouveau : il avait déjà promis de doter notre pays, d’une centrale nucléaire, dans un délai de quelques mois. Qu’importe que notre université forme des littéraires à 90% et que le site choisi, la Casamance, soit une région que son armée ne contrôle même pas, comme le montre la multiplication depuis le début de l’année d’attaques attribuées au MFDC !&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="font-family: verdana; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span lang="FR"&gt;Lorsque face aux Altermondialistes Wade affirme que son gouvernement a éradiqué la pauvreté, en dix ans, alors que face à lui, Lula, qui dirige la 8&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; puissance du monde (160 fois le PIB du Sénégal !) ne peut se vanter que d’avoir, en huit ans, tiré de la misère 20 millions de Brésiliens, soit 10% de la population, on s’interroge sur l’idée même qu’il se fait de la vie dans nos campagnes et banlieues. Pourtant, à portée de main de la présidence de la République, des milliers de Sénégalais vivent depuis des années dans des maisons inondées, d’autres, femmes et enfants, ont fui les campagnes pour mendier dans les rues de Dakar, d’autres, plus nombreux encore, ne sont pas assurés d’avoir deux repas par jour, et chaque déplacement à l’extérieur du chef de l’Etat représente le budget annuel d’une collectivité locale. Me Wade, qui aime à rappeler qu’il est le seul président africain qui soit universitaire, qui est agrégé d’économie, devrait tout de même savoir que le Sénégal a un PIB inférieur à celui de la Guinée Equatoriale (28 000 km&lt;sup&gt;2&lt;/sup&gt;, un demi million d’habitants) ou du petit archipel de Trinidad-et-Tobago (5 000 km&lt;sup&gt;2&lt;/sup&gt;, 1.3 millions d’habitants) et qui ne représente que le quart de celui de la Tunisie dont la population est sensiblement la même. Ou, pour nous référer à un classement selon le développement qualitatif et à partir de l’indice de développement humain (IDH) qui tient compte à la fois de la longévité, de l’instruction et des conditions de vie, il devrait savoir que notre pays était au 166&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; rang mondial et au 37&lt;sup&gt;e &lt;/sup&gt;(sur 53) rang en Afrique. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="font-family: verdana; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span lang="FR"&gt;La réalité, c’est que le Sénégal est devenu une nation-Potemkine, du nom de ce favori de l’impératrice Catherine II de Russie qui construisait des villages factices pour faire croire aux succès de son administration. Les misérables étaient camouflés derrière les façades pimpantes et soustraits des regards des étrangers et même du Chef de l’Etat, tout comme aujourd’hui les échangeurs dissimulent les taudis. Nous vivons dans une démocratie-Potemkine où le pouvoir nous distille à longueur de journée que le Sénégal est un État de droit, mais réprime toutes les manifestations de colère de la rue et confisque les pamphlets des intellectuels.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="font-family: verdana; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span lang="FR"&gt;Cela durera tant que la façade tient bon. Mais si elle s’écroule ?&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4764660064276258348-1982679404642258527?l=fadeldia.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://fadeldia.blogspot.com/feeds/1982679404642258527/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4764660064276258348&amp;postID=1982679404642258527' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4764660064276258348/posts/default/1982679404642258527'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4764660064276258348/posts/default/1982679404642258527'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://fadeldia.blogspot.com/2011/03/connectivite.html' title='CONNECTIVITÉ'/><author><name>FADEL DIA</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08423831495704844197</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4764660064276258348.post-6627316113460906341</id><published>2011-03-24T20:19:00.002Z</published><updated>2011-03-24T20:20:55.824Z</updated><title type='text'>WADE, LE MOLLAH OMAR, BEN LADEN ET DIEU...</title><content type='html'>&lt;style&gt;@font-face {   font-family: "Courier New"; }@font-face {   font-family: "Wingdings"; }@font-face {   font-family: "Verdana"; }@font-face {   font-family: "Calibri"; }@font-face {   font-family: "Cambria"; }p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal { margin: 0cm 0cm 10pt; line-height: 115%; font-size: 11pt; font-family: "Times New Roman"; }h1 { margin: 12pt 0cm 3pt; line-height: 115%; page-break-after: avoid; font-size: 16pt; font-family: "Times New Roman"; }p.MsoHeader, li.MsoHeader, div.MsoHeader { margin: 0cm 0cm 10pt; line-height: 115%; font-size: 11pt; font-family: "Times New Roman"; }p.MsoFooter, li.MsoFooter, div.MsoFooter { margin: 0cm 0cm 10pt; line-height: 115%; font-size: 11pt; font-family: "Times New Roman"; }p.MsoTitle, li.MsoTitle, div.MsoTitle { border: medium none ; margin: 0cm 0cm 15pt; padding: 0cm; font-size: 26pt; font-family: "Times New Roman"; color: rgb(23, 54, 93); letter-spacing: 0.25pt; }p.MsoTitleCxSpFirst, li.MsoTitleCxSpFirst, div.MsoTitleCxSpFirst { border: medium none ; margin: 0cm 0cm 0.0001pt; padding: 0cm; font-size: 26pt; font-family: "Times New Roman"; color: rgb(23, 54, 93); letter-spacing: 0.25pt; }p.MsoTitleCxSpMiddle, li.MsoTitleCxSpMiddle, div.MsoTitleCxSpMiddle { border: medium none ; margin: 0cm 0cm 0.0001pt; padding: 0cm; font-size: 26pt; font-family: "Times New Roman"; color: rgb(23, 54, 93); letter-spacing: 0.25pt; }p.MsoTitleCxSpLast, li.MsoTitleCxSpLast, div.MsoTitleCxSpLast { border: medium none ; margin: 0cm 0cm 15pt; padding: 0cm; font-size: 26pt; font-family: "Times New Roman"; color: rgb(23, 54, 93); letter-spacing: 0.25pt; }span.Titre1Car { font-family: Cambria; font-weight: bold; }span.TitreCar { font-family: Cambria; color: rgb(23, 54, 93); letter-spacing: 0.25pt; }span.En-tteCar {  }span.PieddepageCar {  }div.Section1 { page: Section1; }ol { margin-bottom: 0cm; }ul { margin-bottom: 0cm; }&lt;/style&gt;     &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="line-height: 115%;font-family:Verdana;font-size:100%;"  lang="FR" &gt;Ainsi donc le président Wade aurait écrit à Monsieur Mohamed Omar Moujahid, plus connu sous le nom de Mollah Omar, pour solliciter (ou exiger ?) la libération des otages français détenus en Afghanistan depuis près de quinze mois ! En ces temps de sécheresse publicitaire, voila de quoi restaurer la réputation de notre pays, qui s’effiloche comme la côte de popularité de M. Sarkosy, et montrer au monde que notre président a bien le sens des priorités nationales. Si cette initiative audacieuse n’efface pas des premières pages des journaux les soubresauts du « &lt;i style=""&gt;printemps&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;arabe&lt;/i&gt; » et même les affres du séisme japonais, c’est à désespérer de la perspicacité de la presse…&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="line-height: 115%;font-family:Verdana;font-size:100%;"  lang="FR" &gt;Car enfin, Me Wade a bien de la chance et ses services de renseignements méritent toute notre admiration. Il est certainement le seul homme au monde à être convaincu que le mollah Omar est encore de ce monde et, surtout, à savoir comment lui faire parvenir une correspondance d’une telle importance. La dernière fois qu’on a vu le mollah, c’était en octobre 2001, il y a presque dix ans, et il était sur une « &lt;i style=""&gt;djakarta&lt;/i&gt; », un petit cyclomoteur qui quittait le brasier allumé par l’intervention extérieure pour s’enfoncer dans la nuit des « &lt;i style=""&gt;zones&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;tribales&lt;/i&gt; » du nord-ouest du Pakistan, au nez et à la barbe de l’armée américaine. Depuis lors, le pays le plus puissant du monde, renforcé par ses alliés, n’a pu ni l’arrêter, ni l’intercepter, ni le retrouver mort ou vif. Il est apparemment aussi difficile de retrouver en Afghanistan ou au Pakistan, un grand géant, entre quarante et cinquante ans, enturbanné, barbu et borgne, que de retrouver une aiguille dans une botte de foin, ou, pour parler comme chez nous, que de trouver un sérère beau et de teint clair dans le Sine ! Le mollah Omar s’est volatilisé dans les montagnes et une prime de 10 millions de dollars américains n’a pas suffi pour lui mettre le grappin dessus. Le président sénégalais fait donc preuve d’un courage et d’une détermination exceptionnels en décidant d’entrer en contact avec l’homme le plus recherché du monde, une sorte de SDF à l’échelle d’un continent.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="line-height: 115%;font-family:Verdana;font-size:100%;"  lang="FR" &gt;On peut certes &lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;se poser la question de savoir pourquoi Me Wade, chef d’état africain et président de l’OCI, s’intéresse au sort de MM. Taponnier et Ghesquière, citoyens français, plutôt qu’à celui, au moins aussi peu enviable, des otages africains, ou détenus en Afrique, ou des 8000 prisonniers palestiniens, dont des femmes et des enfants, soumis à une mort lente dans les geôles israéliennes. Par exemple au sort de Salah Hamouri, ancien étudiant en sociologie à l‘université de Bethlehem, surnommé le « &lt;i style=""&gt;Mandela&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;des&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;oubliés&lt;/i&gt; », détenu depuis six ans, sans aucune charge claire et que certains assimilent à un prisonnier politique. M. Hamouri est pourtant de nationalité française, mais il n’a pas derrière lui le lobby qui se bat pour la libération de Gilat Shalit, et à ceux qui réclamaient à la France de prêter la même mansuétude à l’otage franco-palestinien que celle manifestée à l’endroit de l’otage franco-israélien et d’exiger donc la &lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;libération de Salah, Michèle Alliot-Marie, alors ministre des Affaires étrangères, avait répliqué, en janvier 2011 : « Il &lt;i style=""&gt;n’appartient&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;pas&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;aux&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;autorités&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;françaises&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;d’intervenir&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;ou&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;même&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;de&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;commenter&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;les&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;procédures&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;judiciaires&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;d’un&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;État&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;souverain&lt;/i&gt; ». Comme quoi, M. Hamouri n’a pas droit non plus à la même égalité de traitement que Florence Cassez, accusée elle de prise d’otages et de trafic de drogue et pour laquelle la France a sacrifié ses relations avec le Mexique ! Mais Wade ne serait pas Wade s’il ne faisait que ce qu’on attend de lui, et intéressons-nous donc non à l’objet mais au destinataire de sa lettre.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="line-height: 115%;font-family:Verdana;font-size:100%;"  lang="FR" &gt;Car il faut d’abord savoir comment le Président de la République parviendra à faire remettre au mollah sa précieuse missive…&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="line-height: 115%;font-family:Verdana;font-size:100%;"  lang="FR" &gt;On n’imagine pas qu’il se contente de la mettre à la poste, avec la mention : « &lt;i style=""&gt;Monsieur&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;Mollah&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;Omar&lt;/i&gt;, &lt;i style=""&gt;poste&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;restante,&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;Kandahar&lt;/i&gt; », en ajoutant, peut-être, « &lt;i style=""&gt;Aux&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;bons&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;soins&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;des&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;facteurs&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;afghans&lt;/i&gt; », ce qui, me disait-on quand j’étais jeune, vous dispensait même d’apposer un timbre. Dieu merci, Me Wade a de quoi payer une franchise postale, mais le problème c’est qu’une lettre affranchie dans ces termes attirerait tout de suite la curiosité des services secrets américains. Elle serait violée, photographiée, scannée dans ses moindres détails, falsifiée peut-être, au point de perdre, pour le moins, toute confidentialité, toute crédibilité aux yeux de son destinataire. Sans compter que la CIA serait probablement aux trousses du facteur…&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="line-height: 115%;font-family:Verdana;font-size:100%;"  lang="FR" &gt;La poste n’est donc pas la bonne solution.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="line-height: 115%;font-family:Verdana;font-size:100%;"  lang="FR" &gt;Pourquoi ne pas essayer dès lors de recourir aux services d’un envoyé spécial, une sorte d’ambassadeur extraordinaire, acheminé par le tout nouvel avion présidentiel et muni de tout le viatique pour fouiller les souks afghans et escalader les montagnes des zones tribales. Il faudrait évidemment que ce soit un de ces fous du pape du Sopi, plus Wadiste que Wade lui-même, un de ceux qui disent qu’ils ne sont pas PDS mais Wadistes, prêt à s’immoler pour attirer le regard de son maître. Dieu sait qu’ils sont nombreux autour du Président. Et pourquoi pas Farba Senghor ? D’abord parce que plus wadiste que lui, tu meurs ! Ensuite parce qu’il est au chômage et que ce serait un moyen de le sauver de la dépression, de faire l’économie de quelques bourdes, de l’utiliser sans frais supplémentaires et sans laisser un vide pendant la durée de son absence, qui pourrait être très longue. Enfin parce que, pour une mission aussi spéciale, il faut bien « &lt;i style=""&gt;un&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;élément&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;hors&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;du&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;commun&lt;/i&gt; ». L’inconvénient, c’est que c’est un homme qui n’aime pas passer inaperçu et que son zèle pourrait le conduire à haranguer les foules sur les marchés de Kaboul ou de Kandahar pour recruter des militants. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="line-height: 115%;font-family:Verdana;font-size:100%;"  lang="FR" &gt;Le Président pourrait aussi faire déposer la lettre au bureau du courrier d’Al Jazira à Doha, malheureusement on est là-bas plus attentif aux remous qui secouent le monde arabe qu’à la prose d’un chef noir quasi inconnu des auditeurs de la chaîne arabe.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="line-height: 115%;font-family:Verdana;font-size:100%;"  lang="FR" &gt;Il y a bien une dernière solution pour acheminer cet embarrassant message. Le président Wade est, comme on le sait, féru de TIC et d’innovations technologiques : alors pourquoi ne pas recourir à l’Internet et mettre à l’épreuve son ministre de la Connectivité ? Le problème, ici aussi, outre le fait de connaître le mail du mollah qui n’est pas sur Facebook, c’est que les hackers chinois sont à l’affut de tous les secrets et pourraient donc détourner le message, le brouiller ou le transformer en spam. Ils sont apparemment plus forts que leurs collègues américains qui, en dix ans, n’ont pas réussi à localiser le circuit des messages de Ben Laden. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="line-height: 115%;font-family:Verdana;font-size:100%;"  lang="FR" &gt;Le président Wade a donc le choix entre plusieurs solutions, mais, au moins une chose est sûre : il n’aura pas besoin de se servir de ses mallettes pleines de devises : dans son code du parfait taliban, le mollah Omar a interdit toute prise d’otages contre rançon. On peut néanmoins se demander si notre Président saura trouver les mots pour séduire son correspondant dont le tempérament est à l’opposé du sien : il aime les bains de foule et transforme ses audiences en &lt;i style=""&gt;xawaare&lt;/i&gt;, le mollah Omar n’a été vu en public à Kaboul qu’une seule fois en cinq ans de pouvoir.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="line-height: 115%;font-family:Verdana;font-size:100%;"  lang="FR" &gt;Enfin, pendant qu’il y est, pourquoi le président Wade n’écrirait-il pas aussi à un autre illustre perturbateur, un autre SDF censé être sous les mêmes abris, M. Oussama Ben Mohamed Ben Awad Ben Laden, appelé plus couramment Ben Laden ? Après tout, il est – selon les médias occidentaux – « &lt;i style=""&gt;le&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;banquier&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;du&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;Jihad&lt;/i&gt; », et qui tient la bourse tient le pouvoir. Il est aussi l’inspirateur du mollah Omar et son beau- frère, et un proverbe pulaar dit que le héron et son beau-frère pêchent toujours ensemble. Deux lettres par le même coursier, cela rentabiliserait l’opération, amortirait les frais de gestion et gonflerait d’orgueil le factotum commis à cette tâche. D’une certaine manière, c’est même plus urgent et surtout plus productif, d’écrire à Ben Laden qu’au mollah 0mar : l’un n’a que son pays pour objectif, quand l’autre se donne une vocation d’agitateur universel. Si l’on en croit les médias occidentaux, il régnerait sur un État virtuel, avec des gouverneurs provinciaux et des missi dominici et, tout comme l’Angleterre au XIXe siècle, le soleil ne se coucherait jamais sur son empire. Il pourrait, par la même occasion, expliquer au président Wade le secret de sa santé inusable puisqu’il y a dix ans, on le disait tout près de la tombe, soumis à des dialyses régulières, au point de se construire un hôpital souterrain ultramoderne dont personne n’a retrouvé les traces. Si le mollah Omar sévit à des milliers de kilomètres, Ben Laden est à nos portes et déstabilise déjà nos voisins. Le président Wade gagnerait donc à la fois l’estime de ses collègues africains et celle de la France en obtenant la libération des otages d’Arlit. Avec la force qu’on lui prête, Ben Laden pourrait même faire libérer des geôles mexicaines la très précieuse Florence Cassez, ce qui enlèverait une épine au pied de Nicolas Sarkozy, qui à un an des élections que l’on dit perdues par son camp, n’hésiterait sans doute pas à annuler la dette du Sénégal, voire à effacer l’ardoise que représente l’achat du nouveau jet présidentiel. Une lettre à Ben Laden, ça ne coûte pas cher et ça peut rapporter gros !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="line-height: 115%;font-family:Verdana;font-size:100%;"  lang="FR" &gt;Mais, au fond, au lieu de passer par les sous-traitants, pourquoi le président Wade n’écrirait-il pas directement à Dieu qui est pour ainsi dire un collègue ? Certes leurs domaines de compétence n’ont pas la même étendue, mais Me Wade a au moins une qualité divine : il est « la &lt;i style=""&gt;seule&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;constante&lt;/i&gt; » de notre pays, répètent à l’envi ses aficionados qui en oublient que d’autres, qui avaient revendiqué le même privilège, ont été emportés par des révoltes de rues ou tout simplement par l’usure naturelle de leurs artères. Reste qu’écrire à Dieu, c’est écrire à un Etre dont personne ici ne doute de l’existence : tout le monde sait où Il est, puisqu’Il est partout. Autre avantage, avec Lui on n’a pas besoin de timbre ni de facteur ou de vaguemestre, et le président, qui dit avoir les meilleurs marabouts du monde, n’aura pas besoin de l’expertise de son ministre de la Connectivité. Enfin lorsqu’il s’agit de Dieu, il n’y a pas de limites à la requête. Me Wade pourra donc lui demander tout à la fois la fin des délestages et des immolations par le feu, la reddition du MFDC, de retrouver ses jambes et son entrain de la « &lt;i style=""&gt;Marche&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;Bleue&lt;/i&gt; » de 2000, et, pour couronner le tout, la victoire en 2012 !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="line-height: 115%;font-family:Verdana;font-size:100%;"  lang="FR" &gt;Néanmoins une dernière inquiétude me saisit. Dieu n’est pas seulement miséricordieux, Il est aussi le Juge suprême. Combien donc pèsera la lettre de Me Wade à côté de la pétition du peuple sénégalais ? Ne réveillera-t-elle pas&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;les cris de tous ceux qui se plaignent par exemple que celui qu’ils avaient élu pour changer leurs vies ait surtout changé trois fois de jets personnels (la réparation de la Pointe des Almadies, pouvant être assimilée par son coût à l’achat d’un aéronef), en onze ans de règne, et distribue l’argent public, le produit de leur sueur, à des fonctionnaires internationaux et des courtisans rassasiés, quand son peuple&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;est en plein désarroi et l’économie nationale paralysée par les coupures d’électricité ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;span style="line-height: 115%;font-family:Verdana;font-size:100%;"  lang="FR" &gt;Certes Dieu n’oublie rien, mais le 19 mars Me Wade sera sur ses éphémérides et il serait plus prudent que le Président de la République ne se rappelle pas à son bon souvenir par des incantations intempestives. Pour ma part donc, je conseillerai humblement à Me Wade de se contenter, en ce moment crucial, de n’écrire qu’au mollah Omar.&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4764660064276258348-6627316113460906341?l=fadeldia.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://fadeldia.blogspot.com/feeds/6627316113460906341/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4764660064276258348&amp;postID=6627316113460906341' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4764660064276258348/posts/default/6627316113460906341'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4764660064276258348/posts/default/6627316113460906341'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://fadeldia.blogspot.com/2011/03/font-face-font-family-courier-new-font.html' title='WADE, LE MOLLAH OMAR, BEN LADEN ET DIEU...'/><author><name>FADEL DIA</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08423831495704844197</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4764660064276258348.post-5803914258970359379</id><published>2011-02-05T14:09:00.001Z</published><updated>2011-02-05T14:11:49.777Z</updated><title type='text'>LEÇONS DE TUNISIE...</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify; font-family: verdana;"&gt;           &lt;style&gt;@font-face {   font-family: "Calibri"; }@font-face {   font-family: "Cambria"; }p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal { margin: 0cm 0cm 10pt; line-height: 115%; font-size: 11pt; font-family: "Times New Roman"; }p.MsoTitle, li.MsoTitle, div.MsoTitle { border: medium none ; margin: 0cm 0cm 15pt; padding: 0cm; font-size: 26pt; font-family: "Times New Roman"; color: rgb(23, 54, 93); letter-spacing: 0.25pt; }p.MsoTitleCxSpFirst, li.MsoTitleCxSpFirst, div.MsoTitleCxSpFirst { border: medium none ; margin: 0cm 0cm 0.0001pt; padding: 0cm; font-size: 26pt; font-family: "Times New Roman"; color: rgb(23, 54, 93); letter-spacing: 0.25pt; }p.MsoTitleCxSpMiddle, li.MsoTitleCxSpMiddle, div.MsoTitleCxSpMiddle { border: medium none ; margin: 0cm 0cm 0.0001pt; padding: 0cm; font-size: 26pt; font-family: "Times New Roman"; color: rgb(23, 54, 93); letter-spacing: 0.25pt; }p.MsoTitleCxSpLast, li.MsoTitleCxSpLast, div.MsoTitleCxSpLast { border: medium none ; margin: 0cm 0cm 15pt; padding: 0cm; font-size: 26pt; font-family: "Times New Roman"; color: rgb(23, 54, 93); letter-spacing: 0.25pt; }span.TitreCar { font-family: Cambria; color: rgb(23, 54, 93); letter-spacing: 0.25pt; }div.Section1 { page: Section1; }&lt;/style&gt;     &lt;/div&gt;           &lt;style&gt;@font-face {   font-family: "Calibri"; }@font-face {   font-family: "Cambria"; }p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal { margin: 0cm 0cm 10pt; line-height: 115%; font-size: 11pt; font-family: "Times New Roman"; }p.MsoTitle, li.MsoTitle, div.MsoTitle { border: medium none ; margin: 0cm 0cm 15pt; padding: 0cm; font-size: 26pt; font-family: "Times New Roman"; color: rgb(23, 54, 93); letter-spacing: 0.25pt; }p.MsoTitleCxSpFirst, li.MsoTitleCxSpFirst, div.MsoTitleCxSpFirst { border: medium none ; margin: 0cm 0cm 0.0001pt; padding: 0cm; font-size: 26pt; font-family: "Times New Roman"; color: rgb(23, 54, 93); letter-spacing: 0.25pt; }p.MsoTitleCxSpMiddle, li.MsoTitleCxSpMiddle, div.MsoTitleCxSpMiddle { border: medium none ; margin: 0cm 0cm 0.0001pt; padding: 0cm; font-size: 26pt; font-family: "Times New Roman"; color: rgb(23, 54, 93); letter-spacing: 0.25pt; }p.MsoTitleCxSpLast, li.MsoTitleCxSpLast, div.MsoTitleCxSpLast { border: medium none ; margin: 0cm 0cm 15pt; padding: 0cm; font-size: 26pt; font-family: "Times New Roman"; color: rgb(23, 54, 93); letter-spacing: 0.25pt; }span.TitreCar { font-family: Cambria; color: rgb(23, 54, 93); letter-spacing: 0.25pt; }div.Section1 { page: Section1; }&lt;/style&gt;     &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; font-family: verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-size: 14pt; line-height: 115%;" lang="FR"&gt;Même si les deux évènements n’ont, évidemment, ni la même portée ni la même signification, la chute du mur de Berlin et celle de Ben Ali ont au moins un point commun : les astrologues de la politique n’ont rien vu venir, peut-être parce que nous ne pouvons déduire du passé aucune prescience du futur. Nous avons donc assisté en direct à la chute imprévue et imprévisible d’un homme qui avait régné en maître absolu pendant 23 ans. D’autres «&lt;i style=""&gt;spécialistes&lt;/i&gt;» que l’on pourrait appeler les archéologues de la politique tirent déjà des leçons de cette extraordinaire péripétie, comme si les mêmes causes produisaient toujours les mêmes effets. Ce ne sont donc pas des leçons que je propose ici : je me contenterai de faire deux constats de très inégale valeur qui, de mon point de vue, n’ont pas eu le développement qu’ils méritent…&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; font-family: verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-size: 14pt; line-height: 115%;" lang="FR"&gt;Le premier est celui-ci : les hommes de pouvoir doivent savoir qu’en politique, les peuples, dans toutes leurs composantes, sont versatiles et ne s’expriment vraiment que dans les crises. Ce constat est valable d’abord pour le marais des indifférents et les troupes des militants de base qui constituent le bétail électoral et l’objet des spéculations des politiciens en tous temps et en tous lieux. Il s’applique aussi aux militants éclairés, aux «&lt;i style=""&gt;cadres&lt;/i&gt;» des partis, aux cercles dits intellectuels, à toute l’armée des «&lt;i style=""&gt;porteurs de voix&lt;/i&gt;» et des hommes d’influence que constituent les chefs traditionnels, les religieux, les communicateurs, les représentants de l’Etat, serviteurs de tous les pouvoirs. La Tunisie vient de nous en fournir la preuve édifiante puisque les Tunisiens sont aujourd’hui aussi unanimes à vouer Ben Ali aux gémonies qu’ils l’étaient à l’acclamer il y a quelques semaines. Il avait été réélu à la tête de l’Etat avec près de 90% des voix, selon les chiffres officiels, et, selon les mêmes sources, neuf électeurs sur dix avaient participé au vote. Les bourgades par lesquelles est venue la «&lt;i style=""&gt;révolution de jasmin&lt;/i&gt;» n’étaient pas les moins zélées : à Kasserine et à Sidi Bouzid, les électeurs avaient fait mieux que la moyenne nationale, ils avaient été 90,46% et 91,22%, respectivement, à voter pour lui. Partout en Tunisie des cohortes de militants fêtaient sa victoire. Son parti trônait dans un siège somptueux, un immeuble de cinq étages, une ruche qui accueillait des milliers d’exécutants dévoués. Ses photos ornaient les façades des immeubles, des panneaux publicitaires, et pas un seul Tunisien n’avait pris le risque de les tagger ou de les recouvrir de graffitis insultants. Les médias locaux, tous les médias, vantaient ses mérites et la Radio-Télévision nationale préférait se faire appeler la Sept, en hommage à sa prise de pouvoir, le 7 novembre 1987. Il nommait les imams, lesquels relayaient son message du haut de leurs minbars. Les ministres, à commencer par le premier d’entre eux, aujourd’hui Premier Ministre de transition, les parlementaires, à commencer par le président de l’Assemblée devenu Président de la République par intérim, vantaient son esprit visionnaire, son humanisme, et exprimaient la nécessité de le garder à la tête du pays jusqu’à la fin de sa vie. La rue n’était pas en reste qui, «&lt;i style=""&gt;spontanément&lt;/i&gt;», défilait pour conspuer les rares «&lt;i style=""&gt;dévoyés&lt;/i&gt;» qui osaient contester son autorité. Profitant de cette unanimité affichée, l’Occident &lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;préférait ignorer les jérémiades d’une Radhia Nasraoui ou d’un Taoufik Ben Brick pour absoudre celui qui avait surtout le mérite de refuser droit de cité aux «&lt;i style=""&gt;islamistes&lt;/i&gt;». Ben Ali fait preuve « &lt;i style=""&gt;d’ouverture et de tolérance( !)&lt;/i&gt;» jure Sarkozy, la Tunisie donne toute satisfaction au FMI, assure Strauss-Kahn. Au plus fort de la crise, Michèle Alliot-Marie, proposait l’expertise et le «&lt;i style=""&gt;savoir-faire de la France&lt;/i&gt;» pour aider le président contesté à mâter la rue et à rétablir la sécurité ! Bref jusqu’à la veille du suicide de Mohamed Bouazizi, le «&lt;i style=""&gt;peuple&lt;/i&gt;» tunisien, celui qui s’exprime dans les médias et manifeste dans la rue, le seul que l’on voit et entend, de même que l’establishment local et tout le Gotha du monde développé, l’encensaient ! Il a suffi qu’un jeune homme désespéré s’immole par le feu, que des accros de Facebook expriment leur ras-le-bol pour que tout ce monde là, sans exception, ne lui trouve plus que des poux.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; font-family: verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-size: 14pt; line-height: 115%;" lang="FR"&gt;Abdou Diouf n’a pas été chassé par la rue. Il a été battu démocratiquement à l’issue d’une élection jugée transparente et a quitté le pouvoir porté par les félicitations de son adversaire. Malgré cette sortie honorable, il a suffi qu’il parte pour que son parti vole aux éclats. Les hommes politiques sont comme les agonisants : tant qu’ils gardent un peu de force, tout le monde est prêt à les accompagner, mais dès qu’ils tournent l’œil, il n’y a plus personne pour les suivre et chacun cherche plutôt à tirer parti de leur absence. En l’espace de quelques mois, tous les mouvements de soutien à Diouf, tous les «&lt;i style=""&gt;machin-pad&lt;/i&gt;» et autres «&lt;i style=""&gt;Abdo nu doy&lt;/i&gt;» ont tourné casaque, avec armes et bagages, pour rejoindre le PDS sans aucune contrepartie politique. Sans même exiger que Wade reste fidèle à ses premiers engagements, quand il affirmait qu’un gouvernement «&lt;i style=""&gt;ne peut pas, parce qu’il a l’appareil d’Etat, la police et la gendarmerie, écraser les citoyens derrière ses murs simplement parce qu’ils clament haut et fort leur volonté de liberté &lt;/i&gt;».&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; font-family: verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-size: 14pt; line-height: 115%;" lang="FR"&gt;Dix ans après l’Alternance, celui qui avait promis le Sopi ne compte plus pour gagner les élections que sur la force de persuasion et les troupes des anciens lieutenants de son prédécesseur. Ses jokers, ce sont ceux-là même qui s’esclaffaient de concert avec Diouf et Habib Thiam, lorsque ceux-ci égrenaient ses bravades et ses prétentions de ministre d’Etat sans portefeuille. A la table de son conseil des ministres siège donc Djibo Ka, autrefois pupille du parti socialiste dont il dit aujourd’hui pis que pendre, celui qui se vantait d’avoir en sa possession tous les écrits de Senghor et qui, selon un journaliste, ne pouvait pas faire trois phrases sans prononcer le nom de Abdou Diouf. Il y a aussi Mamadou Diop, qui fut l’intraitable porte parole du PS dans des élections contestées, et se contente aujourd’hui d’un strapontin sans budget ni avenir. La présence de Abdoulaye Mokhtar Diop est moins surprenante si, comme le raconte un de ses camarades de parti, sa préoccupation au départ de A. Diouf, c’était surtout de savoir ce qu’il était advenu du magot de la campagne électorale. Il dit, pour justifier son retournement, être entré dans le gouvernement de Wade parce qu’il aime son pays, mais oublie cette vérité : «&lt;i style=""&gt;Un bon patriote, c’est celui qui défend son pays toujours… et le gouvernement seulement quand il a raison&lt;/i&gt;» (M. Twain) et, il l’avait dit, c’est déraisonnable de briguer le pouvoir à 86 ans. Tout à côté de Wade, se tiennent d’autres vigiles qui naguère prônaient le mariage entre la politique et l’éthique, alors que jamais la corruption n’a autant régné dans notre pays, et militaient pour la séparation et le rééquilibrage des pouvoirs, alors que c’est l’hymne de Wade et le drapeau du PDS qui désormais accompagnent les cérémonies de la République.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; font-family: verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-size: 14pt; line-height: 115%;" lang="FR"&gt;Si demain Wade quittait le pouvoir, de gré ou de force…Peut-être ai-je commis une hérésie : Wade n’est-il pas éternellement jeune et donc immortel ? Osons quand même imaginer qu’un jour, il ne sera pas là, et de parier que, dès les premiers jours de son départ, son gouvernement de 45 ministres se désagrégerait, car aucune autre autorité ne pourrait maintenir ensemble tant d’egos opposés. Il est donc important qu’il parte honorablement car, s’il en était autrement, le Sénégal vivrait la même situation que la Tunisie d’aujourd’hui. On entendrait les mêmes désaveux, à commencer par ceux du Premier Ministre : « &lt;i style=""&gt;Je n’étais qu’un exécutant… j’avais peur, comme tout le monde&lt;/i&gt; » et suprême trahison : «&lt;i style=""&gt;vous savez il n’avait plus sa tête, il était si vieux !&lt;/i&gt;». C’était déjà ce qu’on avait dit à la mort de Houphouët-Boigny. Mais surtout les foules, convoyées aujourd’hui par les cars Ndiaga Ndiaye pour applaudir Wade sur le tarmac de l’aéroport L.S. Senghor ou au pied du Monument de la Renaissance, se porteraient spontanément et cette fois à leurs frais, places de l’Obélisque ou de l’Indépendance pour chanter la liberté retrouvée. Elles seront réconfortées par un message de Sarkozy : « &lt;i style=""&gt;Je n’avais pas eu une juste mesure de la désespérance du peuple sénégalais&lt;/i&gt;». &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; font-family: verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-size: 14pt; line-height: 115%;" lang="FR"&gt;La deuxième observation que je voudrais faire est d’une autre nature et de portée moindre. Elle peut être formulée comme suit : les hommes passent, les livres restent. Sous Ben Ali, l’Etat avait le monopole de l’importation des livres et contrôlait la production locale, bien entendu il choisissait ses titres. Depuis quelques jours, on assiste en Tunisie à un curieux spectacle : les vitrines des librairies exposent des ouvrages que le régime avait interdits et les lecteurs viennent en pèlerinage pour se faire photographier devant elles, comme il y a vingt ans les peuples libérés se faisaient photographier devant le mur (démoli) de Berlin. La censure n’avait pas empêché l’entrée sous le manteau des livres interdits qui étaient connus et lus et ces amoureux de la lecture ne viennent donc pas pour les acheter, mais pour le symbole que représente une vitrine de librairie rendue à sa vraie vocation. Cette liberté est aujourd’hui refusée, au Sénégal, à une vingtaine d’ouvrages qui n’ont que le tort d’exprimer des points de vue critiques vis-à-vis de Wade ou de l’Alternance. Ils sont confisqués par les services de la douane et finissent leurs vies dans les tiroirs des agents des renseignements généraux qui ont au moins l’occasion de se cultiver. Tout comme dans la Tunisie de Ben Ali, ils circulent pourtant par des réseaux souterrains et informels et parmi leurs lecteurs cachés figurent des proches de Wade. Quand ceux-ci font face à la presse, ils font semblant d’en ignorer le contenu ou usent de l’insulte à l’endroit de leurs auteurs (comme l’a fait Abdoulaye Baldé pour le livre de Abdoul L. Coulibaly), mais en aparté, ils expriment leur perplexité et quelquefois leur critique. Quand on prend l’habitude d’avaler des couleuvres, un jour vient où on avale un boa sans s’en rendre compte. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; font-family: verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-size: 14pt; line-height: 115%;" lang="FR"&gt;Les livres ne meurent pas. Dans son livre, «&lt;i style=""&gt;Fahrenheit 451&lt;/i&gt;», Ray Bradbury raconte le cheminement d’un homme chargé de brûler tous les livres sous un régime qui considère la lecture comme un fléau, et qui devant l’absurdité du geste se met à apprendre par cœur les ouvrages qu’il devait livrer aux flammes. Joseph McCarthy est mort et oublié, et les pièces de Berthold Brecht et d’Arthur Miller qu’il avait prohibées sont lues et jouées partout dans le monde. Un jour, tous les livres interdits sous l’Alternance, même s’ils ne prétendent pas avoir la facture des ouvrages précités, seront dans la vitrine des librairies et les Sénégalais pourront juger de leur pertinence. Si Wade ne l’autorise pas aujourd’hui, cela se fera plus tard contre sa volonté : parce qu’il ne sera pas là, ou, pire encore, parce qu’il ne sera plus rien. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;   &lt;div style="text-align: justify; font-family: verdana;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4764660064276258348-5803914258970359379?l=fadeldia.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://fadeldia.blogspot.com/feeds/5803914258970359379/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4764660064276258348&amp;postID=5803914258970359379' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4764660064276258348/posts/default/5803914258970359379'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4764660064276258348/posts/default/5803914258970359379'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://fadeldia.blogspot.com/2011/02/lecons-de-tunisie.html' title='LEÇONS DE TUNISIE...'/><author><name>FADEL DIA</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08423831495704844197</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4764660064276258348.post-5788974397437011521</id><published>2011-02-05T14:07:00.001Z</published><updated>2011-02-05T14:09:32.969Z</updated><title type='text'>ET SI LA COTE D'IVOIRE CHANGEAIT DE NOM ?</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify; font-family: verdana;"&gt;           &lt;style&gt;@font-face {   font-family: "Calibri"; }@font-face {   font-family: "Cambria"; }p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal { margin: 0cm 0cm 10pt; line-height: 115%; font-size: 11pt; font-family: "Times New Roman"; }h1 { margin: 24pt 0cm 0.0001pt; line-height: 115%; page-break-after: avoid; font-size: 14pt; font-family: "Times New Roman"; color: rgb(54, 95, 145); }h2 { margin: 10pt 0cm 0.0001pt; line-height: 115%; page-break-after: avoid; font-size: 13pt; font-family: "Times New Roman"; color: rgb(79, 129, 189); }p.MsoTitle, li.MsoTitle, div.MsoTitle { border: medium none ; margin: 0cm 0cm 15pt; padding: 0cm; font-size: 26pt; font-family: "Times New Roman"; color: rgb(23, 54, 93); letter-spacing: 0.25pt; }p.MsoTitleCxSpFirst, li.MsoTitleCxSpFirst, div.MsoTitleCxSpFirst { border: medium none ; margin: 0cm 0cm 0.0001pt; padding: 0cm; font-size: 26pt; font-family: "Times New Roman"; color: rgb(23, 54, 93); letter-spacing: 0.25pt; }p.MsoTitleCxSpMiddle, li.MsoTitleCxSpMiddle, div.MsoTitleCxSpMiddle { border: medium none ; margin: 0cm 0cm 0.0001pt; padding: 0cm; font-size: 26pt; font-family: "Times New Roman"; color: rgb(23, 54, 93); letter-spacing: 0.25pt; }p.MsoTitleCxSpLast, li.MsoTitleCxSpLast, div.MsoTitleCxSpLast { border: medium none ; margin: 0cm 0cm 15pt; padding: 0cm; font-size: 26pt; font-family: "Times New Roman"; color: rgb(23, 54, 93); letter-spacing: 0.25pt; }span.Titre1Car { font-family: Cambria; color: rgb(54, 95, 145); font-weight: bold; }span.Titre2Car { font-family: Cambria; color: rgb(79, 129, 189); font-weight: bold; }span.TitreCar { font-family: Cambria; color: rgb(23, 54, 93); letter-spacing: 0.25pt; }div.Section1 { page: Section1; }&lt;/style&gt;     &lt;/div&gt;&lt;h1 style="text-align: justify; font-family: verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span lang="FR"&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size: 14pt; line-height: 115%; font-weight: normal; color: rgb(0, 0, 0);" lang="FR"&gt;En 1984, après avoir installé sa «&lt;i style=""&gt;révolution&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;populaire&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;et&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;démocratique&lt;/i&gt;»,&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;Thomas Sankara décidait de changer le nom de son pays. La&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;république de Haute Volta prenait le nom, énigmatique à l’époque, de Burkina Faso… Sankara est mort, son héritage a été bafoué, la « &lt;i style=""&gt;révolution&lt;/i&gt; » est oubliée, mais le nom de Burkina Faso a survécu, et avec lui le mythe du «&lt;i style=""&gt;pays&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;des&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;hommes&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;intègres&lt;/i&gt;» pensé et voulu par son créateur. En l’espace d’un quart de siècle, l’ancienne réserve de main d’œuvre agricole de l’époque coloniale, désarticulée à plusieurs reprises pour servir les intérêts des planteurs de café et de cacao de Côte d’Ivoire ou de ceux des riziculteurs de l’Office du Niger, a laissé la place à une nation fière, réputée attachante par son authenticité, sa simplicité et son sérieux. L’ancienne Haute Volta était à l’écart des grandes routes, perdue entre le Sahel et la forêt. Le nouveau Burkina, dont le chef n’est pourtant pas un parangon de démocratie, attire touristes et humanitaires, il est devenu le centre névralgique du cinéma et de l’artisanat africains et surtout, la réputation de ses citoyens lui vaut une côte que lui envient ses&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;voisins mieux dotés par la nature. Il a su faire du marketing à partir de son nom et les spots publicitaires clament sur tous les écrans de télévision : « &lt;i style=""&gt;Etre&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;burkinabé&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;c’est&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;être&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;intègre&lt;/i&gt; ! ». Par les temps qui courent, c’est une précieuse et attrayante qualité.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/h1&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: verdana;"&gt;      &lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify; font-family: verdana;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-size: 14pt; line-height: 115%;" lang="FR"&gt;Certes, comme le dit vulgairement un proverbe &lt;i style=""&gt;pulaar&lt;/i&gt;, danser comme un derviche tourneur ne vous guérit pas d’une boursite, et la seule magie du nom n’a pas suffi pour opérer ce lifting idéologique et sentimental, mais elle a incontestablement aidé à provoquer un déclic, à susciter une nouvelle prise de conscience. Elle a aussi permis de réconcilier la population avec son idéal politique, car si « &lt;i style=""&gt;Voltaïque&lt;/i&gt; » était fondé sur le nom, mystérieux, d’une rivière &lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;dont le cours principal se déroule au Ghana voisin, « &lt;i style=""&gt;Burkina&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;Faso&lt;/i&gt; » a été construit sur la conjugaison des composantes linguistiques du pays. Senghor, qui avait des prétentions ethno-linguistes, n’a pas compris que le choix&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;de « &lt;i style=""&gt;burkinabé&lt;/i&gt; » au lieu de « &lt;i style=""&gt;burkinien&lt;/i&gt; » pour désigner les citoyens de ce pays ne relevait pas de la seule grammaire, mais d’un choix politique.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: verdana;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify; font-family: verdana;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-size: 14pt; line-height: 115%;" lang="FR"&gt;C’est ce lifting que devrait, peut-être, s’imposer la Côte d’Ivoire d’aujourd’hui. Il sera certainement plus douloureux, car non seulement on en est plus déjà au temps où un homme, fût-il un visionnaire, peut seul imposer un choix de cette nature, mais surtout parce que ce pays traîne un mal sournois qui le ronge depuis&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;des années. Cette plaie béante s’appelle « &lt;i style=""&gt;ivoirité&lt;/i&gt; » et elle est d’autant plus pernicieuse que ceux qui la cultivent ou la laissent prospérer prétendent qu’elle n’existe pas, alors même qu’elle a tué des hommes et des femmes et conduit d’autres à l’exil. Certes, me dira-t-on, dans la Côte d’Ivoire d’aujourd’hui, l’urgence est ailleurs que dans une querelle de terminologie. Mais la Tunisie vient encore de nous administrer la preuve qu’il est plus facile de se débarrasser d’un dictateur ou d’un imposteur que de changer l’esprit d’un peuple. Ben Ali était venu au pouvoir par un coup d’état médical et un coup d’état par le net a suffi pour l’emporter. Plus difficile sera pour les Tunisiens de retenir la leçon et de ne plus jamais laisser prospérer un régime qui tenterait encore de leur faire croire que le progrès économique exige nécessairement le bâillonnement des libertés. Changer de nom ne résoudra pas tous les problèmes que connaît la Côte d’Ivoire, loin de là, mais cela pourrait, dès le rétablissement de la légalité du pouvoir, inaugurer une refondation bénéfique et salutaire. De toutes façons quelle autre preuve concrète, bon marché mais spectaculaire pourraient donner les Ivoiriens pour signifier au monde qu’ils tournent bien une page de leur histoire ?&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: verdana;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify; font-family: verdana;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-size: 14pt; line-height: 115%;" lang="FR"&gt;Ce changement de nom peut d’abord se justifier par des raisons objectives et historiques. Au fil des ans, l’appellation « &lt;i style=""&gt;Côte&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;d’Ivoire&lt;/i&gt; » paraît en effet de plus en plus anachronique. Elle est l’héritage d’une époque où les territoires étaient désignés, non en référence à leur histoire, mais en fonction des produits et des richesses qu’ils pouvaient offrir aux marchés coloniaux et aux monopoles européens. Ces dénominations étaient souvent schématiques et quelquefois arbitraires. Il y eu ainsi, entre autres, une « &lt;i style=""&gt;Côte&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;des&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;Esclaves&lt;/i&gt; » et une « &lt;i style=""&gt;Côte&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;des&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;Epices&lt;/i&gt; » qui, heureusement, ne donnèrent pas naissance à des États, &lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;une « &lt;i style=""&gt;Côte&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;de&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;l’Or&lt;/i&gt; » et une « &lt;i style=""&gt;Côte (française)&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;des&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;Somalis&lt;/i&gt; » qui sont&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;devenues les&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;républiques du Ghana et de Djibouti. Le gouvernement ivoirien lui-même marque son embarras face à la survie d’une appellation devenue désuète, en interdisant la traduction du nom de son pays dans les instances internationales, à l’ONU notamment où « &lt;i style=""&gt;Ivory&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;Coast&lt;/i&gt; » est formellement prohibé. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: verdana;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify; font-family: verdana;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-size: 14pt; line-height: 115%;" lang="FR"&gt;Mais l’appellation Côte d’Ivoire n’a pas seulement vieilli, elle est en fait tout simplement impropre pour désigner la patrie de Drogba et de Tiken Jah Facoly. D’abord parce que l’ivoire n’est plus (l’a-t-il jamais été ?) la principale richesse ou le produit phare du pays. Si aujourd’hui il fallait désigner celui-ci par ce qui fait vraiment sa fortune, il faudrait l’appeler la « &lt;i style=""&gt;Côte&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;du&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;Cacao&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;et&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;du&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;Café&lt;/i&gt; » et ses habitants des « &lt;i style=""&gt;Cacaocafétiers&lt;/i&gt; ». Le terme même de « &lt;i style=""&gt;côte&lt;/i&gt; » ne s’impose pas pour désigner ce quadrilatère massif, aussi long que large, qui, de Tabou aux bords de l’Atlantique, à Tingréla,aux confins du Mali, s’enfonce sur 700 km à l’intérieur du continent et touche aux savanes sahéliennes. La Côte d’Ivoire, ce n’est ni le Chili, étroite lamelle de terre, ni le Japon insulaire, c’est un pays essentiellement continental, aux côtes souvent d’accès difficile, ce ne sont pas ses plages, mais ses forêts et ses plantations qui ont fait sa richesse, et c’était par nécessité financière, pour aller au plus rentable, que le colonisateur avait fait la part belle à la façade aux dépens de l’hinterland. Par une étrange sublimation ce choix a créé un état d’esprit, et c’est probablement parce que leur pays s’appelle « &lt;i style=""&gt;Côte&lt;/i&gt; » que certains Ivoiriens des lagunes se croient plus authentiques que ceux de la savane, qu’il est plus facile de passer pour un Ivoirien lorsqu’on s’appelle Kouamé ou Kouadio que lorsqu’on a pour patronyme Koné ou Ouattara.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: verdana;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify; font-family: verdana;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-size: 14pt; line-height: 115%;" lang="FR"&gt;C’est pour cette raison que l’argument le plus décisif pour une «  &lt;i style=""&gt;refondation&lt;/i&gt; » de la Côte d’Ivoire est aussi le plus neuf. Il repose en effet sur les vicissitudes que connaît depuis peu le terme « &lt;i style=""&gt;ivoire&lt;/i&gt; », plus précisément un de ses dérivés, « &lt;i style=""&gt;l’ivoirité&lt;/i&gt;  », néologisme déjà souillé de connotations haineuses. Ce n’est qu’un mot, mais nous autres africains qui avons le culte de la parole, savons, comme nous le rappelait Paul Valéry, « &lt;i style=""&gt;ce&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;que l’usage politique peut faire des mots…dans la comédie tragique des luttes de partis&lt;/i&gt; ». Lorsqu’ils sont « &lt;i style=""&gt;prostitués aux entreprises de factions, vociférés sur la voie publique, ignoblement hurlés par des crieurs (…), ils ne sont plus que des armes déplorables, des mots de passe et de ralliement, les instruments d’une guerre civile&lt;/i&gt;… ». Depuis un mois ces armes là ont fait plus de deux cents victimes à Abobo, Anyama et ailleurs.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: verdana;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify; font-family: verdana;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-size: 14pt; line-height: 115%;" lang="FR"&gt;L’ivoirité est un exemple édifiant du retournement tragique d’un slogan échafaudé par un quarteron d’hommes politiques plus soucieux de leurs carrières que des intérêts de la nation. Ebauché, peut-être inconsciemment, par Ouattara, mis en musique, sans discernement, par Bédié, exécuté dans la discorde et le tumulte par Guei, restauré et érigé en hymne par Gbagbo, elle n’a plus la fermeté ni la pureté éburnéennes qu’évoque son nom. D’une certaine manière, changer de nom, ce serait aussi pour la Côte d’Ivoire un moyen de tourner la page du trio flamboyant Bédié-Ouattara-Gbagbo qui depuis dix ans impose aux Ivoiriens l’obligation de choisir leur camp. Ce qui n’était au départ que le signe d’un déficit de générosité ou d’une inquiétude conjoncturelle est devenu un désordre incontrôlable. Aujourd’hui, les croisés de l’ivoirité portent le nom outrancier de « &lt;i style=""&gt;Jeunes&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;Patriotes&lt;/i&gt; ». Ils ignorent qu’il y a un demi siècle, il n’existait pas de « &lt;i style=""&gt;nationalité&lt;/i&gt; » ou de passeport ivoiriens, qu’il y a un peu plus d’un siècle, à l’époque du fondateur de la « &lt;i style=""&gt;colonie&lt;/i&gt; » de Côte d’Ivoire , Binger, la population &lt;i style=""&gt;d’Abidjean &lt;/i&gt;(sic) et celle d’Adjamé (aujourd’hui quartier populaire de la métropole économique) appartenaient à deux « &lt;i style=""&gt;nations&lt;/i&gt; » différentes, qui s’exprimaient dans des langues sensiblement différentes, et qu’il y avait déjà des communautés dioulas à Grand Bassam. Ils sont loin de se douter que nos jeunes nations, aux frontières et aux rites imposés par le colonisateur, sont comme enfermées dans une boite de Pandore : ouvrez-la et tout s’envole, jusqu’à l’espérance d’une paix des cœurs sans laquelle tout développement resterait illusoire. Ils campent sur les écrans de télévision et revendiquent le droit d’être xénophobes. Au fil des ans, l’ennemi pour eux n’est plus seulement le dioula, ou le Burkinabé, il est l’Autre, tous les autres, et bien sûr le plus évidemment autre : le Blanc. Comme si le Libéria et ses chefs de guerre étaient aux antipodes, comme&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;si la leçon du Rwanda n’avait servi à rien, la télévision prend le ton et les accents d’une « &lt;i style=""&gt;radio&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;des&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;mille lagunes&lt;/i&gt; », au point que pour la première fois, les Nations Unies avaient jugé nécessaire de sommer un gouvernement de « &lt;i style=""&gt;mettre&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;un&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;terme&lt;/i&gt; à &lt;i style=""&gt;toutes&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;les&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;émissions&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;de&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;radio&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;et&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;de&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;télévision&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;incitant&lt;/i&gt; à &lt;i style=""&gt;la&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;haine&lt;/i&gt;, à &lt;i style=""&gt;l’intolérance&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;et&lt;/i&gt; à &lt;i style=""&gt;la&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;violence&lt;/i&gt; » (résolution 1572). &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: verdana;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify; font-family: verdana;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-size: 14pt; line-height: 115%;" lang="FR"&gt;Comment donc maintenir &lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;cette arme de désintégration sans faire ressurgir les vieux démons toutes les fois qu’un habitant de ce pays décline sa nationalité ? Depuis cinquante ans, une douzaine de pays africains ont troqué le nom que leur avait légué la puissance coloniale au profit d’appellations de leur propre crû. Certains ont trouvé leur inspiration dans l’histoire précoloniale (Mali, Ghana, Zimbabwé, Bénin), car contrairement aux Européens qui refusent à une des anciennes républiques fédérées de l’ex-Yougoslavie le droit de s’appeler Macédoine, les Africains eux ne s’approprient pas de droits d’auteur sur l’Histoire. D’autres pays africains ont puisé leur nouveau nom dans la géographie (Zambie, Namibie…), dans leur spécificité culturelle ou ethnique (Lesotho, Botswana), ou, comme nous l’avons vu pour le Burkina, fait appel à leur imagination et à leur esprit créatif. N’est-il pas temps pour les Ivoiriens, riches d’une longue histoire, de leurs soixante ethnies, de leur impressionnant potentiel humain et économique, « &lt;i style=""&gt;d’y&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;voir&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;clair&lt;/i&gt; », enfin, de choisir pour leur pays un nom qu’il ne devra qu’à eux ?&lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;&lt;span style=""&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: verdana;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: verdana;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: verdana;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4764660064276258348-5788974397437011521?l=fadeldia.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://fadeldia.blogspot.com/feeds/5788974397437011521/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4764660064276258348&amp;postID=5788974397437011521' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4764660064276258348/posts/default/5788974397437011521'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4764660064276258348/posts/default/5788974397437011521'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://fadeldia.blogspot.com/2011/02/et-si-la-cote-divoire-changeait-de-nom.html' title='ET SI LA COTE D&apos;IVOIRE CHANGEAIT DE NOM ?'/><author><name>FADEL DIA</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08423831495704844197</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4764660064276258348.post-7772310822486923986</id><published>2011-01-04T12:29:00.001Z</published><updated>2011-01-04T12:31:20.638Z</updated><title type='text'>LETTRE A UN AMI IVOIRIEN...</title><content type='html'>&lt;style&gt;@font-face {   font-family: "Calibri"; }@font-face {   font-family: "Cambria"; }p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal { margin: 0cm 0cm 10pt; line-height: 115%; font-size: 11pt; font-family: "Times New Roman"; }h1 { margin: 24pt 0cm 0.0001pt; line-height: 115%; page-break-after: avoid; font-size: 14pt; font-family: "Times New Roman"; color: rgb(54, 95, 145); }span.Titre1Car { font-family: Cambria; color: rgb(54, 95, 145); font-weight: bold; }div.Section1 { page: Section1; }&lt;/style&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; font-family: verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span lang="FR"&gt;Nos hommes politiques nous méritent-ils ? Je parle évidemment de nous autres qui sommes, en reprenant les mots de Paul Valéry, « &lt;i style=""&gt;les&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;suppôts&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;des&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;spéculations&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;et&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;des&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;manœuvres&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;de&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;la&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;politique&lt;/i&gt;… &lt;i style=""&gt;les&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;citoyens&lt;/i&gt;, &lt;i style=""&gt;les&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;électeurs&lt;/i&gt;, &lt;i style=""&gt;les&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;contribuables&lt;/i&gt;, &lt;i style=""&gt;les&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;justiciables&lt;/i&gt;… ». Nous qui nous sacrifions pour faire entendre leurs voix, prenons leurs promesses pour argent comptant, offrons notre dos pour recevoir les coups qui leur sont destinés lorsqu’ils sont dans l’opposition et que l’expression populaire est contrecarrée, nous qui les portons au pouvoir grâce à nos bulletins de vote, et continuons encore à les applaudir quand ils sont au pouvoir et que pourtant rien ne change…&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; font-family: verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span lang="FR"&gt;Certes, n’étant pas ivoirien, je ne peux prétendre avoir contribué à l’élection de Laurent Gbagbo. Mais, comme beaucoup d’autres non ivoiriens, j’avais applaudi à son arrivée au pouvoir, malgré les péripéties souvent dramatiques qui ont accompagné son élection. Enfin, disions-nous, voila la persévérance récompensée, celle d’un homme qui avait osé affronté celui qui était plus que le président de la Côte d’Ivoire, son dieu tutélaire, une icône intouchable qui avait droit de vie et de mort sur ses concitoyens, sans jamais cesser d’être &lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;le chouchou de l’Occident. Enfin un président qui n’était ni un soudard à la Bokassa ou Idi Amin Dada, ni le dauphin couronné à la Kabila ou à la Eyadema ! Enfin un homme cultivé, un universitaire, un intellectuel, et par-dessus tout un historien ! Certes l’historien n’est pas un faiseur de miracles, en politique ou ailleurs, mais la connaissance de l’histoire devrait, pour le moins, permettre à Gbagbo de mieux voir, de ne pas répéter les erreurs du passé.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; font-family: verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span lang="FR"&gt;Tous donc, de Niamey à Dakar, nous nous répétions : quelle chance insolente ils ont ces Ivoiriens ! Non content d’être la locomotive et la terre promise de la région, de bénéficier d’une nature généreuse qui lui assigne les premiers rôles dans la production des denrées haut de gamme du commerce mondial, d’avoir à peine entamé les richesses de son sous-sol, voila que leur pays va bientôt &lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;nous donner une leçon de bonne gouvernance grâce à l’arrivée au pouvoir d’une homme qui allie l’expérience politique et la rigueur intellectuelle. Voila pourquoi l’échec de Gbagbo est aussi notre échec à tous. Quel &lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;gâchis ! Une gouvernance de condottière florentin et des subterfuges pour s’octroyer tout un mandat en fraude. Un pouvoir exercé avec le concours d’escadrons de la mort et dont le plus illustre serviteur est un étudiant défroqué des universités. Pour couronner le tout, l’inélégance de s’accrocher au pouvoir, au risque de réveiller de vieux démons, les querelles intestines qui sont toujours fatales aux nations, la présomption de croire qu’on peut tromper tout le monde tout le temps et enfin la tentation de vouloir «&lt;i style=""&gt;avoir&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;raison par extermination de l’adversaire »&lt;/i&gt;. Les rois doivent toujours se méfier des Démokos, qu’ils s’appellent Charles Blé Goudé&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;à Abidjan ou Farba Senghor à Dakar, ces courtisans qui cachent leur incompétence sous un zèle destructeur, qui veulent ajouter « &lt;i style=""&gt;l’ivresse&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;morale&lt;/i&gt;  »à « &lt;i style=""&gt;l’ivresse&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;physique&lt;/i&gt; », distillent la haine sans mesure et poussent à la violence et à l’anarchie. Si, demain, la Côte d’Ivoire brûle, nous tous, ouest-africains, brûlerons avec elle et ce n’est pas une image puisque déjà des voix s’élèvent qui appellent à prendre en otage les communautés étrangères qui la considèrent comme leur deuxième patrie.&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; font-family: verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span lang="FR"&gt;Dans quelques jours, dans quelques semaines, dans quelques mois, inéluctablement, Gbagbo partira. Laissera-t-il derrière lui une nation désunie, voire partagée en factions, martyrisée, démantelée économiquement, des centaines, voire des milliers de morts ? Quoi qu’il en soit la Côte d’Ivoire aura perdu dix ans et nous nos dernières illusions.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; font-family: verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;i style=""&gt;&lt;span lang="FR"&gt;N.B. Cette lettre était adressée à M.Venance Konan, écrivain et journaliste ivoirien, et a été publiée sur son site « www.venancekonan.com »&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; font-family: verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span lang="FR"&gt;&lt;span style=""&gt;               &lt;/span&gt;&lt;span style=""&gt;                          &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4764660064276258348-7772310822486923986?l=fadeldia.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://fadeldia.blogspot.com/feeds/7772310822486923986/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4764660064276258348&amp;postID=7772310822486923986' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4764660064276258348/posts/default/7772310822486923986'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4764660064276258348/posts/default/7772310822486923986'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://fadeldia.blogspot.com/2011/01/lettre-un-ami-ivoirien.html' title='LETTRE A UN AMI IVOIRIEN...'/><author><name>FADEL DIA</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08423831495704844197</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4764660064276258348.post-1182555057222122820</id><published>2010-12-30T13:57:00.001Z</published><updated>2010-12-30T14:01:00.720Z</updated><title type='text'>LE "SYNDROME TANDJAN"</title><content type='html'>&lt;style&gt;@font-face {   font-family: "Verdana"; }@font-face {   font-family: "Calibri"; }@font-face {   font-family: "Cambria"; }@font-face {   font-family: "Lucida Grande"; }p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal { margin: 0cm 0cm 10pt; line-height: 115%; font-size: 11pt; font-family: "Times New Roman"; }h1 { margin: 12pt 0cm 3pt; line-height: 115%; page-break-after: avoid; font-size: 16pt; font-family: "Times New Roman"; }h2 { margin: 12pt 0cm 3pt; line-height: 115%; page-break-after: avoid; font-size: 14pt; font-family: "Times New Roman"; font-style: italic; }h3 { margin: 12pt 0cm 3pt; line-height: 115%; page-break-after: avoid; font-size: 13pt; font-family: "Times New Roman"; }p.MsoDocumentMap, li.MsoDocumentMap, div.MsoDocumentMap { margin: 0cm 0cm 10pt; line-height: 115%; font-size: 12pt; font-family: "Times New Roman"; }span.Titre1Car { font-family: Cambria; font-weight: bold; }span.Titre2Car { font-family: Cambria; font-weight: bold; font-style: italic; }span.Titre3Car { font-family: Cambria; font-weight: bold; }span.ExplorateurdedocumentCar { font-family: "Lucida Grande"; }div.Section1 { page: Section1; }&lt;/style&gt;     &lt;h3 style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana;" lang="FR"&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: Verdana; font-weight: normal;" lang="FR"&gt;Le « &lt;i style=""&gt;syndrome&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;Tandjan&lt;/i&gt; » c’est cette espèce de pulsion, ce grain de folie, qui saisissent les hommes politiques au bout d’un parcours tous comptes faits honorable, et les poussent à commettre une erreur fatale. Tout allait bien pourtant, ils avaient presque réussi à franchir tous les obstacles d’une carrière difficile, ils allaient pouvoir quitter les affaires avec l’assurance de bénéficier d’une retraite confortable, même si elle n’est pas forcément glorieuse, et voila qu’un démon les pousse soudain à vouloir plus, et souvent à demander l’impossible. Poussés généralement par un entourage qui les tient en otage, ils lâchent le poisson qu’ils tenaient fermement dans leurs mains au profit de celui qu’ils croyaient enserrer dans leurs pieds.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/h3&gt;      &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana;" lang="FR"&gt;Mamadou Tandjan avait été président de la République à deux reprises et la deuxième fois avec les voix de 2/3 des électeurs. Il pouvait se vanter d’avoir été le premier président élu démocratiquement du Niger, d’avoir surmonté plusieurs crises dont celle qui l’avait opposé à un Premier Ministre plus enclin à jouer Poutine sous Medvedev que Debré sous De Gaulle. Ce n’était certes pas un génie politique mais il paraissait bien rassurant dans ses boubous brodés et ses airs de notable sage. Il était sur le point d’achever le dernier mandat qui lui était autorisé, avait encore assez d’entregent pour pousser au devant de la scène un successeur de son choix, assez de mérite pour servir de valeur refuge, donner son nom à un édifice prestigieux. Mais voila, ça ne lui suffisait pas, ça ne lui suffisait plus. Il lui fallait terminer son « &lt;i style=""&gt;œuvre&lt;/i&gt; », comme si Napoléon ou Alexandre avaient eu ce privilège, comme si un mandat présidentiel était une tapisserie qui n’avait de valeur que lorsque le dernier carreau était tissé. Pour deux ou trois années de rallonge il a mis la démocratie en danger dans son pays, fait basculer le Niger dans la sédition, risqué sa vie et pour finir perdu le pouvoir, y compris les quelques mois qui manquaient à son mandat. Il en est réduit aujourd’hui à mendier sa liberté et, peut-être, sous peu, ses moyens de subsistance.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana;" lang="FR"&gt;Amadou Toumani Touré a, prémonitoirement, échappé au syndrome Tandjan. Dix ans après son bref intérim, il est revenu au pouvoir, cette fois légitimé, auréolé par une décennie de VRP des grandes causes. Ce capital de sympathie lui a permis &lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;de gouverner depuis dix ans, sans même se donner la peine de s’inféoder à un parti, ce qui est une prouesse, surtout pour un militaire qui n’a ni la fougue ni le charisme de Sankara, ni l’insolence d’Obasanjo.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana;" lang="FR"&gt;Laurent Gbagbo n’a pas pu, lui, résister au syndrome Tandjan. C’était pourtant un miraculé des remous qui accompagnent toujours les changements de régime. Il avait été élu dans des conditions troubles, en deux étapes, sauvé par la persévérance de la Commission électorale indépendante qu’il dénigre aujourd’hui, et par le revirement des chefs militaires. Le vote n’avait mobilisé qu’un tiers des électeurs, était contesté par une partie de l’opposition et la proclamation des résultats avait fait des centaines de morts. Qu’importe, on lui pardonnait tout : il était « &lt;i style=""&gt;l’homme&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;courage&lt;/i&gt; », l’opposant historique. Il avait réussi à contenir la guerre civile, avait usé les Premiers ministres qu’on lui avait imposés avant de s’en choisir un parmi ses plus virulents adversaires !Il avait même réussi ,après avoir terminé son mandat, à profiter des désordres et des malentendus pour s’octroyer, en fraude, tout un mandat, en faisant reporter &lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;les élections à six reprises. Le monde entier, y compris ses adversaires, était prêt à oublier ses ruses et ses reniements, peut-être même à passer en pertes et profits les assassinats, les escadrons de la mort, les casses de banques, les scandales financiers, pourvu qu’il accepte enfin de se plier à l’expression de la démocratie. Il n’avait rien ou presque, à perdre : il était resté au pouvoir plus longtemps qu’aucun président américain, Roosvelt excepté, il était à priori, mieux armé que ses rivaux puisqu’il contrôlait tous les moyens de l’Etat, et même s’il perdait, il pourrait partir auréolé du prestige d’avoir été l’homme des changements, d’avoir organisé les élections les plus transparentes, les plus encadrées de l’histoire de la Côte d’Ivoire.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana;" lang="FR"&gt;Eh bien c’est raté ! Gbagbo a ruiné son image de militant du progrès et de la démocratie et tôt ou tard, il va aussi perdre la face et, surtout, car c’est ce qui compte le plus pour lui, le pouvoir. Pour l’éternité il ne sera plus que le président qui avait mis contre lui la majorité de son peuple, sa région, son continent, l’ONU et le FMI, la Francophonie et les organisations des droits de l’Homme. Qu’il évite au moins cette infamie : passer aussi pour le Milosevic africain !&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana;" lang="FR"&gt;Abdoulaye Wade échappera-t-il au syndrome Tandjan ? Tout porte à croire que c’est non, parce que ce virus a ceci de particulier que ce sont souvent les « &lt;i style=""&gt;gens&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;qui&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;vous&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;veulent&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;du&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;bien&lt;/i&gt; » qui vous l’inculquent. Voila pourtant un homme qui lui aussi peut se vanter d’avoir été le président le mieux élu de l’histoire du Sénégal, même si le mérite en revient plutôt à son peuple et à son prédecesseur.Il a fait deux mandats, ce qui n’est pas si mal pour un homme qui est arrivé au pouvoir à l’âge où d’autres, Senghor en particulier, préfèrent s’en défaire, pour prendre volontairement, la retraite. Il peut se vanter de n’être pas passé inaperçu, dans son pays comme à l’étranger. Il a largement profité de sa situation, avec un train de vie royal, en mettant toute sa famille au cœur du pouvoir, en enrichissant ses amis, usant du trésor public comme d’un bien propre. Il aura le privilège d’avoir réalisé de grandes œuvres, même si leur opportunité, leur coût, sont contestés, et surtout, d’avoir conduit à terme deux projets symboliques, l’un conforme à sa nature, l’aéroport de Diass qui est un vieux rêve, et le Fesman qui n’est qu’une manière de régler ses complexes vis-à-vis de Senghor. Bref il n’a plus rien à prouver, il peut espérer que son parti, encore puissant, ses lieutenants dont beaucoup ont hérité de son bagout, la clientèle qu’il s’est constituée dans&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;les milieux les plus influents, souvent à coups de mallettes d’argent, les anciens ennemis retournés et qui n’ont plus d’autre choix que de rester collés à ses basques, assureront à celui qu’il aura adoubé les meilleures chances de lui succéder, de défendre les intérêts de ses proches, de le protéger, éventuellement, contre les poursuites judiciaires. Il a donc devant lui une voie royale : celle que Mandela avait choisie et qui consiste à lâcher le pouvoir avant qu’il ne vous lâche. Depuis Cincinnatus personne n’avait trouvé mieux.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana;" lang="FR"&gt;Mais c’est justement quand il y a une solution évidente, honorable que la tentation de céder au syndrome de Tandjan est la plus forte. Dans le cas de Wade il suffisait d’un petit coup de pouce car l’homme se croit indispensable, ce qui est la plus grande faiblesse d’un homme politique. Pour le mettre en appétit ses admirateurs se sont posé la question : quel était son point faible ? Son âge, bien sûr ! Alors, à l’unisson, ils ont tous scandé : cet homme de 84(86 ?) ans a la vigueur d’un adolescent, il pourrait courir le marathon de New York, il a reçu de Dieu un cerveau inaltérable et l’exercice du pouvoir n’a usé aucun de ses ressorts. C’est plus qu’un mensonge, c’est une farce tragique comparable à celle illustrée par les généraux de la Grande Armée qui au soir du désastre subi par Napoléon en Russie ne trouvèrent à inscrire sur leur registre que ces mots : « &lt;i style=""&gt;l’Empereur&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;ne&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;s’est&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;jamais&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;porté&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;aussi&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;bien&lt;/i&gt; ! » .Ils sont donc tout unanimement tombés à bras raccourcis sur celle qui avait osé dire que Wade était usé et malade. Pourtant c’est une évidence : Wade est malade ! Il a même une maladie incurable et cette maladie s’appelle justement la vieillesse. Il en est même le patient le plus illustre puisqu’il est déjà le plus vieux chef d’Etat du monde. Le mal est d’autant plus grave qu’il n’est pas un Président pour inaugurer des chrysanthèmes : il est le pouvoir à lui tout seul, il est, disent ses fidèles « &lt;i style=""&gt;la&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;seule&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;constante&lt;/i&gt; ». A moins de trouver un Méphistophélès capable de lui redonner les artères de ses vingt ans (mais à quel prix !) il n’y a pas d’autre solution pour lui que de reconnaitre la réalité : le Wade de 2012 n’aura pas la vigueur de celui de 2000 et cela ne s’arrangera pas. Finie l’ère de la Caravane bleue, déjà on ne le voit plus escalader l’échelle de coupée des avions, il visite les chantiers assis sur un fauteuil, ses décisions ressemblent étrangement à des caprices et à Ndjamena on l’a vu pour la première fois bafouiller et s’empêtrer dans les chiffres.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana;" lang="FR"&gt;Voila pourquoi le débat sur la constitutionnalité d’un troisième mandat peut paraitre superfétatoire. La question n’est plus de savoir ce que Wade va faire, mais comment il va finir, pour lui le passé compte désormais plus que l’avenir. Si le Conseil Constitutionnel se prononce contre sa candidature, en exerçant sa liberté d’appropriation ce serait une triste fin que celle d’un président qui après avoir profité de la transparence, en serait devenu la victime. Si la même institution approuvait en revanche sa candidature, contre l’évidence et contre l’avis de tous les spécialistes, ce serait encore plus triste : l’opposant d’un quart de siècle, celui qui avait symbolisé le combat pour la liberté d’expression terminera sa carrière revêtu du manteau de putschiste. S’il en était ainsi Wade aurait suivi un parcours déroutant : il serait arrivé au pouvoir, la tête haute, comme un héros de l’alternance démocratique, en le quittant, démonétisé, il ne serait plus que l’illustration de l’acharnement des dictateurs à le conserver à tout prix.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family: Verdana;" lang="FR"&gt;A l’âge où vous êtes Monsieur Wade, il vaut mieux être généreux que têtu ! &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4764660064276258348-1182555057222122820?l=fadeldia.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://fadeldia.blogspot.com/feeds/1182555057222122820/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4764660064276258348&amp;postID=1182555057222122820' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4764660064276258348/posts/default/1182555057222122820'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4764660064276258348/posts/default/1182555057222122820'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://fadeldia.blogspot.com/2010/12/le-syndrome-tandjan.html' title='LE &quot;SYNDROME TANDJAN&quot;'/><author><name>FADEL DIA</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08423831495704844197</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4764660064276258348.post-6260599936044990529</id><published>2010-11-01T14:56:00.001Z</published><updated>2010-11-01T15:10:07.470Z</updated><title type='text'>LA FRANCOPHONIE, ABDOU DIOUF, ET L’AVENIR DU FRANÇAIS EN AFRIQUE</title><content type='html'>&lt;style&gt;@font-face {   font-family: "Verdana"; }@font-face {   font-family: "Calibri"; }p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal { margin: 0cm 0cm 10pt; line-height: 115%; font-size: 11pt; font-family: "Times New Roman"; }div.Section1 { page: Section1; }ol { margin-bottom: 0cm; }ul { margin-bottom: 0cm; }&lt;/style&gt;     &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; line-height: 115%; font-family: Verdana;" lang="FR"&gt;Ce texte a été publié dans le Nouvel Horizon du 29 octobre&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; line-height: 115%; font-family: Verdana;" lang="FR"&gt;La Francophonie a tenu son XIIIe sommet à Montreux, dans un décorum moins chaleureux que lorsqu’elle tient ses assises en Afrique, et dans l’indifférence de la majorité des Suisses. Son sujet le plus médiatisé était l’élection du Secrétaire Général et c’est Abdou Diouf qui a été reconduit, sans surprise et sans concurrence : en Francophonie, on ne peut pas être battu quand on a le soutien de la France et du Canada-Québec, et Henri Lopès en avait fait la cruelle expérience. Ce qui est en revanche plus inquiétant pour une institution qui se veut de plus en plus politique et qui a pour vocation de préparer l’avenir, c’est qu’elle ait réélu à sa tête, et cette fois en connaissance de cause, un vieil homme qui a si peu de mémoire, alors que celle-ci est, dit-on (avec la patience et l’autorité), l’une des qualités essentielles en politique. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;i style=""&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; line-height: 115%; font-family: Verdana;" lang="FR"&gt;Bye Bye Sénégal !&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; line-height: 115%; font-family: Verdana;" lang="FR"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; line-height: 115%; font-family: Verdana;" lang="FR"&gt;Depuis qu’il a quitté le pouvoir, le deuxième président sénégalais s’est donné pour règle de ne jamais critiquer son successeur. S’il s’agit d’un deal, il est seul à le respecter, car pour sa part, Wade ne se prive pas de le tourner en dérision et Karim Wade cherche à se construire une réputation en dénonçant la gestion socialiste. S’il s’agit d’imiter Senghor ou de se conformer à ce qui se fait en Occident, c’est oublier que les vieilles nations européennes reposent sur un socle démocratique vieux souvent de plusieurs siècles, alors que dans nos Etats, les conquêtes démocratiques sont fragiles et toujours menacées. Un ancien Président de la République demeure un citoyen à part entière, qui conserve tous ses droits, y compris le droit d’inventaire. Jimmy Carter nous en a administré la preuve, il y a deux ans, en s’engageant auprès d’Obama et en participant à sa campagne. Ce n’est pas un hasard si, en France, les anciens présidents de la République sont membres de droit, et à vie, du Conseil Constitutionnel : le costume de chef d’Etat ne doit jamais être abandonné aux mites.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; line-height: 115%; font-family: Verdana;" lang="FR"&gt;Dans ses déclarations à la presse et notamment dans une interview accordée au mensuel « &lt;i style=""&gt;La&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;Revue&lt;/i&gt; », l’ancien Président de la République du Sénégal fait preuve au contraire à l’endroit de son pays d’une indifférence qui nous laisse perplexes. Les menaces qui pèsent sur la langue française comptent plus à ses yeux que celles qui obscurcissent le ciel de ses concitoyens et l’ont rendu insensible aux battements de cœur des Sénégalais. Il ne s’intéresse donc pas à la vie politique sénégalaise, et en donne la preuve en proférant cette contre-vérité : notre pays, dit-il, « &lt;i style=""&gt;est&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;toujours&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;une&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;référence&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;démocratique&lt;/i&gt; ». Ce n’est l’avis ni des institutions de surveillance des droits de l’homme, de la démocratie et de la liberté d’expression, ni des observateurs les plus qualifiés de la vie politique sénégalaise. L’impunité dont bénéficient plusieurs personnes de l’entourage de Wade, les tripatouillages de la Constitution, « &lt;i style=""&gt;vidée&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;de&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;toute&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;sa&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;substance&lt;/i&gt; » selon le mot d’un orfèvre en la matière, El Hadj Mbodj, les projets de « &lt;i style=""&gt;dévolution&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;dynastique&lt;/i&gt; » stigmatisés par toute l’opinion, les restrictions apportées au code des marchés publics et de façon générale au pouvoir des institutions chargées du contrôle du train de vie de l’Etat dénoncées par les bailleurs, la laïcité en péril…, tout cela n’émeut guère M. Diouf. Il ne se soucie pas de la préservation des acquis que la pression populaire avait imposés à son gouvernement, du combat que mènent ses amis, et ceux qui lui sont restés fidèles, pour défendre son bilan. C’est comme si, en quittant le pouvoir, il y a dix ans, il avait lancé « &lt;i style=""&gt;Bye Bye Sénégal !&lt;/i&gt; », sans même oser dire à son successeur : « &lt;i style=""&gt;Vous aviez bâti votre campagne sur le changement : cela vous prive du droit de répéter mes erreurs !&lt;/i&gt; ». Lui qui aurait pu en remontrer à Wade pour lui avoir administré une leçon d’alternance démocratique, est devenu son obligé bienveillant, trop bienveillant.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;i style=""&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; line-height: 115%; font-family: Verdana;" lang="FR"&gt;Itinéraire d’un enfant gâté&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; line-height: 115%; font-family: Verdana;" lang="FR"&gt;Le long état de grâce dont il a bénéficié auprès de ses concitoyens, restés nostalgiques et peut-être aussi tétanisés par les échecs de l’Alternance, se justifie-t-il encore ? Son départ avait été un modèle du genre et semé beaucoup d’espoirs, mais aujourd’hui, sa retraite parisienne, marquée par la démobilisation et le silence, prend l’allure d’une désertion. On peut ne pas parler de Wade ou de son fils, sans pour autant se taire sur tout ce qui se passe au Sénégal, et conserver le précieux droit d’indignation. Lorsque Mandela a rendu visite aux sidéens de Johannesburg et enfilé leur T-shirt, il a fait plus que désavouer Mbekki, il a démoli un tabou, il a remis l’Afrique du Sud dans le chemin qu’il lui avait tracé. Ne pas parler de Wade, ce n’est pas non plus priver le pays de sa compassion : A. Diouf n’était pas aux côtés des parents des victimes de la plus grande catastrophe maritime de l’Histoire, en temps de paix, on ne l’a pas vu non plus marquer, par sa présence, sa sympathie aux victimes des catastrophes naturelles, pas même des naufragés des inondations de la ville de son enfance, Saint-Louis. Et que dire des « &lt;i style=""&gt;orphelins&lt;/i&gt; » qu’il a laissés derrière lui ? Il entame le dernier mandat public de sa vie et ce serait bien triste qu’il ne laisse que le souvenir d’un gestionnaire, sous surveillance, d’un patchwork culturel, alors qu’il a eu entre ses mains le destin de tout un peuple. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; line-height: 115%; font-family: Verdana;" lang="FR"&gt;Voila, en effet, un homme qui a occupé des fonctions de niveau ministériel pendant un lustre, a été Premier Ministre pendant dix ans, puis Président de la République durant vingt ans. Il est probablement le seul sénégalais à avoir eu le privilège, de l’âge de vingt cinq ans à son départ du pouvoir à soixante cinq ans, d’avoir toujours été pris en charge par son pays. Il n’a donc jamais eu à conduire une voiture et à se préoccuper de carburant, à payer son loyer, une facture d’électricité, d’eau, de téléphone, à s’acquitter de loyer. Il n’était pas le chef du parti majoritaire en 1970 lorsqu’il fut nommé Premier Ministre, il n’a pas été élu en 1980 lorsqu’il a accédé aux fonctions de Président de la République. Dans ces deux occasions, son seul vrai atout, c’était le bon plaisir du Roi. Quand on a tant reçu de son pays, on lui fait don de sa personne, on reste à l’écoute de ses besoins, on sacrifie ce qui vous reste de vie pour être le gardien intransigeant de son image et de ses intérêts, on ne fait pas le serment de se taire même lorsqu’il est aux abois. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; line-height: 115%; font-family: Verdana;" lang="FR"&gt;Diouf ne sert donc plus que la Francophonie. Sera-t-il, au terme de son dernier mandat, plus vigilant sur son sort qu’il ne l’a été à l’égard du Sénégal ? Réussira-t-il au moins à la changer, à faire cesser ce « &lt;i style=""&gt;ronronnement&lt;/i&gt; » que raillait Calixthe Béyala, à passer de la défense d’une langue à un engagement politique non discriminatoire ? L’OIF, quoiqu’on en dise, n’est pas le lieu privilégié pour débattre de la réforme du FMI ou de la place de l’Afrique au sein du Conseil de Sécurité, sauf à offrir une tribune à des politiciens en mal de popularité. Faut-il le rappeler : en termes d’influence, ses 70 membres pèsent moins lourd que les 4 pays du BRIC (Brésil-Russie-Inde-Chine). Le sommet de Montreux, premier sommet tenu depuis le drame haïtien de janvier 2010 n’avait pas pour sujet : « &lt;i style=""&gt;Comment sauver Haïti ?&lt;/i&gt; », il avait pour thème : « &lt;i style=""&gt;Défis et visions d’avenir pour la Francophonie&lt;/i&gt; », ce qui est bien moins prosaïque et peut prêter à de belles joutes oratoires. Pourtant au delà de ces grandes idées, l’OIF doit faire face à des défis spécifiques, les seuls qui peuvent justifier son existence et qui, malheureusement, sont rarement étalés au grand jour, parce qu’elle a toujours préféré le politiquement correct à l’impertinence. Pour cela évidemment A. Diouf est parfait. C’est pourtant en bousculant certains stéréotypes, dont elle a du mal à se défaire après 40 ans d’existence, qu’elle peut offrir une plus-value, par rapport aux autres organisations. L’un de ses enjeux c’est de prouver qu’on peut instaurer l’égalité entre des nations d’inégales fortunes, d’être, enfin, une institution paritaire au sein de laquelle aucun pays n’impose sa loi aux autres. Elle s’émeut périodiquement des violations des droits de l’homme en Afrique, mais on ne l’a guère entendue condamner les dérives droitières en Europe ou la stigmatisation des étrangers en France où désormais délinquance rime avec immigration. Elle laisse croire que si les Africains peuvent s’instruire à connaitre les arcanes de la vie des Européens, l’Afrique n’offre d’intérêt pour l’Occident que par ses extrêmes, comme nous le rappelle chaque jour TV5 Monde. « &lt;i style=""&gt;La&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;chaine&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;francophone&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;internationale&lt;/i&gt;, &lt;i style=""&gt;opérateur&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;de&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;la&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;Francophonie&lt;/i&gt; », diffusée partout dans le monde, propose chaque jour à ses téléspectateurs, les journaux télévisés complets de la France (France2), de la Suisse romande, de la Belgique (Communauté française) et du Canada. Le réseau étant gratuit, chaque africain francophone peut ainsi suivre, au jour le jour, les querelles tribales entre Wallons et Flamands, les votations suisses pour savoir si oui ou non les minarets seront autorisés et autres faits croustillants de la vie des Grands Blancs. En revanche, aucune chaine de télévision africaine n’a droit à ce privilège, aucun montage des best-off des télévisions du Sud n’est digne d’intérêt. En somme, on nous offre de regarder vivre les Occidentaux, mais eux n’ont aucune occasion de nous juger sur nos propres pièces. On répète ainsi ce déni qui faisait que l’histoire de l’Afrique était inconnue des Français, par exemple, et qui a conduit au discours de Sarkozy à Dakar.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;i style=""&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; line-height: 115%; font-family: Verdana;" lang="FR"&gt;Le&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; line-height: 115%; font-family: Verdana;" lang="FR"&gt; &lt;i style=""&gt;français, langue africaine&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; line-height: 115%; font-family: Verdana;" lang="FR"&gt;Un autre défi autrement plus important, c’est celui du « &lt;i style=""&gt;syndrome&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;du&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;franc&lt;/i&gt; ». La France avait créé le franc et puis l’a abandonné après six siècles et demi de bons et loyaux services, et aujourd’hui le franc est une monnaie africaine, fragile et anachronique ! Elle reste le propriétaire jaloux de l’état civil de la langue française, mais, dans une génération, à peine 10 % des locuteurs de cette langue seront des citoyens français ! Le français recule partout dans le monde, sauf en Afrique, et dans moins d’un demi-siècle, il sera essentiellement une langue africaine, parlée par un demi-milliard d’Africains. La France se retrouvera alors dans la situation du Portugal ou de l’Angleterre : elle ne sera plus la première nation à parler sa propre langue. Elle ne renoncera pas à celle-ci, mais il n’est pas exclu que se développe en dehors d’elle, voire contre elle, un français d’outre mer qui se passera de son Académie, tout comme l’américain et le brésilien se sont émancipés de leurs langues mères.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; line-height: 115%; font-family: Verdana;" lang="FR"&gt;Mais ces prévisions, optimistes pour le prestige du français, supposent deux conditions.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; line-height: 115%; font-family: Verdana;" lang="FR"&gt;La première est que la scolarisation se développe et se consolide dans les pays où le français est langue d’enseignement et qui ne représentent plus que le tiers de l’OIF. On pourrait dire, en plaisantant, que la France devrait prendre en charge les budgets des ministères de l’éducation de ces pays si elle veut assurer la survie et la progression des sa langue. A défaut, elle a, au moins, le devoir d’apporter un soutien massif, et intéressé, à leurs systèmes éducatifs, et la Francophonie pourrait être l’opérateur idéal de cette coopération. Elle n’y perdrait rien, car en matière de profit, l’investissement en éducation est l’un des plus rentables. Ce n’est pourtant pas sur ce chemin que semble s’engager la Francophonie, elle préfère lâcher les poissons qu’elle tenait par ses mains au profit de ceux qu’elle ne retient que par ses pieds. Elle compte désormais plus de membres que le Commonwealth, une obsession, et qu’importe si chez certains d’entre eux, le français n’est qu’une relique ou un luxe réservé à une petite élite. Les universités d’Afrique francophone sont en pleine décrépitude, mais la Thaïlande ou Chypre sont dans la Francophonie. A l’opposé, le Commonwealth compte 54 pays dont 51 sont issus de l’empire britannique : s’il avait été aussi « &lt;i style=""&gt;tolérant&lt;/i&gt; » que la Francophonie, il compterait aujourd’hui autant de membres que les Nations-Unies. La famille francophone n’est pas seulement moins homogène, est-elle-même efficace : pour la défense de la langue française, l’Ukraine combien de divisions ?&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; line-height: 115%; font-family: Verdana;" lang="FR"&gt;La deuxième condition est que le français reste attractif, utile et rentable, pour les pays qui constituent encore le noyau dur de la Francophonie. L’exemple du Rwanda qui, en quinze ans, a basculé dans l’anglophilie puis dans l’anglophonie est édifiant et démontre que la place du français en Afrique, où il a été imposé et non choisi, n’est pas irréversible. Il suffit de faire le tour de Dakar pour se rendre compte que le monde des affaires a déjà choisi : les salons de coiffure s’appellent « &lt;i style=""&gt;Family&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;cut&lt;/i&gt; » et sur les enseignes des magasins, on trouve plus souvent « &lt;i style=""&gt;Down&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;Town&lt;/i&gt; » ou « &lt;i style=""&gt;Manhattan&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;Store&lt;/i&gt; » que « &lt;i style=""&gt;Café&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;du&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;Centre&lt;/i&gt; » ou « &lt;i style=""&gt;Rue&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;de&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;Rivoli&lt;/i&gt; ». Plus significatif encore est le désintérêt que manifestent étudiants et chercheurs, lassés ou exaspérés par les conditions fixées pour l’attribution de visas ou la brièveté des séjours accordés. Les hommes et les femmes qui demain seront aux commandes de l’économie et de la politique de nos pays seront majoritairement portés vers le grand large ou vers des pays dont les langues nous étaient étrangères.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; line-height: 115%; font-family: Verdana;" lang="FR"&gt;Le monde compterait donc 220 millions de francophones en 2010, a-t-on clamé avec fierté à Montreux. Lorsqu’on tente, au Sénégal, de se servir de la langue de Molière dans les marchés et même dans certaines administrations, lorsqu’on écoute ou qu’on lit certains représentants de « &lt;i style=""&gt;l’élite&lt;/i&gt; » francophone sénégalaise, on a mal pour Senghor et, surtout, on se demande si la francophonie de l’OIF n’est pas toute virtuelle. La vérité, c’est que la raison nous pousse déjà vers des pays avec lesquels nous n’avions pas de contentieux historiques, et que, demain, c’est le cœur qui jouera contre la Francophonie.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; line-height: 115%; font-family: Verdana;" lang="FR"&gt;Enfin pourquoi être plus royaliste que les rois : aucun média des pays francophones du Nord n’a accordé une place significative au XIIIe Sommet de l’OIF, et Sarkozy n’a passé que quelques heures à Montreux !&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4764660064276258348-6260599936044990529?l=fadeldia.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://fadeldia.blogspot.com/feeds/6260599936044990529/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4764660064276258348&amp;postID=6260599936044990529' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4764660064276258348/posts/default/6260599936044990529'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4764660064276258348/posts/default/6260599936044990529'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://fadeldia.blogspot.com/2010/11/la-francophonie-abdou-diouf-et-lavenir.html' title='LA FRANCOPHONIE, ABDOU DIOUF, ET L’AVENIR DU FRANÇAIS EN AFRIQUE'/><author><name>FADEL DIA</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08423831495704844197</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4764660064276258348.post-5825044604610340372</id><published>2010-11-01T14:52:00.003Z</published><updated>2010-11-01T14:56:11.416Z</updated><title type='text'>« OPUS NON GRATUM »</title><content type='html'>&lt;style&gt;@font-face {   font-family: "Verdana"; }@font-face {   font-family: "Calibri"; }p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal { margin: 0cm 0cm 10pt; line-height: 115%; font-size: 11pt; font-family: "Times New Roman"; }div.Section1 { page: Section1; }&lt;/style&gt;         &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; line-height: 115%; font-family: Verdana;" lang="FR"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; line-height: 115%; font-family: Verdana; font-style: italic; font-weight: bold;" lang="FR"&gt;Le texte ci après est un manifeste, dont je suis co-signataire avec Abdoul Aziz Diop, &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic; font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-size: 12pt; line-height: 115%; font-family: Verdana;" lang="FR"&gt;Mandiaye Gaye&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; line-height: 115%; font-family: Verdana;" lang="FR"&gt;, &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; line-height: 115%; font-family: Verdana;" lang="FR"&gt;&lt;span style="font-style: italic; font-weight: bold;"&gt;Mody Niang. Il a été publié dans plusieurs journaux dakarois (notamment La Gazette, Le Populaire, Kotch). &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; line-height: 115%; font-family: Verdana;" lang="FR"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; line-height: 115%; font-family: Verdana;" lang="FR"&gt;Des Sénégalais vivant au Sénégal, se complaisent à écrire et à publier des livres qui font l’éloge du Président de la République, qui expriment des points de vue favorables à l’action de son gouvernement et, dans certains cas, tracent une peinture élogieuse de sa famille et de son entourage.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; line-height: 115%; font-family: Verdana;" lang="FR"&gt;C’est leur droit.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; line-height: 115%; font-family: Verdana;" lang="FR"&gt;Leurs livres sont édités, quelquefois avec des moyens puisés dans le budget national, exposés et vendus dans les librairies de la place, et bénéficient pour leur promotion de campagnes de soutien, avec la présence des plus hautes autorités de l’Etat et des médias publics.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; line-height: 115%; font-family: Verdana;" lang="FR"&gt;Nous en prenons acte et c’est un peu dans la culture du pays.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; line-height: 115%; font-family: Verdana;" lang="FR"&gt;D’autres Sénégalais, vivant au Sénégal, prennent le risque d’écrire et de publier des livres plus ou moins critiques à l’égard du Chef de l’Etat et de ses collaborateurs, dans leurs fonctions de responsables publics, expriment des réserves sur la politique menée par le Président Wade et son gouvernement, s’attachent à mettre en évidence les dérives qui, selon eux, menacent le pays.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; line-height: 115%; font-family: Verdana;" lang="FR"&gt;C’est leur droit.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; line-height: 115%; font-family: Verdana;" lang="FR"&gt;Mais, contrairement aux premiers, ils voient leurs livres interdits d’entrée au Sénégal, lorsqu’ils sont publiés à l’étranger, confisqués par les services des douanes ou de renseignements dès leur arrivée aux frontières. Les libraires qui font la commande de leurs ouvrages sont harcelés, convoqués à la police, soumis au chantage, au point que tous ont renoncé à s’approvisionner auprès des éditeurs, privant ainsi les lecteurs de juger sur pièces. Dans les faits, ce sont tous les écrits politiques de ces « black-listés », quel qu’en soit le sujet, qui sont interdits de librairie, parce que soumis à des « &lt;i style=""&gt;vérifications&lt;/i&gt; » longues et injustifiées.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; line-height: 115%; font-family: Verdana;" lang="FR"&gt;C’est faire deux poids deux mesures.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; line-height: 115%; font-family: Verdana;" lang="FR"&gt;C’est une censure qui ne dit pas son nom, qui ne s’appuie sur aucune base juridique, qui est une atteinte à la liberté d’expression et une violation de la Constitution. C’est un désaveu flagrant des engagements du Président de la République et des déclarations du gouvernement. C’est un déni de justice et un signe de régression de notre politique culturelle. C’est un paradoxe au moment où notre pays se prépare à accueillir le Festival mondial des Arts Nègres, manifestation censée célébrer la créativité et la liberté d’expression recouvrées par les peuples noirs.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; line-height: 115%; font-family: Verdana;" lang="FR"&gt;Cette situation perdure depuis des années sans émouvoir outre mesure les partis de l’opposition ou les organismes attachés à la défense des droits de l’homme et des droits des citoyens. Il est vrai que nous présentons le handicap d’être des Sénégalais et que notre pays nourrit ce vieux complexe qui nous rend plus sensibles aux déboires des étrangers venus du Nord qu’à ceux de nos concitoyens. La meilleure illustration en est fournie par des institutions locales renommées qui ont émis de vives – et justifiées – protestations contre l’interdiction de la vente d’un livre sur la Casamance publié par un chercheur français, alors qu’une vingtaine de livres d’auteurs sénégalais sont dans la même situation et n’ont jamais bénéficié d’un battage médiatique de cette ampleur.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; line-height: 115%; font-family: Verdana;" lang="FR"&gt;C’est pour toutes ces raisons que nous, signataires de ce manifeste et, qui tous, à des degrés divers, avons été victimes de cet ostracisme d’Etat, en appelons à l’opinion nationale et internationale et à tous ceux qui sont respectueux des droits des citoyens pour que cesse cette iniquité. Le Président de la République avait dit ignorer que Tiken Jah Facoly avait été déclaré persona non grata au Sénégal : nous le prenons au mot. Sait-il qu’il y a des ouvrages, qui ne sont ni injurieux ni diffamatoires, écrits par des Sénégalais ou des connaisseurs du Sénégal, dont chacun est un « &lt;i style=""&gt;opus&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;non&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;gratum&lt;/i&gt; », un livre interdit d’entrée, de vente ou de lecture, ce qui est en soi un scandale en ce début du XXIe siècle ? Nous le rappelons donc solennellement aux engagements qu’il a pris devant la nation de faire respecter le droit d’expression de tous les créateurs de ce pays, tel qu’il est reconnu par la Constitution qu’il a juré de défendre.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; line-height: 115%; font-family: Verdana;" lang="FR"&gt;Fadel Dia, Abdoul Aziz Diop, Mandiaye Gaye, Mody Niang&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; line-height: 115%; font-family: Verdana;" lang="FR"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; line-height: 115%; font-family: Verdana;" lang="FR"&gt;Les ouvrages suivants ont été victimes de cette politique culturelle discriminatoire :&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; line-height: 115%; font-family: Verdana;" lang="FR"&gt;1. Abdoul Latif Coulibaly : « &lt;i style=""&gt;Sénégal, Affaire Me Sèye : un meurtre sur&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;commande&lt;/i&gt; », L’Harmattan, 2006.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; line-height: 115%; font-family: Verdana;" lang="FR"&gt;2. Fadel Dia : « &lt;i style=""&gt;Wade–Mecum ou le Wadisme en 15 mots-clés&lt;/i&gt; », L’Harmattan, 2010.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; line-height: 115%; font-family: Verdana;" lang="FR"&gt;3. Abdoul Aziz Diop : « &lt;i style=""&gt;Une succession en démocratie. Le Sénégal face à l’inattendu&lt;/i&gt; », L’Harmattan, 2009.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; line-height: 115%; font-family: Verdana;" lang="FR"&gt;4. Mame Marie Faye : &lt;i style=""&gt;« L’immolation par le feu de la petite fille du président Wade : crimes, trahisons et fin du régime libéral&lt;/i&gt; ».&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; line-height: 115%; font-family: Verdana;" lang="FR"&gt;5. Mandiaye Gaye : « &lt;i style=""&gt;Le&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;Sénégal sous Abdoulaye Wade. Banqueroute, corruption et liberticide&lt;/i&gt; », L’Harmattan, 2010.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; line-height: 115%; font-family: Verdana;" lang="FR"&gt;6. Toumany Mendy : « &lt;i style=""&gt;Politique et puissance de l’argent au Sénégal. Les désarrois d’un peuple innocent&lt;/i&gt; », L’Harmattan, 2006.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; line-height: 115%; font-family: Verdana;" lang="FR"&gt;7. Toumany Mendy : «&lt;i style=""&gt;Sénégal : politiques publiques et engagement politique. La classe politique au banc des accusés&lt;/i&gt; », L’Harmattan, 2008.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; line-height: 115%; font-family: Verdana;" lang="FR"&gt;8. Toumany Mendy : « &lt;i style=""&gt;L’illusion démocratique en Afrique : l’exemple du Sénégal&lt;/i&gt; », L’Harmattan 2010. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; line-height: 115%; font-family: Verdana;" lang="FR"&gt;9. Mody Niang : « &lt;i style=""&gt;Me Wade et l’Alternance, le rêve brisé du Sopi&lt;/i&gt; », L’Harmattan, 2005.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; line-height: 115%; font-family: Verdana;" lang="FR"&gt;10. Mody Niang : «&lt;i style=""&gt;Qui est cet homme qui dirige le Sénégal ?&lt;/i&gt; », L’Harmattan, 2006. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; line-height: 115%; font-family: Verdana;" lang="FR"&gt;11. Babacar Sall : « &lt;i style=""&gt;Le Stagiaire. Roman d’un Président de la République&lt;/i&gt; », L’Harmattan, 2007.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; line-height: 115%; font-family: Verdana;" lang="FR"&gt;12. Papa Moussa Samba : « &lt;i style=""&gt;Le président Wade ou le génie solitaire&lt;/i&gt; », Editions Cjib, 2007.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; line-height: 115%; font-family: Verdana;" lang="FR"&gt;13. Mamadou Seck : « &lt;i style=""&gt;Les scandales politiques sous la présidence d’Abdoulaye Wade&lt;/i&gt; », L’Harmattan, 2005.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; line-height: 115%; font-family: Verdana;" lang="FR"&gt;14. Almamy Mamadou Wane : « &lt;i style=""&gt;Le Sénégal entre deux naufrages ? Le Joola et l’Alternance&lt;/i&gt; », L’Harmattan, 2004.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; line-height: 115%; font-family: Verdana;" lang="FR"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4764660064276258348-5825044604610340372?l=fadeldia.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://fadeldia.blogspot.com/feeds/5825044604610340372/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4764660064276258348&amp;postID=5825044604610340372' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4764660064276258348/posts/default/5825044604610340372'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4764660064276258348/posts/default/5825044604610340372'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://fadeldia.blogspot.com/2010/11/opus-non-gratum.html' title='« OPUS NON GRATUM »'/><author><name>FADEL DIA</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08423831495704844197</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4764660064276258348.post-8883614413072920288</id><published>2010-11-01T14:46:00.000Z</published><updated>2010-11-01T14:47:09.408Z</updated><title type='text'>LULA ET WADE : L’OUVRIER ET LE COLLECTIONNEUR DE PARCHEMINS…</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;           &lt;style&gt;@font-face {   font-family: "Courier New"; }@font-face {   font-family: "Wingdings"; }@font-face {   font-family: "Verdana"; }@font-face {   font-family: "Calibri"; }p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal { margin: 0cm 0cm 10pt; line-height: 115%; font-size: 11pt; font-family: "Times New Roman"; }div.Section1 { page: Section1; }ol { margin-bottom: 0cm; }ul { margin-bottom: 0cm; }&lt;/style&gt;       &lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; line-height: 115%; font-family: Verdana;" lang="FR"&gt;Luis Inacio Lula Da Silva termine un second mandat à la tête du Brésil : il a 65 ans, sa côte de popularité culmine à 80%, et pourtant, il quitte le pouvoir, respectant ainsi scrupuleusement, dans sa lettre et dans son esprit, la constitution de son pays. Il n’avait pas promis de creuser un tunnel sous l’Amazone, ni de relier Belém à Porto-Allègre par un TGV de 3000 km, et c’était pourtant dans les moyens de son pays classé 8&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; puissance mondiale. Ceux qui avaient voté pour lui, il y a dix ans, sont toujours à ses côtés, et d’autres, qui étaient hésitants, ont grossi la foule de ses admirateurs : il avait été réélu pour son second mandat avec 60% des voix et aujourd’hui quatre Brésiliens sur cinq lui expriment leur satisfaction. Pour se faire élire, la candidate de son parti, qui n’est ni sa femme ni sa fille, est obligée de s’abriter sous son ombre et d’assumer son bilan. Ses adversaires eux-mêmes reconnaissent ses conquêtes : ils ne promettent pas de tout changer, mais de faire mieux que lui.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; line-height: 115%; font-family: Verdana;" lang="FR"&gt;Lula avait promis de lutter contre la faim et de réduire la pauvreté au Brésil et il l’a fait : ça paraît banal, mais c’est énorme. Il a donc sorti vingt millions de ses concitoyens de la misère et les a hissés au sein de la classe moyenne, il leur a redonné leur dignité d’hommes. L’assainissement de leurs lieux d’habitation, l’eau, l’électricité, des logements décents, le droit à la parole … ont fait d’eux des citoyens. C’est la mise en application d’une vérité exprimée il y a huit siècles par les sages du Mandé :&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;i style=""&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; line-height: 115%; font-family: Verdana;" lang="FR"&gt;La faim est mauvaise,&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;i style=""&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; line-height: 115%; font-family: Verdana;" lang="FR"&gt;Car l’affamé perd le respect de soi.&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;i style=""&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; line-height: 115%; font-family: Verdana;" lang="FR"&gt;La misère est mauvaise,&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;i style=""&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; line-height: 115%; font-family: Verdana;" lang="FR"&gt;Car le misérable perd son rang !&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; line-height: 115%; font-family: Verdana;" lang="FR"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; line-height: 115%; font-family: Verdana;" lang="FR"&gt;Lula avait donc compris cette pensée politique qui, pour la première fois sans doute, avait &lt;i style=""&gt;« mis en rapport la misère et l’abaissement &lt;/i&gt;», et c’est pour cela que sa popularité est restée intacte.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; line-height: 115%; font-family: Verdana;" lang="FR"&gt;Il n’est pourtant pas &lt;i style=""&gt;« titulaire de dix licences »,&lt;/i&gt; il n’est pas le premier sud-&lt;i style=""&gt;américain « diplômé d’économie et de mathématiques »&lt;/i&gt;, il était ouvrier-tourneur, après avoir exercé les humbles métiers de cireur et de vendeur à la sauvette. Il n’a supprimé ni la violence ni la corruption, mais il est resté &lt;i style=""&gt;« le président des pauvres » &lt;/i&gt;et a su préserver son ancrage auprès de la population qui l’avait élu. Lui, l’ancien trotskiste, a préféré le concret aux expérimentations et spéculations socialisantes, aux utopies et aux éléphants blancs.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; line-height: 115%; font-family: Verdana;" lang="FR"&gt;Il a défendu l’Iran dans ses droits sans rompre avec les Etats-Unis, et Barack Obama ne tarit pas d’éloges sur lui. Il a rendu visite à Israël, s’est incliné devant le Mémorial Yad Vashem, mais a refusé de se rendre sur la tombe de Théodore Herzl, le fondateur du Sionisme.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; line-height: 115%; font-family: Verdana;" lang="FR"&gt;Il a conforté les liens avec ses voisins, sans mépriser les &lt;i style=""&gt;« petits Etats »&lt;/i&gt;, dont certains sont 25 fois plus petits que le sien, et encouragé la réconciliation entre ses concitoyens, au point de passer, lui, pour un très convaincant nobélisable.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; line-height: 115%; font-family: Verdana;" lang="FR"&gt;Wade et Lula s’étaient présentés aux élections présidentielles à plusieurs reprises sans succès, quatre fois pour le premier, trois fois pour le second. En accédant au pouvoir, Lula avait fait ce serment : &lt;i style=""&gt;« Le changement, voilà notre mot d’ordre. L’espoir a vaincu la peur, notre société a décidé qu’il était temps d’emprunter une nouvelle voie ». &lt;/i&gt;Avant lui, Wade avait usé de la même formule, &lt;i style=""&gt;« Sopi »,&lt;/i&gt; et prononcé pratiquement le même discours lors de sa prise de fonction : &lt;i style=""&gt;« L’ère de l’exercice solitaire du pouvoir est terminé. Commence la République des citoyens ».&lt;/i&gt; &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; line-height: 115%; font-family: Verdana;" lang="FR"&gt;Mais là, sans doute, s’arrête la comparaison.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; line-height: 115%; font-family: Verdana;" lang="FR"&gt;Wade a 84 ans avoués et compte se représenter en 2012, à 86 ans. Il avait pourtant dit en 2007 : &lt;i style=""&gt;« Je ne me représenterai pas à un troisième mandat parce que la constitution ne me le permet pas »&lt;/i&gt;. Mais si Lula marche sur les pas des sages mandés, lui foule aux pieds ce précepte africain qui dit que &lt;i style=""&gt;« la parole c’est comme de l’eau : quand elle se verse, elle ne peut plus être ramassée »&lt;/i&gt;. &lt;i style=""&gt;« Seuls les imbéciles ne changent pas d’avis ! »&lt;/i&gt;, clame-t-il pour se justifier, mais ici, il ne s’agit pas d’avis, il s’agit du respect de la parole donnée, et il n’y a pas très longtemps, la violer pouvait conduire chez nous à une ordalie. Il sera donc candidat en 2012 (nous dit-il, mais le fera-t-il ?) : s’il est élu, et si Dieu lui prête vie, il terminera son dernier mandat à …93 ans. Jamais, dans l’histoire moderne, un homme n’a exercé le pouvoir présidentiel à cet âge. Bourguiba a été destitué à 83 ans et n’avait plus que quelques heures de lucidité par jour. Houphouët a gouverné la Côte d’Ivoire jusqu’à 88 ans et il lui arrivait de somnoler en plein conseil ministériel. Mais, surtout, ce dérèglement du pouvoir a alimenté rivalités et complots et plongé son pays dans l’anarchie et la guerre, au point que Gbagbo a exercé un mandat entier en pleine fraude, sans aucune base constitutionnelle.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; line-height: 115%; font-family: Verdana;" lang="FR"&gt;L’acharnement du président Wade à demeurer au pouvoir, quel qu’en soit le prix, et à propulser son fils à la tête de l’Etat, sans qu’il ait subi la propédeutique qu’impose un tel challenge, font courir de graves périls à notre pays. Le pari du &lt;i style=""&gt;« Sopi »&lt;/i&gt;, il le sait, est définitivement perdu, comme l’attestent les chiffres suivants, établis par les organisations les plus compétentes :&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="margin-left: 36pt; text-indent: -18pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; line-height: 115%; font-family: Symbol;" lang="FR"&gt;&lt;span style=""&gt;·&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 7pt; line-height: normal; font-size-adjust: none; font-stretch: normal;"&gt;      &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; line-height: 115%; font-family: Verdana;" lang="FR"&gt;selon le classement établi par &lt;i style=""&gt;Reporters Sans Frontières&lt;/i&gt; en matière de liberté de presse, le Sénégal est passé du 47&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; rang en 2002 au 89&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; rang en 2009. &lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;A titre de comparaison le Mali occupait le 31&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; rang pour cette dernière année ;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="margin-left: 36pt; text-indent: -18pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; line-height: 115%; font-family: Symbol;" lang="FR"&gt;&lt;span style=""&gt;·&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 7pt; line-height: normal; font-size-adjust: none; font-stretch: normal;"&gt;      &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; line-height: 115%; font-family: Verdana;" lang="FR"&gt;selon &lt;i style=""&gt;Transparency International,&lt;/i&gt; notre pays est entré dans la zone rouge de la corruption et figurait en 2008 au 99&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; rang mondial en matière de perception de la corruption. Des voleurs siègent au Conseil des ministres : c’est un ancien ministre de Wade qui l’affirme !&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="margin-left: 36pt; text-indent: -18pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; line-height: 115%; font-family: Symbol;" lang="FR"&gt;&lt;span style=""&gt;·&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 7pt; line-height: normal; font-size-adjust: none; font-stretch: normal;"&gt;      &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; line-height: 115%; font-family: Verdana;" lang="FR"&gt;enfin, notre pays occupe le 166&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; rang (sur 180 pays classés) pour ce qui concerne l’Indice de Développement Humain, juste devant l’Erythrée !&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; line-height: 115%; font-family: Verdana;" lang="FR"&gt;La détresse des populations, les émeutes des quartiers, les pénuries des denrées les plus essentielles comme l’électricité, l’eau ou le gaz sont les manifestations de ce mal vivre persistant. On aura remarqué que le Président de la République, si friand de hourras, et le ministre chargé de l’aménagement du territoire, se sont bien gardés d’aller visiter les banlieues inondées et se contentent d’écouter leurs doléances dans le confort de leurs bureaux douillets.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; line-height: 115%; font-family: Verdana;" lang="FR"&gt;Alors que faire ?&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; line-height: 115%; font-family: Verdana;" lang="FR"&gt;Le&lt;i style=""&gt; « sacrifice de sa personne »&lt;/i&gt; que le vieil homme donne l’impression de faire à la nation en se préparant à l’exercice douloureux d’une campagne électorale qu’il souhaiterait réduire à sa plus simple expression, est en fait le signe de son désenchantement. Il ne fait plus confiance aux siens pour arracher la victoire. Il a sacrifié les plus combatifs d’entre eux pour faire de la place à &lt;i style=""&gt;son « fils biologique »&lt;/i&gt; et celui-ci traîne d’insurmontables casseroles, entre accusations de détournements et mauvaise maîtrise de la langue véhiculaire de toute campagne de communication. Charger Karim comme un baudet ne règle rien, car multiplier les défis, c’est aussi multiplier les risques d’échecs. En accédant au ministère des transports aériens, il nous avait promis une éclaircie dans le ciel sénégalais : un an après &lt;i style=""&gt;Sénégal Airlines&lt;/i&gt; est à peine ébauchée, les ex. employés d’&lt;i style=""&gt;Air Sénégal International&lt;/i&gt; courent derrière leurs droits, et la sécurité de l’aéroport L.S. Senghor est sous la menace de constructions anarchiques. C’est sans doute pour éviter de pareils déboires que Karim s’est vite débarrassé de l’encombrant département de l’Aménagement du Territoire.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; line-height: 115%; font-family: Verdana;" lang="FR"&gt;Au moment où le départ de Lula est salué comme celui du « &lt;i style=""&gt;Mandela&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;sud&lt;/i&gt;-&lt;i style=""&gt;américain&lt;/i&gt; », la dernière bataille de Wade apparait comme le début d’un abus de faiblesse, le complot d’une garde rapprochée pour faire durer ses privilèges. Ce qu’un conseiller de Wade (celui-là même qui, il n’y a pas longtemps, avait proclamé : « &lt;i style=""&gt;si&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;nous sommes battus aux élections, nous irons tous en prison&lt;/i&gt; ») résume par ces mots : « &lt;i style=""&gt;nous ne sommes pas prêts à lâcher le pouvoir&lt;/i&gt; ! ». Sans doute ignore-t-il qu’en démocratie, « &lt;i style=""&gt;tout pouvoir est dans la même situation qu’un établissement de crédit&lt;/i&gt; » : il s’écroule dès lors que la majorité de ses clients – ici les électeurs – lui retirent leur confiance.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; line-height: 115%; font-family: Verdana;" lang="FR"&gt;Si l’âge de Wade nous interpelle, c’est que le Président de la République est aujourd’hui dominé par les siens, alors que « &lt;i style=""&gt;la vieillesse n’est noble que lorsqu’elle ne se vend à personne&lt;/i&gt; ».&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4764660064276258348-8883614413072920288?l=fadeldia.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://fadeldia.blogspot.com/feeds/8883614413072920288/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4764660064276258348&amp;postID=8883614413072920288' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4764660064276258348/posts/default/8883614413072920288'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4764660064276258348/posts/default/8883614413072920288'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://fadeldia.blogspot.com/2010/11/lula-et-wade-louvrier-et-le.html' title='LULA ET WADE : L’OUVRIER ET LE COLLECTIONNEUR DE PARCHEMINS…'/><author><name>FADEL DIA</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08423831495704844197</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4764660064276258348.post-8563729956612004909</id><published>2010-11-01T14:04:00.000Z</published><updated>2010-11-01T14:05:08.314Z</updated><title type='text'>SALE  ARGENT !</title><content type='html'>&lt;style&gt;@font-face {   font-family: "Courier New"; }@font-face {   font-family: "Wingdings"; }@font-face {   font-family: "Verdana"; }@font-face {   font-family: "Calibri"; }@font-face {   font-family: "Cambria"; }p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal { margin: 0cm 0cm 10pt; line-height: 115%; font-size: 11pt; font-family: "Times New Roman"; }h2 { margin: 12pt 0cm 3pt; line-height: 115%; page-break-after: avoid; font-size: 14pt; font-family: "Times New Roman"; font-style: italic; }span.Titre2Car { font-family: Cambria; font-weight: bold; font-style: italic; }div.Section1 { page: Section1; }ol { margin-bottom: 0cm; }ul { margin-bottom: 0cm; }&lt;/style&gt;         &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; line-height: 115%; font-family: Verdana;" lang="FR"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; line-height: 115%; font-family: Verdana;" lang="FR"&gt;Comment cela s’appelle-t-il quand le roi bafouille, que les héritiers s’étripent entre eux, que les courtisans se crêpent les chignons, que les clans se multiplient, que des lièvres peureux prennent soudain des airs de lions, que vos amis, au lieu de vous inciter à ménager votre monture, vous poussent dans le précipice, par leur zèle suspect, tandis que vos ennemis sonnent l’hallali ?&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; line-height: 115%; font-family: Verdana;" lang="FR"&gt;Cela s’appelle une fin de règne. Que Wade soit ou non réélu en 2012 n’y change rien, le temps travaille contre lui et nous savons que désormais les intrigues des maires du Palais l’emporteront sur une volonté flageolante. La question n’est pas de savoir qui dort au Palais, la question fondamentale est de savoir qui prend les décisions et surtout comment elles se prennent.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; line-height: 115%; font-family: Verdana;" lang="FR"&gt;Les Tunisiens et les Ivoiriens, qui ont vécu la déchéance de Bourguiba (destitué à 84 ans) et de Houphouët-Boigny (mort au pouvoir à 88 ans), le savent bien : les hivers des vieux chefs sont des moments shakespeariens où tous les coups sont permis. Leur entourage et tous ceux qui n’existent que par eux avaient appris à naviguer entre les somnolences et les coups de gueule, les oublis répétés et les rappels à l’ordre, mais tous avaient réalisé aussi que ces chefs en sursis n’avaient plus qu’une ressource : l’argent, au moins tant que leurs mains avaient la force de signer un chèque.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; line-height: 115%; font-family: Verdana;" lang="FR"&gt;Que peut en effet offrir d’autre, un autocrate en fin de règne ?&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; line-height: 115%; font-family: Verdana;" lang="FR"&gt;Le pouvoir ? Nous l’avons vu, il ne faut plus y compter quand celui du chef lui-même se délite, que la révolte gronde dans sa cour et même dans son gynécée. De petites principautés sortent de l’imagination des hommes et qui s’appellent « Génération du Concret » ou « Sentinelles », voire « mouvement pour le soutien à Wade »…, mais via d’autres lieutenants que l’on croit moins chancelants : Aminata Tall , Karim Wade, etc. On ne peut plus se fier au guide, il faut une bouée de sauvetage, une planche de salut ! Il est bientôt fini le temps où le Président était la seule « constante ».&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; line-height: 115%; font-family: Verdana;" lang="FR"&gt;L’espoir ? On a quand même compris que l’avenir se fera sans lui, et peut-être contre lui, alors pourquoi parier sur lui, au risque d’insulter l’avenir ? C’est en se fondant sur cette réalité que l’on voit depuis peu des places se libérer autour de Wade, que des fidèles choisissent des postes qui ont des fondements légaux plutôt que ceux qui relèvent des caprices du Prince, que des alliés prennent des libertés ou osent revendiquer un droit d’inventaire, que des thuriféraires jusqu’alors bruyants se font plus discrets et que désormais le Président doive payer cash tous les services qui lui sont rendus.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; line-height: 115%; font-family: Verdana;" lang="FR"&gt;Tout le monde sait que l’on ne peut pas donner ce que l’on n’a plus, alors tout le monde se rue sur ce qui reste et qui est concret et palpable : l’argent ! Voila pourquoi depuis quelques mois, des sébiles se tendent de partout vers Wade qui n’a jamais été aussi généreux de l’argent des contribuables. En moins d’un trimestre tout le monde est passé à la caisse, des plus méritants aux profiteurs professionnels. Désormais les dons ne se font plus sous forme de discrètes enveloppes, ils sont publics, claironnés même pour attirer les gogos. Il y a eu les « anciens lutteurs », qui ne sont pas des modèles en matière de gestion. Il y a eu les ulémas, que l’on croyait plus détachés des choses de ce monde.&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;Il y a eu les mosquées, y compris celle en construction à Marseille et qui n’est pourtant pas en mal d’argent, mais, à ces moments-là, seules les prières peuvent sauver. Il y a eu les basketteurs et les basketteuses, rares motifs de satisfaction en ces temps de disette de gloire. Le plus cocasse, c’est que les journalistes et photographes, témoins de l’événement et censés exprimer le désarroi de la rue, ont été les victimes collatérales et consentantes de cette générosité selective. On en est là au Sénégal aujourd’hui : rien ne se refuse et surtout pas l’argent. Il faut enfin compter, à côté de ces élus occasionnels, les habitués, le cortège des « accompagnateurs » et des militants alimentaires, la coalition des partis, appelée « Alliance Sopi pour Toujours », que le Président, donc l’Etat a pourvu d’un budget (monstrueux par les temps qui courent, puisqu’il pourrait s’élever à un milliard en douze mois !), au même titre qu’une collectivité territoriale. La misère prospère dans les banlieues et les campagnes, les dispensaires et hôpitaux se meurent, des travailleurs et des étudiants courent derrière leurs salaires et leurs bourses, mais qu’importe ? La libéralité passe avant la reconnaissance des droits et le Président n’a de la compassion que pour ceux qui ont assez d’entregent pour accéder à son bureau, et assez de bagout pour vanter ses mérites.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; line-height: 115%; font-family: Verdana;" lang="FR"&gt;Toutes les personnes qui profitent de cette désorganisation de l’Etat sont susceptibles d’être accusées « d’abus de faiblesse », car cette distribution d’argent public, aussi intempestive qu’indécente, participe d’une certaine manière au pillage d’un héritage qui n’appartient plus à Wade. Les libéralités du Président de la République, à moins de deux ans de la fin de son mandat, s’apparentent en effet à un détournement de succession. De même que Mme Liliane Bettencourt se voit contester le droit de distribuer un héritage familial à un favori, de même les Sénégalais pourraient contester à l’actuel chef de l’Etat celui de dilapider, au profit de causes subalternes, un trésor public qui est le fruit de l’effort national et qu’il n’aura plus le temps de fructifier.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; line-height: 115%; font-family: Verdana;" lang="FR"&gt;Mais l’argent public n’est plus seul à polluer l’atmosphère des Sénégalais. Pour la première fois dans notre pays, celui de particuliers nous éclabousse et déborde à la une des journaux. Voila que des ministres, réels ou putatifs, sont accusés de s’être fait gruger, au sein même de leurs familles, pour des montants qui sont loin d’être des broutilles. Le ministre d’Etat, ministre des Affaires Etrangères, premier sur la liste protocolaire du gouvernement, se serait fait arnaquer par ses propres fils qui se seraient permis de s’offrir une voiture de luxe et une bamboula dans un palace. L’intéressé a nié avoir été volé par ses enfants, mais pas le fait que ceux-ci se soient payé une virée à ses frais et de toute façon, comme le dit le proverbe, « la femme de César ne doit pas être soupçonnée ». &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; line-height: 115%; font-family: Verdana;" lang="FR"&gt;Comme si cela ne suffisait pas, un autre « ministre » se fait alpaguer d’autres millions, à son domicile aussi, par une « femme très proche ( !) » nous dit la presse, si proche que la seule sanction prononcée contre elle aurait été de la rendre à sa famille. Comment ce personnage haut en couleur, qui servait de factotum à Wade il y a dix ans et « tapait » les journalistes chaque fois qu’il apportait un communiqué de son parti, a-t-il pu accumuler autant d’argent en si peu de temps ? Dans son cas au moins, on peut se réjouir qu’il ait été en quelque sorte sanctionné par une justice immanente puisqu’il se refusait de payer une dette à un homme qui le poursuit au prix de sa vie !&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; line-height: 115%; font-family: Verdana;" lang="FR"&gt;Ces deux cas illustrent une réalité : lorsque les barons se méfient des banques, préfèrent les bas de laine aux institutions traditionnels de crédit, stockent l’argent chez eux comme en période de disette, c’est qu’il y a quelque chose de pourri au royaume, c’est le signe même de la déliquescence du régime. D’ailleurs, l’un d’eux avait lâché ce cri : « Si Wade tombe, nous irons tous en prison ! »…&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; line-height: 115%; font-family: Verdana;" lang="FR"&gt;C’est encore une histoire d’argent qui a conduit la gendarmerie à convoquer et à placer en garde à vue&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;un autre ancien ministre de Wade, son complice des mauvais coups, accusé selon la presse de « blanchiment d’argent », en même temps que ses fils, pour des montants qui se chiffreraient à des centaines de millions, voire des milliards. Le suspect se défend mollement et surtout menace de « faire sauter » le régime et son chef par ses révélations. Ses partisans, car il est aussi chef de parti, et ses protecteurs renchérissent : au Sénégal on ne demande plus justice, on réclame l’impunité ! &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; line-height: 115%; font-family: Verdana;" lang="FR"&gt;Depuis l’avènement de Wade, on peut dire vulgairement que l’argent nous pompe l’air et que des citoyens s’enrichissent scandaleusement aux dépens de la collectivité. La surliquidité du Président de la République et les extravagances de ses ministres rendent dérisoires les poursuites engagées contre Modibo Diop et ses acolytes. L’argent distribué à la volée n’est illicite que quand celui qui en dispose cesse d’être dans les bonnes grâces du pouvoir, et au conseil des ministres siègent des personnes accusées de détournements et de prévarications. A moins de convoquer toute la classe politique au tribunal de l’enrichissement illicite, l’ancien directeur de l’ASER ne restera que comme un bouc émissaire.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4764660064276258348-8563729956612004909?l=fadeldia.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://fadeldia.blogspot.com/feeds/8563729956612004909/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4764660064276258348&amp;postID=8563729956612004909' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4764660064276258348/posts/default/8563729956612004909'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4764660064276258348/posts/default/8563729956612004909'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://fadeldia.blogspot.com/2010/11/sale-argent.html' title='SALE  ARGENT !'/><author><name>FADEL DIA</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08423831495704844197</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4764660064276258348.post-8816190190953360269</id><published>2010-11-01T13:46:00.003Z</published><updated>2010-11-01T13:51:37.775Z</updated><title type='text'>« LA FRANCE, TU L’AIMES OU TU LA QUITTES…ET, SI TU L’AIMES, PRENDS GARDE A TOI ! »</title><content type='html'>&lt;style&gt;@font-face {   font-family: "Calibri"; }@font-face {   font-family: "Cambria"; }p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal { margin: 0cm 0cm 10pt; line-height: 115%; font-size: 11pt; font-family: "Times New Roman"; }h1 { margin: 12pt 0cm 3pt; line-height: 115%; page-break-after: avoid; font-size: 16pt; font-family: "Times New Roman"; }span.Titre1Car { font-family: Cambria; font-weight: bold; }div.Section1 { page: Section1; }&lt;/style&gt;     &lt;h1 style="font-family: verdana;font-family:verdana;" &gt;&lt;span style="line-height: 115%;font-size:100%;" lang="FR" &gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;NB Ce texte a été publié en juillet 2010 dans un journal dakarois&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/h1&gt;  &lt;p style="font-family: verdana;font-family:verdana;"  class="MsoNormal"&gt;&lt;span lang="FR"  style="font-size:100%;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p style="font-family: verdana;font-family:verdana;"  class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;i style=""&gt;&lt;span lang="FR"&gt;Après le discours de Dakar, celui de Grenoble…&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"  style="text-align: justify; font-family: verdana;font-family:verdana;"&gt;&lt;span lang="FR"  style="font-size:100%;"&gt;Quelle leçon y-a-t-il encore à tirer, quel modèle y-a-t-il à emprunter à la France de Nicolas Sarkozy pour que treize Chefs d’Etats africains acceptent de jouer les faire-valoir, se plient à cette humble fonction de figurants muets et anonymes à la fête française du 14 juillet 2010, au motif que c’était aussi une occasion de commémorer le cinquantenaire des indépendances de leurs pays respectifs et la « &lt;i style=""&gt;fraternité&lt;/i&gt;» de leurs armées ? Quelle &lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;drôle idée d’abord de délivrer le diplôme à Paris quand l’examen a été fait en Afrique et quelle inconvenance que de fêter son anniversaire chez « &lt;i style=""&gt;l’ami&lt;/i&gt; », plus fort, plus puissant que vous, qui vous impose ses rites et ses symboles, plutôt que chez soi, au milieu des siens et à sa mesure… Le sage peulh nous dit pourtant que le taureau doit parader et se battre dans son village, car c’est là qu’on prendra parti pour lui, qu’il sera reconnu et qu’on l’acclamera.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"  style="text-align: justify; font-family: verdana;font-family:verdana;"&gt;&lt;span lang="FR"  style="font-size:100%;"&gt;Si les Chefs d’Etat d’Afrique francophone s’inclinent à Paris ce 14 juillet 2010, comme l’avaient fait leurs prédécesseurs cinquante ans plus tôt, ce qui est tout un symbole, Nicolas Sarkozy pour sa part, poursuit le chemin de dénigrement entamé à Dakar. Plus Fouché qu’Obama, il demeure un policier, un inquisiteur qui depuis presque dix ans, depuis sa nomination au poste de ministre de l’intérieur, a fait de la sécurité de la France son principal slogan électoral et de la lutte contre les immigrés la seule arme pour l’assurer. Elu Président de la République, il avait vite abattu ses cartes en créant un ministère qui conjugue identité nationale et immigration, et invité les immigrés à faire un choix : « &lt;i style=""&gt;La&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;France&lt;/i&gt;, &lt;i style=""&gt;tu&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;l’aimes&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;ou&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;tu&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;la&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;quittes&lt;/i&gt; ! ». A Grenoble, en juillet dernier, il s’est fait encore plus pressant et plus menaçant : il établit désormais un lien étroit entre immigration et délinquance. Mais ne vous trompez pas de cible : l’ « &lt;i style=""&gt;immigré&lt;/i&gt; » pour Sarkozy, né de père hongrois longtemps apatride, marié à une italienne naturalisée française, c’est essentiellement, sinon exclusivement, celui qui vient d’au-delà de la Méditerranée, le « &lt;i style=""&gt;géant&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;noir&lt;/i&gt; » des banlieues, le « &lt;i style=""&gt;caïd&lt;/i&gt; » beur des cités, l’Arabe ou l’Africain, même s’ils sont nés en France. A défaut de les passer au « &lt;i style=""&gt;karcher&lt;/i&gt; », ce qui ne se fait plus, il va user donc de lois très opportunistes pour les punir. Cela fait près de dix ans qu’il renforce l’arsenal répressif contre eux, sans réussir à juguler l’insécurité, mais le filon reste éminemment rentable, comme le prouvent les derniers sondages opérés en France. La politique du bouc émissaire est une tactique électorale très connue mais, comme le dit la députée écologiste européenne Eva Joly, qui est loin d’être une extrémiste, le tir de barrage permanent de Sarkozy contre les immigrés, contre les « &lt;i style=""&gt;gens&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;du&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;voyage&lt;/i&gt; », qui sont pourtant d’ «&lt;i style=""&gt;authentiques&lt;/i&gt; » Français, et contre les Roms s’apparente bien à « &lt;i style=""&gt;un&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;racisme&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;d’Etat&lt;/i&gt; ».&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p style="font-family: verdana;font-family:verdana;"  class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;span lang="FR"&gt;« &lt;i style=""&gt;Issu&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;de&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;l’immigration&lt;/i&gt; » : &lt;i style=""&gt;un&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;péché !&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"  style="text-align: justify; font-family: verdana;font-family:verdana;"&gt;&lt;span lang="FR"  style="font-size:100%;"&gt;Il y a tout de même un paradoxe français. Voila un pays qui, contrairement aux pays anglo-saxons, Etats-Unis ou Canada entre autres, impose une « &lt;i style=""&gt;assimilation&lt;/i&gt; » totale à ceux qui prétendent à sa nationalité. La France ne tolère pas les « &lt;i style=""&gt;communautés&lt;/i&gt; », les exceptions culturelles en son sein, les survivances régionalistes. Pour être Français, il faut se dépouiller de tout ce qui vous lie à votre pays d’origine, et l’on sait quelles ambigüités cela avait provoqué sous le régime colonial. Mais, au-delà de l’immigration proprement dite, cette exigence a marqué tout le vécu français puisque les régions françaises se sont vu imposer les lois d’une république monoculturelle qui ont amputé leur héritage historique. Cette politique d’assimilation se nourrit depuis peu de surenchères : des voix s’élèvent aujourd’hui pour réclamer le bannissement de prénoms qui, comme Mouloud ou Fatou, détonnent parmi les noms de baptême français et Mme Yade se garde bien de préciser qu’elle s’appelle Ramatoulaye. L’Islam, deuxième religion de France, revendique bien 5 à 6 millions de fidèles, mais pour certains il n’est tolérable que s’il est « français », si ses pratiquants ne sont musulmans que superficiellement, sans ostentation ni prétention, s’ils se contentent de mosquées sans minarets, se plient aux us vestimentaires et alimentaires du Français de référence. S’ils mangent du porc et boivent du vin, on est même prêt alors à les considérer comme de bons Auvergnats…à condition qu’ils ne soient pas trop nombreux tout de même !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"  style="text-align: justify; font-family: verdana;font-family:verdana;"&gt;&lt;span lang="FR"  style="font-size:100%;"&gt;Mais pour Sarkozy, l’assimilation ne suffit pas pour effacer le passé. Etre « &lt;i style=""&gt;issu&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;de&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;l’immigration&lt;/i&gt; » c’est une tare indélébile, un péché originel dont on ne peut jamais se démettre. A Grenoble, il l’a rappelé à tous ces Français de « &lt;i style=""&gt;fraîche&lt;/i&gt; » date qui croyaient qu’ils étaient devenus des Français comme les autres. Danny Boon se croyait pur ch’ti, Sarkozy lui rappelle que sous son écorce de fils du Nord et son nom de trappeur, il y a le dur noyau de fils de maghrébin. Les héros des championnats européens d’athlétisme de Barcelone, les Myriam Soumaré ou Leslie Dhjone, qui avaient préféré la France à la Mauritanie ou à la Côte d’Ivoire de leurs parents, Rama Yade qui ne se dit jamais d’origine sénégalaise mais Française « &lt;i style=""&gt;née&lt;/i&gt; à &lt;i style=""&gt;l’étranger&lt;/i&gt; », en sont pour leurs frais : il ne leur suffit pas d’aimer la France, qu’ils sachent qu’en cas de faute grave, ils seront doublement sanctionnés, d’abord en tant que criminels, puis en tant qu’issus de l’immigration ! Si pour le même crime, leurs camarade et collègue Ch. Lemaître et Roselyne Bachelot, qui ont le privilège d’être des Français « &lt;i style=""&gt;souchiens&lt;/i&gt; », ne risquent que la prison, conformément à la loi, eux seront, en outre, déchus de la nationalité française. Quitte à se retrouver apatrides ! Quant à leurs parents, ils seront jugés responsables des délits de leurs enfants mineurs et sanctionnés à leur tour, de privations d’allocations familiales, voire de prison ! Si cela ne suffit pas, les maires des communes qui les accueillent seront traînés devant la justice ! Et si cela ne suffit pas encore, l’expulsion voire la déchéance seront prononcées pour des motifs plus futiles : vols répétés ou « &lt;i style=""&gt;mendicité&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;agressive&lt;/i&gt; » ! Un humoriste français a posé cette question pertinente : quels crimes restent autorisés aux Français « &lt;i style=""&gt;issus&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;de&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;l’immigration »,&lt;/i&gt; s’ils veulent continuer à conserver la nationalité française ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"  style="text-align: justify; font-family: verdana;font-family:verdana;"&gt;&lt;span lang="FR"  style="font-size:100%;"&gt;La double peine c’est seulement pour ceux qui sont issus de l’immigration !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p style="font-family: verdana;font-family:verdana;"  class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;i style=""&gt;&lt;span lang="FR"&gt;La France « s’africanise » !&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"  style="text-align: justify; font-family: verdana;font-family:verdana;"&gt;&lt;span lang="FR"  style="font-size:100%;"&gt;La France d’aujourd’hui n’est plus un modèle de démocratie, ni en matière de respect des droits de l’Homme, comme vient de le lui rappeler l’ONU, ni en matière d’équilibre des pouvoirs. Certains n’ont pas hésité à appeler « &lt;i style=""&gt;rafles&lt;/i&gt; » les déguerpissements conduits contre les « &lt;i style=""&gt;gens&lt;/i&gt; du &lt;i style=""&gt;voyage&lt;/i&gt; ». D’autres trouvent des relents de « &lt;i style=""&gt;pureté&lt;/i&gt; » nationale dans la distinction faite entre les Français en matière de droits. Avec Sarkozy, la France est désormais ravalée au rang des pays africains dont elle moquait le pouvoir autocratique, ses dirigeants et sa classe politique versent dans les excès de langage et les improvisations. Il y a désormais un chef et quand il parle, le rôle de chaque membre de sa cour consiste à aller plus loin encore que lui. Il n’y a aujourd’hui aucune différence, dans le fond comme dans la forme, entre les imprécations de Doudou Wade et celles de Frédéric Lefebvre, entre les dérives d’Eric Besson et les élucubrations de Farba Senghor, entre la ministre Nadine Morano qui traite tous les journalistes-investigateurs de France de « &lt;i style=""&gt;hitléro&lt;/i&gt;-&lt;i style=""&gt;trotskistes&lt;/i&gt; » et les « &lt;i style=""&gt;taasu&lt;/i&gt; » injurieux de la députée de base du PDS. Les propositions du député Eric Ciotti sont de la même inspiration que celles qui avaient conduit à la loi Ezan. En France comme au Sénégal, il n’y a qu’ « &lt;i style=""&gt;une&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;seule&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;constante&lt;/i&gt; », le Chef de l’Etat, ses sorties sont paroles d’évangile, ses ministres sont de petits soldats qui se chargent d’en expliciter le contenu. « &lt;i style=""&gt;Français&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;ou&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;voyou&lt;/i&gt; : &lt;i style=""&gt;il&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;faut&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;choisir&lt;/i&gt; ! » clame l’un, tandis qu’un autre invente une nouvelle catégorie juridique, celle du« &lt;i style=""&gt;présumé&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;coupable&lt;/i&gt; » ! Le Président de la République française peut donc ignorer un article fondamental de la constitution française qui établit que tous les citoyens français sont égaux devant la loi et que la justice ne peut être rendue en fonction de l’origine du citoyen en cause. Il peut fouler aux pieds cette règle selon laquelle la déchéance de la citoyenneté suppose que le citoyen visé dispose d’une nationalité de rechange et qu’il ne devient pas apatride. Ses propositions ne franchiront probablement pas le cap du Conseil Constitutionnel, mais qu’importe, elles sont d’abord un appât, une manière de gagner des voix sur Le Pen, une sortie pour détourner l’attention et faire oublier les échecs et les « &lt;i style=""&gt;affaires&lt;/i&gt; » gênantes : les Roms ont sauvé Eric Worth. Quitte à mettre en péril la cohésion nationale et les fondements de l’égalité républicaine.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p style="font-family: verdana;font-family:verdana;"  class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;i style=""&gt;&lt;span lang="FR"&gt;Rapatrier&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span lang="FR"&gt; &lt;i style=""&gt;notre&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;dignité&lt;/i&gt; !&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"  style="text-align: justify; font-family: verdana;font-family:verdana;"&gt;&lt;span lang="FR"  style="font-size:100%;"&gt;Chefs d’Etat francophones si, quelquefois, vous râliez ! Vous ne pouvez pas rester toujours indifférents au sort des sans-papiers, qui ne sont pas forcément des sans travail, dont beaucoup exercent des métiers, quelquefois au sein d’institutions publiques, s’acquittent de leurs impôts et contribuent à la résorption du déficit de la sécurité sociale française. Ils sont citoyens de vos Etats et, par leurs envois d’argent assurent, quelquefois tout seuls, la paix sociale dans vos pays. Vous ne devez pas oublier que ces jeunes Français « &lt;i style=""&gt;issus&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;de&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;l’immigration&lt;/i&gt; » sont les enfants ou les descendants de vos propres concitoyens. Pourtant aucune voix ne s’élève jamais de vos palais pour stigmatiser les dérives qui pèsent sur les Africains de France et sur les Français-africains, pour regretter le procès d’intention qui leur est fait, pour déplorer la généralisation facile et hâtive que l’on fait chaque fois que l’un d’entre eux commet un délit. Le président Sarkozy peut se permettre de tenir un « &lt;i style=""&gt;langage&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;de&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;vérité&lt;/i&gt; » à ses partenaires africains, les présidents africains sont eux condamnés à la langue de bois et à la non ingérence dans les affaires intérieures françaises. Il peut annoncer qu’il ira chercher au Tchad ses concitoyens condamnés pour escroquerie humanitaire, « &lt;i style=""&gt;quoiqu’ils&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;aient&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;fait&lt;/i&gt; », précise-t-il, mais ne vous autorise pas à vous apitoyer sur le sort de cette femme africaine traînée dans la rue, un bébé dans les bras. Il l’avait déjà dit haut et fort : « &lt;i style=""&gt;Il&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;n’appartient&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;pas&lt;/i&gt; à M. &lt;i style=""&gt;Wade&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;de&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;définir&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;la&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;politique&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;d’immigration&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;de&lt;/i&gt; la &lt;i style=""&gt;France&lt;/i&gt; ! ». En revanche, lorsque son représentant à Dakar s’interpose dans nos affaires intérieures, c’est notre opposition elle-même qui salue ce geste de « &lt;i style=""&gt;haute&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;portée&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;politique&lt;/i&gt; ». L’ambassadeur de France aurait donc le droit de se prononcer publiquement et dans l’exercice de ses fonctions, sur le rôle que Wade voudrait, selon lui, faire jouer à son fils, mais il serait outrecuidant que celui qui défend les intérêts du Sénégal à Paris exprime un point de vue sur les manœuvres de Sarkozy tentant d’imposer son fils à la direction de la Défense. La réciprocité est pourtant une règle intangible des relations entre nations et si la France n’éprouve aucun scrupule à soutirer, en moyenne, un milliard et demi de francs, par an, aux Sénégalais qui sollicitent un visa&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;dans son consulat, pour « &lt;i style=""&gt;frais&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;de&lt;/i&gt; &lt;i style=""&gt;dossier&lt;/i&gt; », il n’y a aucune raison pour que le Sénégal se dispense d’exiger les mêmes droits des Français qui veulent fouler son territoire.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"  style="text-align: justify; font-family: verdana;font-family:verdana;"&gt;&lt;span lang="FR"  style="font-size:100%;"&gt;C’est dire donc qu’au-delà des récriminations que nous avons le devoir de formuler lorsque nos intérêts sont en cause, il y a une impérative nécessité pour nos pays de rapatrier notre dignité, comme nous avons rapatrié nos instruments politiques. Les cinquante prochaines années devraient être celles de la reprise de l’initiative dans la conduite de notre destin. Que l’on cesse désormais de, toujours et sur tout, nous référer à l’Occident qui détiendrait seule l’étalon des valeurs universelles. Arrêtons les manifestations devant le Parlement français pour exprimer notre ressentiment contre nos propres gouvernants, les délégations dans les missions diplomatiques étrangères pour les prendre à témoin et implorer leur arbitrage. Il est aussi ridicule d’écrire à Claude Guéant pour se plaindre du mode de nomination d’un ambassadeur de France au Sénégal, que de le louer pour avoir reçu Karim Wade. Cessons de croire que les seuls bons journaux africains sont ceux qui figurent dans la revue de presse de RFI, de considérer que l’opinion de l’Occident compte plus que celle de notre population ou de nos élites.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"  style="text-align: justify; font-family: verdana;font-family:verdana;"&gt;&lt;span lang="FR"  style="font-size:100%;"&gt;La force de la Chine c’est qu’elle croit d’abord à elle-même... &lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4764660064276258348-8816190190953360269?l=fadeldia.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://fadeldia.blogspot.com/feeds/8816190190953360269/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4764660064276258348&amp;postID=8816190190953360269' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4764660064276258348/posts/default/8816190190953360269'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4764660064276258348/posts/default/8816190190953360269'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://fadeldia.blogspot.com/2010/11/la-france-tu-laimes-ou-tu-la-quitteset.html' title='« LA FRANCE, TU L’AIMES OU TU LA QUITTES…ET, SI TU L’AIMES, PRENDS GARDE A TOI ! »'/><author><name>FADEL DIA</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08423831495704844197</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4764660064276258348.post-8829574369765946800</id><published>2010-07-08T20:55:00.000Z</published><updated>2010-07-08T21:02:34.961Z</updated><title type='text'>PATRICE EVRA ET LES PYROMANES...</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;font-size:85%;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;NB Ce texte a été publié dans le "Nouvel Horizon" du 25 juin 2010&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;font-size:130%;"&gt;&lt;/span&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;font-size:130%;"&gt;Dans une confession diffusée quelques jours avant le Mondial 2010, Patrice Evra nous expliquait que c’était son cœur qui avait choisi la France. Sa famille réside bien au Sénégal, le pays de son père avait déployé de grands efforts et multiplié des offres pour l’attirer dans la tanière des Lions, mais, lui, avait laissé parler son cœur. Il aime la France, il y a vécu depuis l’âge de douze mois, il parle sa langue, il partage sa culture…&lt;br /&gt;Pourtant, quelques semaines après ce cri du cœur, des voix, celles que l’on entend chaque fois qu’il s’agit d’opposer les Français aux Français, n’hésitent pas à lui contester son appartenance à la France. Il a suffi d’un flot d’injures proférées par un joueur contre son entraineur, dans l’intimité des vestiaires, pour que ces pyromanes de l’unité française saisissent l’occasion de pointer du doigt ces « cailleras », ces Français à part, inintelligents, grossiers et, hélas millionnaires, qui ne symbolisent la France que lorsqu’ils sont victorieux. Pour Alain Finkielkraut, pour Eric Zemmour, pour tous ceux qui sont portés à l’amalgame et à la généralisation, la mayonnaise « Blanc-Black-Beurr » ne prendra jamais et le multiculturalisme est un leurre. Le mal des Bleus, c’est le mal de la France : le communautarisme et l’Islam. L’équipe de France de football, résume Finkielkraut, n’est pas une « équipe nationale » : il avait déjà dit qu’elle était trop noire, qu’elle est en réalité « black-black-black » et que cela faisait « ricaner toute l’Europe », il ajoute que ces noirs-là ont, quoiqu’ils fassent, une culture, un « comportement » non solubles dans la nation française. Que ce soit dans la rue ou dans les vestiaires, les émeutiers sont, pour lui, toujours définis par leur couleur.&lt;br /&gt;On en vient donc presque à oublier les généraux pour ne s’intéresser qu’aux fantassins. On ménage un président de fédération laxiste et ondoyant, un sélectionneur dont le mode de fonctionnement, les humeurs, les improvisations déroutent tout le monde, qui a commis cette faute, impardonnable en Afrique, de mépriser ses hôtes qui s’étaient dépensés, avaient appris le français pour l’accueillir, qui a enfermé ses joueurs dans un huis-clos luxueux mais propice aux conflits. On peut  pardonner à Domenach de dire qu’il est indifférent à la blessure de Drogba, qui est un produit de l’école de football française, de faire une déclaration d’amour à sa compagne le soir où la France sombre dans la défaite, cela ne fait pas de lui un goujat. On peut aussi pardonner aux rats, ceux qui, les premiers, quittent le bateau en perdition : les sponsors qui livrent les joueurs à la vindicte populaire, au risque de les déstabiliser davantage alors qu’un match capital se prépare, alors qu’on ne dispose même pas encore de toutes les versions, avant même le grand déballage d’où pourrait sortir la vérité. Les origines de la débâcle française sont, de toute façon ailleurs, pensent les pyromanes. Zemmour n’était ni à Knysna ni à Bloemfontein mais il a son idée : l’équipe de France est minée par ses Noirs qui ont « mis de côté les Blancs », par ses Africains et ses Antillais qui ne se supportent pas et surtout, par ses musulmans convertis qui terrorisent tout le monde. C’est dire que Nicolas Anelka, noir, antillais et converti à l’Islam, est une cible toute trouvée, le voyou absolu. Qu’importe la contradiction, puisqu’en même temps on prétend que la junte de « caïds » serait composée, notamment, d’Evra, un africain, Gallas, un antillais, qui sont noirs mais non musulmans, et de Ribéry qui est musulman mais qui est blanc : c’est la sainte alliance des démons !&lt;br /&gt;Même si les insultes faites à Zidane avaient moins choqué les Français, les propos prêtés à Anelka (et qu’il conteste) sont évidemment de très mauvais goût. Pour autant la vulgarité est-elle si absente de la société française au point de valoir au joueur une quasi excommunication ? Elle est dans les médias et il suffit d’écouter les chaines de radio françaises (« On ne va pas se gêner » sur Europe 1 ou « Les Grosses Têtes » sur RTL, pour m’en tenir aux programmes les plus « cleans ») pour mesurer la crudité des propos que l’on peut entendre aux heures de grande écoute. Sur France Inter, chaine publique, et au cours d’une émission grand public, un chroniqueur a tenu à l’endroit de Sarkozy, président de la République, les mêmes propos, au mot près, que ceux qu’Anelka aurait adressés à Domenach, pour faire de l’humour nous dit- on, et n’a récolté qu’une vague réprimande. Un groupe de rap, très connu, a pour nom NTM, que je me garderai bien de traduire. Enfin lorsque le Président de la République, ancien élève de l’IEP de Paris, ancien maire, ancien député, ancien ministre, qui a trente ans de vie politique, s’autorise à dire à un de ses concitoyens, devant les médias publics, « Casse-toi pauvre con ! », comment s’étonner qu’un jeunot de trente ans, qui ne revendique aucun diplôme, aucune expérience publique, se permette, en aparté, des libertés de langage ? Du reste Anelka est-il plus grossier, fait-il preuve de moins d’éducation que Domenach qui refuse de serrer la main tendue par son homologue brésilien à l’issue du match France-Afrique du Sud ?&lt;br /&gt;Ce que certains reprochent donc aux Bleus ce n’est pas tant d’avoir mal joué, ce qui est une évidence, ni même d’avoir manqué à leurs responsabilités, c’est d’avoir été de mauvais Français, ce qui est une spéculation. Voila comment une mauvaise gestion, une mauvaise pédagogie, une conscientisation bâclée virent en débat ethnique et racial. Finkielkraut ne sonne pas plus Gaulois que Diaby ou Sagna, les Gallas ont été Français plusieurs siècles avant les Sarkozy : il n’empêche quand on est « issu de l’immigration » du Sud ou, plus généralement, quand on est black ou beurr, il faut toujours fournir la preuve qu’on est Français, étaler au grand jour sa fibre française. On est forcément issu de ces racailles des banlieues, et de la pire d’entre elles, la 93. Ces gens là ont «  un vocabulaire » fait de borborygmes et d’injures et voila pourquoi, comme le dit Zemmour, le pauvre Gurcuff, « trop poli », est « mis à l’amende » dans cette fausse équipe de France où il n’est pas à sa place. Les larmes, les excuses, les regrets de ses joueurs n’y changeront rien : puisqu’on ne peut pas changer le onze de France, on va changer de passion et de sport, abandonner le foot aux allogènes, la France va se mettre au rugby car là-bas au moins ils restent une curiosité !&lt;br /&gt;Tous les « binationaux » qui, un jour, seront appelés à choisir l’équipe de leur cœur devront se rappeler l’expérience de Patrice Evra.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4764660064276258348-8829574369765946800?l=fadeldia.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://fadeldia.blogspot.com/feeds/8829574369765946800/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4764660064276258348&amp;postID=8829574369765946800' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4764660064276258348/posts/default/8829574369765946800'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4764660064276258348/posts/default/8829574369765946800'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://fadeldia.blogspot.com/2010/07/patrice-evra-et-les-pyromanes.html' title='PATRICE EVRA ET LES PYROMANES...'/><author><name>FADEL DIA</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08423831495704844197</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4764660064276258348.post-864648968194914842</id><published>2010-07-08T20:51:00.003Z</published><updated>2010-07-08T21:04:31.395Z</updated><title type='text'>Une mallette de billets pour l’Ambassadeur de France !</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;font-size:85%;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;NB Ce texte a été publié dans le quotidien"Kotch" du 25 juin 2010&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;font-size:130%;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;font-size:130%;"&gt;&lt;/span&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;font-size:130%;"&gt;L’Ambassadeur de France au Sénégal, qui est au terme de sa mission, aura-t-il droit à une mallette de dollars et d’euros de la part du Président de la République, comme ce fut le cas à l’occasion des adieux du représentant du FMI à Dakar ? En tout cas, si l’on respecte la jurisprudence et si l’on s’en tient à l’argumentaire développé par le Chef de l’Etat pour justifier le cadeau royal remis au fonctionnaire international, M. Ruffin aura tout fait pour mériter sa mallette.&lt;br /&gt;D’abord il a déplu en haut lieu. Le président Wade nous avait expliqué que le présent remis à Alex Segura n’était pas une tentative de corruption puisqu’il ne récompensait pas des services rendus. Bien au contraire, disait-il, l’ancien représentant du FMI n’avait pas été un « ami », il avait été un « empêcheur de jouer avec le budget en rond » (pour pasticher le journaliste Barka Ba), un censeur impénitent de sa politique économique et financière. L’ambassadeur de France a fait mieux. Non content de manifester sa méfiance envers les dérives autoritaristes de l’Alternance, de se poser en « empêcheur de se faire succéder en rond » (B.Ba), d’avoir l’audace d’exprimer ses accointances avec les objectifs des Assises Nationales, il avait commis le crime suprême, celui de s’opposer aux manœuvres de l’Héritier.&lt;br /&gt;Au passage, il s’est attaqué à un autre tabou: il a démystifié, démythifié le Président Wade et l’on découvre que la France se comporte à l’égard de « l’empereur » comme elle se comportait à l’égard des présidents de l’époque, que l’on disait révolue, de la Françafrique.Segura avait procédé par allusions, Ruffin est clair et explicite : il accuse Wade de ne pas faire le poids face à l’intransigeance de Sarkozy et de faire porter aux ambassadeurs les déboires qu’il accumule. Il est très rare qu’un diplomate en exercice, fût-il iconoclaste, se lâche à ce point et il est encore plus rare qu’un Chef d’Etat, dont le leadership est tant vanté par son entourage, reste sans réaction face à ces supputations. Pour moins que cela Houphouët ou Bongo auraient exigé des excuses.&lt;br /&gt;L’Ambassadeur de France nous révèle donc que Karim Wade avait usé d’intrigues à la fois pour obtenir l’abrogation de son mandat, et pour promouvoir au poste d’Ambassadeur de France un diplomate plus accommodant. Pour atteindre ces deux objectifs le Dauphin n’avait pas hésité à court-circuiter la diplomatie traditionnelle et à solliciter des « réseaux » et des « relations personnalisées » que Sarkozy s’était promis d’extirper des rapports franco-africains. Sans grand succès.&lt;br /&gt;Enfin une autre raison milite pour récompenser son Excellence. Le cadeau offert à Segura était non seulement gratuit mais il ne répondait à aucune spéculation. Le bénéficiaire était appelé à servir dans un secteur et dans une région où il ne pouvait rendre aucun service au Sénégal. Le présent qu’il avait reçu n’avait donc pas non plus pour objet de recruter un avocat pour des causes futures, ce n’était pas un contrat pour le temps à venir. Cela tombe bien : même si Ruffin ne précise pas son futur point de chute, on a compris qu’il n’est pas appelé à offrir ses compétences à la cellule africaine de l’Elysée, ou à faire de l’ombre à Robert Bourgi. Le gouvernement du Sénégal n’a donc rien à attendre de lui et c’est cela qui fera la beauté du geste.&lt;br /&gt;Voila pourquoi nous disons tout net au Chef de l’Etat :&lt;br /&gt;« Encore un beau geste Monsieur le Président de la République ! C’est la Téranga sénégalaise qui est en jeu. Quoi qu’il nous en coûte, offrez donc une mallette à M. Ruffin, et en dollars cette fois puisque l’euro est en décrépitude. Au diable l’avarice ! En attendant le tour de Mme Marcia Bernicat, offrez un présent digne d’un Samba Lingueer à l’Ambassadeur de France. Pour services non rendus ! »&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4764660064276258348-864648968194914842?l=fadeldia.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://fadeldia.blogspot.com/feeds/864648968194914842/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4764660064276258348&amp;postID=864648968194914842' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4764660064276258348/posts/default/864648968194914842'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4764660064276258348/posts/default/864648968194914842'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://fadeldia.blogspot.com/2010/07/une-mallette-de-billets-pour.html' title='Une mallette de billets pour l’Ambassadeur de France !'/><author><name>FADEL DIA</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08423831495704844197</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4764660064276258348.post-572987584422628166</id><published>2010-07-06T21:43:00.003Z</published><updated>2010-07-08T21:05:20.894Z</updated><title type='text'>Sarkozy et l’Afrique : 1000 jours plus tard !</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;font-size:85%;"&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Ce texte a été publié dans "Le Quotidien" du 2 juin 2010&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;font-size:130%;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;font-size:130%;"&gt;&lt;/span&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;font-size:130%;"&gt;En mai 2006 Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’intérieur de la France, effectuait, au pas de charge, une tournée en Afrique francophone. C’était une tournée électorale, même s’il ne s’adressait pas aux Français d’Afrique, dont les voix ne pèsent pas lourd dans la balance électorale et qui d’ailleurs lui préféreront Ségolène Royal. Les visites dans le « pré-carré »africain de la France constituent toujours un rite initiatique auquel sont soumis tous les Présidents français soucieux de mettre en évidence leur fibre africaine et Sarkozy avait pris les devants. D’ailleurs, même si l’on n’est pas chef d’état, dans quelle autre région du monde une personnalité française de haut rang peut-elle espérer mobiliser autant de foules qu’en Afrique francophone, susciter autant de curiosité et de sympathie ?&lt;br /&gt;S’il n’est pas encore Président de la République, Sarkozy en prend le ton et la pose au Mali et au Bénin : un président français, en Afrique, ça donne des leçons, ça morigène ses hôtes, ça évoque « l’âme africaine », car l’Afrique est le seul continent qui ait une âme. Au lieu d’instruire ses hôtes sur la situation et les besoins de la France, il va donc se présenter en expert du continent et de la bonne gouvernance, lui qui n’a encore dirigé aucun pays, qui n’a aucune expérience personnelle de l’Afrique, qui n’a même jamais manifesté jusqu’alors une attirance particulière pour cette région du monde. De toutes façons ce qu’il va livrer a été écrit par quelqu’un d’autre, tout aussi néophyte, et c’est sans doute pour cela qu’il lui arrivera souvent de se dédire d’une escale à l’autre, de dire à Bamako que la France et le Mali étaient « les héritiers de grandes civilisations », et, quelques mois plus tard, d’ affirmer tout aussi péremptoirement, à Dakar, que l’Afrique « n’était pas assez entrée dans l’Histoire » !&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Culpabilisez ! Il en restera toujours quelque chose !&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;La première phase de son exercice oratoire consistera à assommer ses hôtes africains, à leur flanquer au visage l’état de leur ruine et de leur délabrement, à leur apprendre ce qu’ils sont et qui ils sont. Et ce n’est pas beau :1 médecin pour 100000 habitants, soit 300 fois moins qu’en France,10 fois moins de ressources électriques par habitant ,60 % de la population occupée dans une agriculture arriérée et 30 % des terres arables disparues en une génération, alors que la population a doublé dans le même temps, un taux de mortalité infantile 10 fois plus élevé qu’en Europe etc. Après cet inventaire accablant d’une misère immuable il leur assène un dernier coup de massue : les Africains n’ont qu’à s’en prendre à eux-mêmes, ils sont les seuls responsables de leur malheur. La colonisation, dira-t-il, n’est à l’origine « ni des guerres (civiles), ni des génocides, ni des dictatures, ni du fanatisme, ni de la corruption, ni du gaspillage, de la prévarication et de la pollution ! » C’est monstrueusement excessif, pour le moins, mais c’est cela qu’il appelle tenir le langage de la vérité, et comme il est le seul à s’exprimer, on ne saura jamais quelle vérité ses hôtes pourraient lui opposer. Il se gardera en tout cas de tenir le même discours en Chine, d’y stigmatiser les massacres de la Révolution culturelle, l’écrasement du peuple tibétain, l’opulence des oligarques face au dénuement des campagnes : la vérité ne peut pas être dite partout !&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;« Un kit de développement » en cadeau !&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;La deuxième phase du discours de Sarkozy consistera, après le diagnostic, à offrir le remède, à se présenter en expert en développement, à donner à ses hôtes les directives nécessaires pour sortir de leur désastreuse situation. Lui qui affirmait que « la France n’acceptera jamais de leçons des puissances commerciales( !)et des professeurs de vertu », ne se gênera pas pour distribuer aux Africains des leçons d’économie et même d’éthique. Il ne se contentera pas de donner quelques idées générales, il leur proposera un véritable « kit de développement », prêt à l’usage. Tous les domaines sont abordés : entreprises, infrastructures, finances, éducation, mines, mais les propositions ne sont que des lieux communs qu’on ne balance plus qu’aux Africains, et il n’y a plus que les Français à répéter de telles antiennes.&lt;br /&gt;Mais à Bamako, à Cotonou, à Dakar, Sarkozy n’avait pas fait que donner des leçons, il avait aussi pris des engagements. Mille jours après son accession au pouvoir, et au moment où se tient le Sommet France-Afrique (encore une survivance du passé !), il n’est que naturel de lui demander des comptes.&lt;br /&gt;Il avait pris l’engagement de promouvoir une véritable refondation des rapports franco-africains, de les transformer en une « relation assainie, débarrassée des réseaux et non personnalisée » .L’un de ses ministres, Jean-Marie Bockel, l’avait pris au mot, peut-être parce qu’il venait d’ailleurs, et s’est vite brûlé les ailes sur le brasier Bongo. Excédé par ses rodomontades le président gabonais avait exigé et obtenu sa tête, puis, accueillant son remplaçant à Libreville, avait préféré s’entretenir d’abord avec le messager « personnel » du Président français avant de recevoir le ministre de la France. Aujourd’hui encore, comme aux beaux temps de la Françafrique, les ambassadeurs de France sur le continent souffrent d’être souvent court-circuités par des émissaires de l’Elysée, plus « compréhensifs »ou plus arrogants, c’est selon, plus crédibles en tous cas, que les représentants officiels.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Chassez le paternalisme, il revient au galop !&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Sarkozy avait promis la fin du paternalisme. Mais le paternalisme ne peut être révoqué par decret, c’est un comportement dont on ne peut se défaire sans une sorte de révolution mentale et celle-ci n’a pas encore eu lieu. La preuve en est fournie par le ministre de la Coopération, qui affirme que la Côte d’Ivoire (et l’Afrique en général ?)n’a pas besoin d’une liste électorale irréprochable et qu’il lui suffit de se conformer au calendrier approuvé par la « communauté internationale », ou par Robert Bourgi, conseiller inamovible à « la cellule africaine » ( !), qui laisse entendre que Ali Bongo est le candidat de la France aux élections présidentielles gabonaises. C’est aussi faire preuve de paternalisme que d’imposer à Bamako la libération des terroristes de l’AQMI en échange d’un otage français, quand on se dit outré par la proposition d’élargir l’assassin de Chapour Bakhtiar en échange de Clotilde Reiss détenue alors à Téhéran.&lt;br /&gt;Sarkozy avait promis qu’il allait instaurer des liens non condescendants mais particuliers, « affectueux »mêmes, avec nous, reconnaissant une « parenté » entre la France et les états issus de son ancien empire. Sans contrepartie, car la France ne « fait pas d’affaires en Afrique », précisait-il sans réaliser que c’était peut-être les Africains qui préféraient faire des affaires ailleurs. Pourtant, il a visité l’Angola avant le Burkina, et pour cause : la première est devenue le premier producteur de pétrole au sud du Sahara. Pourtant c’est à Prétoria, et non à Dakar ou à Abidjan, qu’il fera l’annonce du retrait des bases françaises d’Afrique. Cela ne concernait en rien ses hôtes mais la caution sud-africaine pèse bien plus lourd à ses yeux que celle des petits pays francophones.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Vérité au sud du Sahara…erreur au nord !&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Au-delà des promesses il y a le double langage : ce que Sarkozy dit en Afrique, dont il se promettait d’être l’avocat( !), n’est pas ce qu’il dit en France. Il avait dit à Bamako : « les Maliens (de France) sont honnêtes et travailleurs…Ils sont les bienvenus».Il avait renchéri à Cotonou : « je constate que l’Afrique aime la France ».C’est encore le genre de banalités qui ont fait le lit de l’ère coloniale et qui font croire que tous les Africains sont coulés dans le même moule. Mais, face à ses compatriotes, Sarkozy exprime ses doutes et, surtout, le fond de sa pensée. A Agen il lancera cette menace aux immigrés : « ceux qui n’aiment pas la France ne sont pas obligés de rester sur le territoire national ».Face aux troublions de la banlieue parisienne, il ne verra plus que des « voyous »qu’il faut « nettoyer au karcher ». A Cotonou il avait promis de « respecter le nécessaire devoir de mémoire », à Agen il prendra à partie « ceux qui préfèrent chercher dans les replis de l’Histoire une dette imaginaire, qui préfèrent attiser la surenchère des mémoires pour exiger une réparation ».Pour lui la France n’a de dette qu’à l’égard de ses rapatriés, de « ceux qui ont été chassés de leurs pays et qui ont tout perdu. »&lt;br /&gt;Avant d’être élu Président, il vantait « l’alliance des peuples », établissait un lien entre «immigration et tolérance », proclamait que « la France devait s’ouvrir au monde ».Une fois élu, il jugera qu’il faut plutôt apparier immigration et identité nationale, ouvrant la voie à des dérives verbales tenues par ses propres ministres et indignes du génie français. Il avait théorisé la doctrine de « l’immigration concertée », qui n’est qu’une sélection organisée des cadres et techniciens au profit du Nord. Dans la réalité, il est le seul auteur du concept, se contentant, de solliciter, avec plus ou moins de bonheur, la ratification des parties africaines. La France est plus que jamais crispée sur son identité et le brigadier parachutiste Guissé, qui l’avait servie sur deux fronts de guerre mais avait le malheur d’être issu de l’immigration, s’est vu contester sa nationalité parce qu’il y a plus de dix ans son père n’avait pas respecté les lois sur le regroupement familial !&lt;br /&gt;Nicolas Sarkozy avait assuré aux Africains que l’un de ses principaux combats serait la défense des droits de l’Homme, dont la France était « la patrie », contre « toutes les forces obscures », qu’elles soient du nord ou du sud. En trois ans le bilan est édifiant. Malgré les états d’âme d’une de ses ministres, l’un des premiers chefs d’état africains qu’il ait reçu à Paris, Kadhafi, était arrivé au pouvoir il y a 40 ans par un coup de force et gouverne un pays sans parlement, sans presse libre ni partis politiques. Il a rendu visite à la Tunisie dont le président, élu par des scores « à la soviétique », exerce son pouvoir par la corruption et l’intolérance, et où un journaliste a été condamné à six mois de prison en l’absence de sa présumée victime, de son avocat et des témoins. Il a envoyé un émissaire spécial pour remercier le président soudanais, et, du Kazakhstan aux pays du Golfe Persique en passant par le Rwanda, il a fréquenté beaucoup de chefs d’états qui n’étaient pas des parangons de la démocratie.&lt;br /&gt;Il avait promis que l’Afrique ne serait pas la seule à être mise on observation par ses soins et que « les valeurs des droits de l’Homme seraient aussi défendues en…Asie ».Pourtant il a envoyé son Premier Ministre en Chine à la veille de la condamnation d’un universitaire dont le seul crime avait été d’être le porte-parole de ceux qui réclament plus de démocratie et de respect. Lui-même s’y est rendu, à l’occasion de l’inauguration de l’exposition universelle, et on ne l’a guère entendu évoquer le sort des Tibétains ou celui des dissidents mis à l’ombre au moment de sa tournée, ou celui des internautes soumis à la censure. Il est sans doute plus facile de témoigner sa sympathie au chef indien Raoni que de recevoir le Dalaï- Lama.&lt;br /&gt;Il ne s’était pas contenté de dire que la France « bannit toute prise de pouvoir par la force », il avait ajouté qu’elle n’attendra pas les coups d’Etat pour « dire à ses partenaires africains que telle décision ou telle politique ne sont pas moins que des manipulations électorales ou des dérives autocratiques », annonçant en quelque sorte l’avènement d’une diplomatie préventive. Depuis qu’il est au pouvoir, plusieurs coups d’Etat militaires ou constitutionnels ont eu lieu en Afrique et non seulement Paris ne les a pas contrecarrés, mais a eu, généralement, une attitude plutôt complaisante vis-à-vis de leurs auteurs.&lt;br /&gt;Sarkozy avait dit : « la France se fera respecter »et, naïvement, les Africains avaient compris qu’elle banderait les muscles contre les « grands bandits » du monde. Ils ont vite réalisé que c’était surtout eux qui allaient (re)découvrir de quel bois elle se chauffe. Lorsque des « humanitaires »français, accusés de trafic d’enfants, seront arrêtés au Tchad et mis en prison, Sarkozy lancera cette provocation : « J’irai les chercher, quoiqu’ils aient fait ! »Mais lorsque la Française Florence Cassez, interpellée au Mexique dans des circonstances rocambolesques, sera, après un simulacre de procès, condamnée à 60 ans de prison, il se contentera de suggérer avec diplomatie, son transfert dans une prison française. Depuis Napoléon III on connaît en France le coût d’une expédition au Mexique !&lt;br /&gt;Pour l’Afrique francophone Sarkozy reste donc l’homme du « discours de Dakar », et non celui de la rupture qu’il nous avait annoncée, et ce n’est pas en passant six heures en R.D.Congo et autant au Niger ou en convoquant le continent à Nice qu’il percera « l’âme africaine » .Mitterrand avait promis aux Africains que la France allait leur « parler le langage qu’ils ont aimé d’elle », lui leur a tenu celui qu’ils croyaient révolu. Pour la première fois depuis les indépendances africaines un Président français n’impressionne plus ses homologues africains, et de Wade à Gbagbo, en passant par le débonnaire ATT, beaucoup lui résistent ou le critiquent ouvertement. Il est vrai qu’il n’a ni l’aura de De Gaulle, ni la séduction de Mitterrand, ni la chaleur de Chirac.&lt;br /&gt;Avec ses compatriotes il a connu en trois ans, nous dit-on, le « désamour ». Avec les Africains il n’y a pas eu d’amour&lt;br /&gt;. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4764660064276258348-572987584422628166?l=fadeldia.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://fadeldia.blogspot.com/feeds/572987584422628166/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4764660064276258348&amp;postID=572987584422628166' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4764660064276258348/posts/default/572987584422628166'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4764660064276258348/posts/default/572987584422628166'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://fadeldia.blogspot.com/2010/07/sarkozy-et-lafrique-1000-jours-plus.html' title='Sarkozy et l’Afrique : 1000 jours plus tard !'/><author><name>FADEL DIA</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08423831495704844197</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4764660064276258348.post-3895100344577093250</id><published>2010-07-06T21:33:00.003Z</published><updated>2010-07-15T09:57:10.016Z</updated><title type='text'>« Tristesse africaine » : : Qu’est-ce qu’être « franco-étranger » aujourd’hui ?</title><content type='html'>&lt;p align="justify"&gt;&lt;span style=";font-family:verdana;font-size:85%;"  &gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Ce texte est a été prononcé à l'occasion d'une conférence en France en mars 2010&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;span style=";font-family:verdana;font-size:130%;"  &gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;span style=";font-family:verdana;font-size:130%;"  &gt;La France compte près de 3 millions de chômeurs (avec des taux proches de 25%pour certaines tranches d’âge), plus de 5 millions de Français vivent au-dessous du seuil de la pauvreté, l’agriculture française, longtemps une des premières exportatrices du monde, perd des bras et son moral, le pays se désindustrialise à pas rapides, des Français sont de plus en plus nombreux à rejoindre les sans abris pendant que des demeures restent vides et fermées…Pourtant depuis près d’un an les échos que nous recevons de France nous font croire que les préoccupations des Français sont ailleurs, qu’elles tournent autour de thèmes qui ,vus d’ici, nous paraissent presque folkloriques : le voile, les minarets, la burka, que le seul débat qui vaille la peine de mobiliser les préfets porte sur cette question : « Qu’est-ce qu’être Français aujourd’hui ? » et que cette interrogation participe à la raison d’être d’un ministère qui conjugue l’immigration et l’identité nationale. La consultation a levé les masques mais ne semble pas avoir atteint les objectifs que s’étaient fixés ses plus ardents défenseurs. Au moins Eric Besson, Nadine Morano, Bruce Hortefeux, Dominique Bussereau Gérard Longuet et d’autres, peuvent se satisfaire d’avoir appris à leurs concitoyens ce que c’est que« ne pas être Français ».&lt;br /&gt;Pour nous, Africains issus des anciennes colonies françaises, et que ce débat laisse perplexes, c’est peut-être le moment, après l’expression de la « mélancolie française », d’exhaler notre « tristesse africaine » et, comme l’a fait le Rwanda, de nous poser cette interrogation : « Qu’est-ce qu’être franco-étranger aujourd’hui ? »Je dis « franco-étranger »et non pas « francophone », parce que nous sommes plus que des usagers de la langue française, nous sommes des usagers de la culture, de l’histoire, de l’imaginaire français qui sont des constituants de notre personnalité, de notre passé récent (sur plus d’un siècle tout de même, quelquefois), qui sont présents dans notre vécu quotidien .Nous n’avons pas appris que la langue française, nous avons aussi appris ce qui fait la fierté de la France. Si les préfets de France me le permettent, je crois avoir une réponse à leur question : être Français c’est aussi se sentir fier de Molière et de Voltaire, de 1789 et de la Résistance, de Pasteur et de Marie Curie, de la Tour Eiffel et du Mont Saint-Michel…&lt;br /&gt;C’est tout cela qui explique l’ étonnement, puis la frustration des Africains de France de retrouver parmi ceux qui les somment « d’aimer la France ou de la quitter »,des Français « issus de l’immigration » dont le parcours rappelle le leur ,à cette différence près que les parents de ces derniers sont venus de l’est et non du sud, des Carpates ou du Caucase et non des Aurès ou de la vallée du Sénégal, se sont installés dans le pays quelquefois de manière fortuite parce que la France était généreuse ou qu’elle se trouvait sur leur chemin, alors que les Africains sont venus en brigades réquisitionnées pour compenser les bras manquants. Ces « produits de l’immigration » dont la traçabilité n’est jamais mise en exergue, heureusement plus bruyants que nombreux, et qui s’érigent en défenseurs zélés de l’identité française ne pardonnent pas aux Africains de France d’exprimer leur attachement à leur pays d’accueil selon leur propre sensibilité.&lt;br /&gt;« La « méconnaissance est génératrice de malentendus », (V. Jankélévitch) et un siècle et demi de fréquentation régulière n’y a pas mis un terme. Quand j’étais élève au lycée Van Vollenhoven de Dakar, on interdisait aux élèves africains, minoritaires, de porter leurs habits traditionnels. Résultat : quand nous croisions nos camarades européens en ville ils ne nous reconnaissaient pas dans des tenues qu’ils ne nous voyaient jamais ! Ils n’avaient de nous que le visage que nous imposait l’école et ce n’était pas notre vrai visage. Aujourd’hui comme hier, beaucoup de Français se refusent à voir les Africains sous leur vrai visage, à reconnaître qu’ils ne sont pas venus en France vierges de toute culture. Lorsque M.Sarkosy s’offusque que les parents d’un jeune Français d’origine africaine se présentent à son audience en tenues traditionnelles, il reproduit une vieille méfiance, ignorant que, pour ses visiteurs, le malaise est contagieux et que se présenter à leur avantage et non étriqués et mal à l’aise, constitue pour eux une marque de respect.&lt;br /&gt;Je crains fort que l’interdiction du voile ne soit inspirée par le même stéréotype.&lt;br /&gt;La France subit aujourd’hui le « syndrome Nagui »,du nom de cet animateur de télévision, toujours obligé de clamer que s’il est « d’origine arabe »,il n’est surtout pas musulman, que s’il est d’Egypte il ne parle pas arabe et que d’ailleurs il est interdit de séjour dans ce pays. A contrario, son alter ego, Michel Drucker ne renie pas ses racines et le comédien Jean Reno non content de revendiquer ses origines espagnoles, apporte cette précision : andalouses !&lt;br /&gt;Des Français comme Eric Zemmour regrettent le temps du jacobinisme triomphant et de l’assimilation à outrance, quand il était interdit de parler breton à l’école et que tous les enfants s’appelaient Marie ou Pierre. Pour lui l’assimilation totale est le seul ciment d’une nation. Il ne supporte pas qu’il y ait encore en France des Français qui s’appellent Dalil Boubakeur ou Abdel Malick .Il y a quelques milliers de Français qui chaque année changent de prénoms pour mieux s’intégrer, mais pour Zemmour cela ne suffit pas : il faut substituer l’injonction au volontariat. Il voudrait que toutes les Zohra deviennent des Isabelle ,sans réaliser que, malgré son prénom très « convenable », il continue, par son patronyme, à évoquer aux oreilles de certains Français « de souche » des terres d’au-delà de la Méditerranée. Faudrait-il aussi changer les noms de famille, les Zemmour en Dupont, les Zidane en Durand, les Soumaré en Michel ? La France va-t-elle retirer leur nationalité française à Angelin Preljocaj, Enki Bilal, Niels Arestrup pour patronymes non conformes à la francité ? Va-t-elle exiger des Mahorais, dont l’île sera bientôt érigée en département à part entière, de se dépouiller de leur patronymes, de leur histoire, et pourquoi pas de leur religion comme au temps des Huguenots ? Ce serait là une violence comparable à celle que le Code Noir de Louis XIV avait imposée aux esclaves des Iles.&lt;br /&gt;L’assimilation et même l’engagement patriotique ne suffisent pas, nous rappelle Gérard Longuet, pour appartenir au « corps français traditionnel ». L’identité d’un homme ne se construit pas en une génération et, même rebaptisé Bernard Michel, Ali Soumaré ne restera pas insensible au sort de l’Afrique, Rama Yade qui ne manque jamais de dire qu’elle est née « à l’étranger », en parlant de la terre de ses parents, avoue tout de même qu’elle est remuée quelque part par les chansons de Youssou Ndour. Ce n’est que justice puisqu’Arnaud Klarsfeld a conservé le droit d’être conseiller du Premier Ministre de la France après avoir accompli son service militaire au service d’Israël. L’amour de la France dépasse d’ailleurs les noms et les origines et, de Mazarin à Necker et jusqu’à l’Affiche Rouge, des hommes et des femmes nés sur d’autres terres l’ont servie aussi bien, voire mieux que beaucoup de ses fils.&lt;br /&gt;La France de Zemmour est une France qui a peur et j’ai envie de lancer aux Français ce mot du Pape : « N’ayez pas peur ! », sinon de ceux qui cherchent à vous faire peur. La France n’est pas installée sur les grandes fractures du monde, elle n’est pas sur le passage préféré des grands cyclones et des tsunanis, elle échappe aux extrêmes comme on me l’enseignait à l’école coloniale .Ce n’est ni une dictature, ni un régime militaire, elle a une longue tradition démocratique, une presse libre, le meilleur système sanitaire, une voix qui compte dans le monde. Elle n’a aucune raison d’avoir peur, surtout si sa peur vient de l’étranger, non de ce que celui-ci a fait, mais de ce qu’on imagine qu’il pourrait faire. Elle n’est pas au bord de la guerre civile, elle ne doit pas confondre le communautarisme, et les communautés, réalités traversées par des questions qui sont d’ordre social et non ethnique ou idéologique. Dans ces lieux-là on ne vote même pas contre Sarkozy : on ne s’inscrit tout simplement pas sur les listes et quand on le fait, on s’abstient de voter parce qu’on a l’impression de « ne pas avoir d’existence politique ».Dans certains « quartiers » des Muraux ou des Bosquets le taux de participation aux élections locales est descendu à moins de 20% et fait même douter de la légitimité des élus.&lt;br /&gt;La France ne doit pas galvauder son indignation parce que l’indignation est, tout comme le rire, le propre de l’homme ,une denrée trop précieuse pour qu’on la mette dans toutes les sauces .Il vaut mieux s’indigner des propos de Zemmour qui renient un précieux héritage et ignorent que 20% des naissances ,en France, sont le fait des « immigrés »,que de l’ouverture d’un fastfood hallal dans une ville du nord ,Roubaix, qui s’est abstenue à 72%.Cet artifice commercial ne « hallalisera » plus la France que la prolifération de restaurants ou boucheries kasher boulevard Voltaire à Paris ne l’a « kasherisée »,parce que simplement tout développement est fondé sur la complémentarité .&lt;br /&gt;Pour notre part, nous « franco-étrangers », ce n’est pas le droit d’être reconnus Français que nous revendiquons, c’est celui de savoir quelle part nous revient en France si nous continuons à y placer nos fonds de pension émotionnels et quel intérêt y a-t-il à demeurer francophone. Notre attachement à la francophonie repose aujourd’hui moins sur le culte de la langue française dont nous savons bien qu’elle n’ouvre pas toutes les portes, y compris en France, que sur notre attachement aux valeurs qu’elle véhicule. Si la France renonçait à ces valeurs-là nous n’aurions plus aucune raison de rester des « franco-étrangers ». &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4764660064276258348-3895100344577093250?l=fadeldia.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://fadeldia.blogspot.com/feeds/3895100344577093250/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=4764660064276258348&amp;postID=3895100344577093250' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4764660064276258348/posts/default/3895100344577093250'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4764660064276258348/posts/default/3895100344577093250'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://fadeldia.blogspot.com/2010/07/tristesse-africaine-quest-ce-quetre.html' title='« Tristesse africaine » : : Qu’est-ce qu’être « franco-étranger » aujourd’hui ?'/><author><name>FADEL DIA</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08423831495704844197</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4764660064276258348.post-854719544889255937</id><published>2010-03-01T23:20:00.001Z</published><updated>2010-03-01T23:23:07.841Z</updated><title type='text'>LES ARMEES DES ANCIENNES COLONIES FRANCAISES D’AFRIQUE DEFILERONT-ELLES SUR LES CHAMPS-ELYSEES LE 14 JUILLET 2010 ?</title><content type='html'>&lt;meta equiv="Content-Type" content="text/html; 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